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dimanche 14 janvier 2018

Super Besse

J'adore Super Besse, groupe biélorusse de pop post-punk veinée cold wave, et ce, pour de multiples raisons. Primo, le nom. Secundo, leur esprit, pas politiquement correct. Tertio, leurs titres sont chantés en russe. Au dessus du chapeau, il y a la qualité mélodique et technique qui inonde les chansons et leurs prestations en live. Comme leurs compatriotes Motorama, il émerge de leur univers toute l'âme slave difficile de mettre à terre, suivant le sillage de grands comme Joy Division, The Cure et Bauhaus. Basés à Minsk, le trio signe en 2015 son premier album nommé 63610 qui est le code postal de la station Super Besse en Auvergne et part le présenter au public en Allemagne, en Russie, dans les pays baltes, France, Italie, et sera au festival Eurosonic aux Pays-Bas le 17 janvier 2018. En octobre 2017, le groupe signe son deuxième album appelé La Nuit et sans surprise, les neuf titres sont des joyaux.





Les efficaces et inspirés Super Besse sont Maksim Kulsha au chant et à la guitare, Aleksandr Sinica à la basse et rythmiques, Pavel Mikhalok aux synthétiseurs. Le sublime La Nuit attaque, dégaine le menaçant et solide Predlogenie qui a la subtilité de vouloir dire 'suggestion'. Le tempo endiablé est autant mené par la boite à rythmes que par le jeu de basse, le chant et le synthé. Le titre suivant, Yunost, enchaine sans pause et l'effet est à couper le souffle, hypnotisant et bondissant. Les notes virevoltent sur le thème de la jeunesse évoqué, mis en beauté par la guitare électrique. Les voix en écho ornent l'ensemble pour cristalliser et renforcer l'effet glacial réussi quand Vsega reprend le thème du 'temps' en jouant sa mélodie nerveuse et éclaboussante. Omut suit en happant et paralysant l'attention, comme une spirale psyché qui abolit toute résistance. Le titre parle d'un bain tourbillonnant ; Son tempo révolté ferait devenir punk tout le peuple de Sibérie. Net Nichego poursuit la magie cold avec ses arrangements vitaminés et le chant de Maksim ensorcelant. Les cloches de Noch immobilisent nos oreilles dans une ascèse parfaite. Leur carillon plonge dans un romantisme froid absolu qui commence à fondre pour in fine s'embraser sur Krug et son synthétiseur au tempo tendu, incessant. L'excellence et le somptueux esthétisme sonore continuent avec Strah qui parle de peur. A armes égales, les cordes et claviers scintillent. La rythmique binaire, comme des pulsations cardiaques sur le chant plein de charme, forment un ensemble homogène et donne de l'impulsion sur le dernier titre Doroga Domoi d'une beauté concise totale.
SuperBesse





samedi 13 janvier 2018

Marc Elston

Commençant sa carrière d'auteur-compositeur dans les années 90 avec la formation Bulldozer Crash, Marc Elston apparait avec le nouveau groupe The Liberty Ship en 2003 à Nottingham signant l'opus Tide chez Matinee Recordings inspiré de la veine Sarah Records. En 2014, Marc se remet en selle avec l'alias Franklin's Kite et peaufine de nouveaux titres en studio, des joyaux pop comme le beau Mumble, orchestré avec la complicité de Adriano do Couto du groupe Postal Blue. Je vous invite à écouter les reprises et les inédits de The Liberty Ship sur les compilations du label Matinee Recordings comme celle de The Smiths sur Romantic and Square is Hip and Aware.

Depuis quatre ans, Marc Elston continue son épopée en cavalier seul avec son frère Graeme au mixage des albums magnifiquement construits pour séduire les fans d'indie pop. The Colours They Bring parait en 2016 parfaitement complet avec ses 15 chansons pop. L'auteur-compositeur anglais, le grand songwriter devrais-je dire, griffe ses compositions de rythmes vitaminés, d'un grain de voix sophistiqué, cristallin, de textes somptueux et solides, ornés de partitions de guitares géniales. Les embardées pop qu'il mène avec son âme britpop donnent envie d'y revenir et c'est une joie de recevoir son tout nouvel album I'll Build A Better Castle en ce début d'année 2018.



Marc consacre ses écritures aux endroits qu'il aime, ceux qu'il connait, comme la Normandie où l'artiste a une maison ou encore la vallée de la Loire où il passe ses vacances l'été dernier. De Honfleur, Fécamp, Etretat le voyage se poursuit dans les villages du Loiret et sa vallée, admirant les champs d'épeautre au coucher du soleil. I'll Build A Better Castle nait le long de la Loire l'été 2017 et à son écoute, les mélodies me semblent familières, amicales, comme une évidence du mariage culturel anglais aux contrées françaises visitées. L'ode à la campagne ouvre ses volets sur Le Pire, introduction voluptueuse avant de lâcher l'arsenal de guitares, le nez au vent, sur la vertigineuse I'll Build A Better Castle et son tambourin en lice. La batterie offre une rythmique dansante pour accompagner une histoire d'amour aux remparts hauts mais sensibles.



Puis le manège de notes sur The Great Outdoors fait voltiger la mélodie pop, où guitare et tambourin alliés accompagnent le texte décrivant une géographie étendue pour deux amoureux qui se retrouvent avec la Head In The Clouds. La ritournelle délicate sautille et sonne estivale pour écarter toute inquiétude, tout nuage. De manière logique, pleine d'émoi intimidant, arrive la magnifique Speechless, ancré dans la douceur et le sillage de groupes comme Pale Fountains et Blueboy. I Was Lost évoque le thème du mouvement et des pleins scéniques, agrémenté de poésie et d'arrangements façon Lucksmiths et Lloyd Cole à ravir les amateurs.
Marc fait preuve d'ingéniosité pour les harmonies et de talent mélancolique. Les titres se suivent, surprenants, alternant les tempos comme sur Idle Talk, invitation délicieuse à l'école buissonnière qui donne envie de danser. Le créneau indie continue l'envoûtement avec You Cannot Feed A Family puis Wake Up avec ses claviers aériens typés eighties. Marc Elston poursuit son avancée rafraichissante et colorée comme une carte routière en 3D avec Three Speeds que j'aime beaucoup. Cette mélopée touchante parle d'un cycliste que Marc croise tous les jours sur le chemin de son bureau avec ce regard tendre de l'artiste tout comme l'avis peu positif que ce regard peut avoir avec I'm Glad That I'm Not You. Ici le lieu évoqué est le 'demi-monde' habité d'artistes gonflés et gonflants, fui, soigneusement évité par Marc qui ne les envie pas sur des arrangements extrêmement jolis et une stabilité vocale émouvante, vibrante. Le fort de Marc Elston est de nous emmener par la main à travers ses disques pour une balade d'été, battant la campagne avant de déguster un vin de Loire à l'ombre d'un clocher de village. I'll Build A Better Castle est un voyage poétique, aux ingrédients mélodieux et catchy, à la saveur feutrée ou pétillante, brodé avec qualité et savoir-faire pop.
MarcElston

Normandie by Sundown from MJE on Vimeo.



samedi 6 janvier 2018

Mitya

Sous l'alias Mitya se trouve le maestro Mitya Burmistrov, un artiste russe qui dégaine plusieurs cartes de visite avec sa tête d'angelot et son oreille absolue. Multi-instrumentiste, il joue vraiment de son don et de sa capacité à s'adapter instinctivement au son qu'il produit pour en fondre une sculpture sonore immédiate. Doué et passionné, le jeune musicien originaire de la ville de Kazan est en plus d'être compositeur un producteur accompli. Il grandit dans une famille qui aime la musique et enfant, il infiltre ses oreilles dans les vinyles de ses parents qui écoutent Led Zeppelin, Beatles, Black Sabbath, Elton John, Queen, David Bowie et Supertramp. Grandissant, il apprend à jouer de la guitare, basse, batterie, flûte, piano et commence à écrire des morceaux pop psychédélique, dance et electro.



Mitya apparait en 2015 avec son premier EP Crest et ses titres superbes enregistrés avec La Primavera Orchestra pour les cordes. Suivent les originaux et surprenants singles Christmas Eyes puis Fabula Spatium, l'excellent reprise de Deep Purple Space Truckin', le très cuivré Destination qui marque le thème leitmotiv du voyage. En 2016, paraissent l'EP Meta, le single Omen Over Sky qui précède le deuxième EP Monument de décembre dont tous les titres sont géniaux.

Monument s'ouvre sur Omen Over Sky aux allures psychédéliques sublimes. Je pense autant à la pop des Beatles, Kinks qu'à MGMT et Neutral Milk Hotel quand jouent le clavecin, la flûte et la basse sur la batterie gaillarde et la guitare électrique hypnotique. On plonge dans le bain de la production huilée et addictive en chantant à tue-tête sur "What sound I found? Is it new, is it lightful Blue or delightful for you?". L'envie de danser est saisissante quand 1 Life Is Not Enough déploie ses ailes dance et funky avec sa mélodie qui happe les émotions. Le groove poursuit son ascension avec Easy , superbement menée et affranchie de toute contraintes. Mitya tâte, explore, remplit le silence de son aisance pétillante. Varié et fouillé, son style nous emmène chaque seconde sur des sentiers inattendus étudiant comme un expert pop chaque détail et chaque son. Lumineux, le musicien habité par l'âme de Peter Pan et du super héro aux pouvoirs étendus déclare sa flamme à Sandy sur des arrangements psyché incroyablement beaux. Le magnifique EP termine plein de sensualité grâce à Mariem. Alternant entre un tempo langoureux et stellaire, les harmonies deviennent audacieuses, prenant de la vitesse et de la hauteur, mélodique et cohérente. Mitya signe un Monument efficace, à l'orchestration géniale, qui promet une suite en cascade, admirable.
Mitya





vendredi 5 janvier 2018

Shy Shy Shy

Le groupe est apparu en 2015 au coeur du Danemark avec dans leurs carnets des mélodies qui font resplendir l'esprit nordique, l'âme musicale scandinave . Je suis fondue des Shy Shy Shy. Le duo pop efficace coécrit, co'chante, constitué des talentueux Astrid Cordes et Simon Kjeldgaard. Il émane de leurs compositions de la matière. La musicalité est fleurie sans être gonflée de prétention, la maitrise dans la rythmique est soft et dansante à la fois, le chant ajusté et limpide coule fluide et léger comme une bulle de savon sur un ensemble pop aux notes electro-funk-dreamy.
La première signature a lieu en 2015 avec les EP In the Palm of My Hand, suivi de Do Not Ask et de Soft & Hard. Ces titres apparaissent sur Love Songs du 13 novembre 2015. En 2017, année de leur sacrement indie, le single Beautiful Boys & Girls augure du solide et cela ne tarde pas avec en novembre dernier le deuxième single Making a Fool qui sera sur l'album de 2018 qui vient de sortir des matrices.



J'étais passée à côté de Love Songs au moment de sa sortie et heureusement je le déniche et l'apprécie à sa juste valeur. Soft & Hard ouvre le bal amoureux et les cinq titres forment une grappe romantique à savourer pour la saint-valentin. Do Not Ask qui suit dévoile aussi les formidables batteur et bassiste, Asker Bjørk aux baguettes avec Símun Lindholm Mohr et Daniel Brandt aux basses. La douceur pop énergique galope naturellement dans le casque stereo. Les harmonies vocales sont flamboyantes sur Drive qui nous embarque sur les routes vikings lâchant la pédale et accélérant le tempo pour constamment attraper notre attention . Puis In The Palm Of Your Hand sensuel et atmosphérique lance des notes délicates comme un baiser déposé sur une paume de main . Sa guitare électrique taquine et élégante offre de la reverb qui ouvre la voix au guilleret guiro. Les titres continuent aussi percutants qu'hypnotiques avec le majestueux Anymore, bondissant, langoureux, pour imager une rupture sentimentale sur une interprétation cristalline. Le couple Shy Shy Shy inspiré et lyrique scintille. Love Songs est un mini album au niveau passionnel et mélodique maxi.
ShyShyShy