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mercredi 27 décembre 2017

Meilleurs Voeux 2018 !



« N’arpentons pas la route avec la toise, marchons » Alexandre Dumas, Le collier de la reine

« J’aime marcher hors des pistes ; c’est d’ailleurs la figure de ma vie : être ailleurs. » Vincent La Soudière









Sunturns "Sunni"



Red Shoe Diaries "Ice & Snow"


William Fitzsimmons "The Winter From Her Leaving"



Mellow Fellow & Floor Cry "New Year's Eve"


Catholic Action "New Year"


Yung Heazy "Anytime of the Year"


Blot "December"


The Go Find "New Year"


Sunturns "Would You"


Benni Hemm Hemm "Don't Forget the Northern Morning Light"

lundi 25 décembre 2017

Sunflower Bean

Sunflower Bean est un trio new-yorkais formé en 2013, composé de Jacob Faber à la batterie, Julia Cumming à la basse et chant et Nick Kivlen à la guitare et chant . Les trois personnalités s'accordent pour jouer et signer des mélopées twee, rock, pop psychédélique brillantes. Les EP Rock & Roll Heathen de 2014, Show Me Your Seven Secrets en 2015 suivis d'une tournée internationale mettent en jambe pour accueillir l'album Human Ceremony en 2016. J'écoute ce dernier disque en boucle, arrivé dans mes oreilles comme par effraction, addictif, aspirant, avec sa production aussi ciselée que l'interprétation et la composition.



Les deux guitares font bloc pour scintiller dans le casque quand commence Human Ceremony et ses quatre minutes de délice sonore. Le titre monte en puissance sur les accords, le tempo, les voix tout en balançant un air sensuel qui défie les paroles pop psychédéliques et mirifiques. Le rythme rock entre sans prévenir, efficace et mélodieux sur un Come On endiablé qui reprend les leitmotiv de l'autonomie, de l'indépendance, la liberté gagnée avec impatience. L'idée est la même sur l'absorbant 2013 qui me rappelle Television Personalities et Sonic Youth suivi de l'excellent Easier Said à la ritournelle dansante et enveloppante pour évoquer le temps, l'âge et les responsabilités attenantes. Le schéma décoiffant et électrique poursuit sur This Kind of Feeling aux sonorités coldwave dans la basse, aux mots révoltés avant I was Home avec sa notion psychédélique de déplacement dans le temps et l'espace. Tandis que le besoin de danser étreint déjà, Creation Myth ne laisse aucun répit et fait repartir pour un tour de dodelinement dément.



Entre le froid et le chaud, le paradis et la terre, la dissonance et la distorsion sont aussi dans les arrangement infernaux magnifiques de Wall Watcher . La rythmique devient langoureusement pop fleurissant les harmonies du clavier, des guitare, et du duo basse-batterie sur l'amoureux I Want You To Give Me Enough Time. Les musiciens de Sunflower Bean resplendissent et leur talent de mélodistes explose sur I Just Don't Know puis sur le grandiose rock et psychédélique Space Exploration Disaster qui contient toute leur belle énergie, leur inspiration et leur technique bien maitrisée. Sunflower Bean est de retour en novembre 2017 avec le single I Was A Fool, tournoyant de notes pop dont le tempo enivrant cache une palette d'influences et reflète la capacité des new-yorkais à surprendre.
SunflowerBean





dimanche 17 décembre 2017

Peppermint B

Peppermint B est le projet de l'auteur-compositeur danois Steffen Westmark qui crée le renommé The Blue Van en 2003 pour signer avec ce groupe huit albums jusqu'en 2015. Ses chansons connaissent un grand succès et apparaissent dans des films, séries, publicités, quand les musiciens sont invités sur les festivals et des tournées aux quatre coins du monde. Le voici en cavalier, pas si solitaire, entouré d'excellents musiciens pour ce nouveau très pop et mélodieux projet. Peppermint B signe cette année le fabuleux Head Perfume de dix titres. Les influences vont des sixties aux années 90 accueillant Søren Stensby au violon de l'ensemble de cordes Mother Lewinsky, des cuivres assurés par Johan Bylling et Bjarke Nikolaisen, Christian Rindorf à la batterie, Søren Michael Koch à la basse et guitare acoustique, Christian Ki aux claviers et guitare, mixés par Steffen et Christian Ki Dall, masteurisés par Brian Lucey qui travaille avec The Kills et The Artic Monkeys.





Head Perfume est solide en mélodies, en rythmiques variées. Dansant, il offre des titres au comble de la pop et des thèmes qui réchauffent les coeurs. A son écoute, il délivre du sourire, de la musicalité efficace pour opiner du chef fébrilement et de manière addictive. La voix de Steffen, puissante, nous emmène dès l'introduction de New to Me au tempo virevoltant, évoquant des souvenirs frais et vifs. Les choeurs énergiques développent une atmosphère positive qui enveloppe illico les oreilles. La batterie galope combattante poursuivant de façon alternative sur It is Time où la mémoire revient élégante et harmonieuse, pour une ballade romantique proche de l'univers de Ben & Jason et de Wilco. Puis Amber Sun et son saxophone embarque vivement pour une promenade romantique gaillarde ornée du chant de Steffen ensoleillé et consistant. Quand la guitare brillante de Venus de Milo fait des étincelles c'est pour jouer un air soul, funk, qui accompagne des mots langoureux et amoureux. Le tempo taquin musclé, vitaminé, montre sur les mots chantés en français faisant écho au refrain que la sensualité est de mise. L'ambiance Saint-Valentin continue avec la magnifique mélopée pop Because We're Together où le tempo ondule, les guitares tourbillonnent sur des voix fondantes et entrainantes.



Les violons forment un ensemble émouvant sur la rythmique fantastique de Thinking 'Bout the Kid' pour parler de la peur d'un adulte qui devient parent dans le monde actuel. Le titre démontre tout le talent de composition de Steffen Westmark qui habille ses sentiments de sa voix tendue, touchante et rock'n roll. Cette impression se prolonge sur Clear your Mind au tempo endiablé, fort fringant avec son clavier psychédélique résolument impeccable. Quand arrive The Importance of a Kiss, c'est pour délivrer un moment de douceur et de délicatesse sur des harmonies sunshine-pop et un jeu de basse  chatoyant et des accords à la suprématie brit-pop. Cette bonne et belle sensation se retrouve sur le magnifique Friends, sur la batterie et les guitares qui font des pirouettes en balançant une mélodie scintillante qui cache une histoire amoureuse. Perfume Head, à mon avis un des meilleurs albums 2017, rend hommage à Lou Reed. Steffen assigne à l'artiste new-yorkais un caractère d'exception pour boucler son écoute admirablement.
PeppermintB





samedi 16 décembre 2017

Jeanes

A la manière de Donovan, Gruff Rhys, Nick Drake, des poètes John Keats, William Butler Yeats, Robert Burns, l'univers poétique, pastoral et musical de Russell Jeanes est fort émouvant. Jeanes est un artiste, qui transforme en beau tout ce qu'il touche: la poésie, la musique, le dessin, le graphisme et la réalisation de films décrit dans sa biographie comme un : "pastoralfolk songwriter, naturelover, poet...Over many years Russ squirrelled away a collection of poems, melodies, bird song and drawings. Morning's first breath in the trees, swans & geese in morning mists, chance meetings with fox, deer and weasel, 'the secret life of nature'."



En juin 2017, Jeanes fait appel à trois voix duveteuses et cristallines pour enregistrer l'EP Sleeping Leaves. Le disque commence donc avec le majestueux et amoureux Simple Jayne (With Morning Blackbirds) porté avec le grain de voix plein de charme et de délicatesse de Catherine Hershey, musicienne franco-américaine qui l'enregistre dans son appartement parisien. Le texte est inspiré par un article de Ian Macdonald sur Nick Drake disant 'sensitive young people often have a horror of being understood for fear of losing their uniqueness, and in the process finding that they are not as unique as they like to think.' La guitare est assurée par Scott Fraser et les arrangements par Tom Sidebottom présents sur les quatre titres. La chanson est un véritable nectar sonore, dont la poésie irisée est aussi attendrissante que sa vidéo signée de Russell Jeanes. Toujours avec le même enchantement, comme un moment qui nous fait voyager dans le temps passé enveloppé d'une innocence pure, la voix de Catherine continue de scintiller sur Barley hops and yeast et son atmosphère lyrique faite de champs, de domaines, de remparts fruités et sirupeux.


Puis c'est une autre artiste qui vient honorer de sa voix Smiles with Her Eyes. L'américaine Emily Grace Zornado offre son chant harmonieux, son talent au ukulele. Elle apporte de la mélodie aux mots de Jeanes qui entend un jour cette voix pour la première fois sur sa bicyclette, arpentant l'île de Ré, restant subjugué. Les chants d'oiseaux et le buzzing des abeilles apportent une note printanière à la chanson d'une beauté infinie " when the forming fruit rise, see the morning sun and tomorrow arrive, honey bees in fields of blossoming lakes, her skin awakes and she smiles with her eyes, then she arrives, says she is mine, when spring is high, lay down beside and see her smile with her eyes." Le dernier titre, le grandiose Trees Hug Bees, fait entrer une troisième artiste, Léa Decan qui enregistre sa voix elle aussi à Paris. Léa griffe le texte de son chant fleuri et parfumé qui parle d'une promenade matinale, quand les premiers rayons du soleil se lèvent dans le bruissement des feuilles et le balancement des arbres qui respirent et appellent les abeilles à venir les polliniser.

Dougie Harley
With Leaving Birds de novembre 2017 est une histoire écrite dans son cottage dans les bois du Yorkshire, qui parle d'un adieu sur les rives d'un loch écossais. Posée dans un décor automnal, avec la métaphore des oiseaux migrateurs qui partent vers d'autres horizons, elle évoque le départ d'un être aimé pour d'autres contrées. Elle est inspirée par Charles Morton, scientifique anglais du XIIème siècle qui fonde sa théorie sur les oiseaux qui migrent vers la lune et reviennent chaque année et par les légendes d'anciens marins qui croyaient que les oiseaux revenaient de l'espace pour atterrir sur leurs navires. Que ce soit dans les encyclopédies médiévales, chez Homère, ou chez Shakespeare, la migration des oiseaux, l'eau et la mer, inspire et inonde le monde littéraire. Jeanes a sa place évidente dans cette digne lignée.



Ce single, enregistré en Ecosse, ces mots magnifiques, touchants, sont interprétés par Dougie Harley. Autre artiste complet, l'écossais est également musicien, chanteur, designer et illustrateur. Sa voix chaleureuse et son jeu de guitare apporte beaucoup d'émotions et d'âme au texte splendide de Jeanes, le tout orné du talent de Tom Sidebottom aux arrangements de cordes. Les deux livres favoris de Russell Jeanes sont The Secret Life of Plants de Peter Tompkins et The Secret Life of Trees de Peter Wohlleben qui expliquent la communication et le mystérieux phénomène nourricier entre les arbres et les plantes. Avec le projet Jeanes, le poète auteur-compositeur anglais égrène la nature sur ses partitions avec une imagination et une inspiration envoûtantes à savourer au coin du feu pendant les fêtes de fin d'année ou au jardin bientôt quand le printemps s'engagera.
Jeanes
DougieHarley



Dougie Harley

dimanche 10 décembre 2017

Choir of Young Believers

Choir of Young Believers est le nom du projet musical mené d'une main de maître par l'auteur-compositeur  de Copenhague Jannis Noya Makrigiannis. Ses compositions sont dotées de partitions folk, agrémentées parfois d'arrangements pop symphoniques sur des textes diablement poétiques. Jannis se sépare de son premier groupe en 2006 et pour se consacrer entièrement à son inspiration et se recentrer sur sa création. Il s'exile un temps loin des amis et de son téléphone sur l'île de Samos en Grèce. Là, isolé quelques mois, il écrit l'EP Burn the Flag et de retour au Danemark en 2007, s'entoure de musiciens pour fonder Choir of Young Believers et enregistrer le disque, qui est suivi du majestueux album This Is for the White in Your Eyes en 2008.

L'artiste écrit et gère les arrangements de cordes, joue de la basse, de la guitare, du piano, du clavier, des percussions et chante. Pour fleurir l'instrumentation, dix musiciens l'accompagnent assurant la rythmique, flûte, trompette, batterie, violoncelle, violon, choeurs et piano. Le premier titre Hollow Talk est perçu comme un véritable trésor par la critique internationale mais aussi par ses pairs. Le morceau apparait dans la série Reign et comme générique de la série scandinave Bron/Broen (The Bridge) que je conseille chaleureusement. Son intrigue captivante est brodée autour du pont de 16 kilomètres, majestueux avec ses haubans les plus longs du monde, et sa symbolique historique, technologique, qui relie la Suède-Malmö au Danemark-Copenhague.




La musique de Choir of Young Believers est tendue, puissante et ambassadrice du style nordique. Le chant de Makrigiannis est aussi grandiose et envoûtant sur le second album de 2012 Rhine GoldSedated, Paralyse et Have I Ever Truly Been Here apparaissent à mes oreilles comme des pièces pop orchestrale fondatrices.


Puis Grasque (Græske, Grec en danois) parait en 2016, dévoilant les origines grecques de son auteur comme sur Face Melting, titre incroyablement beau et touchant qui foudroie d'émotions. Jannis est un sculpteur de mélodies et un auteur de grand talent qui sait dessiner ses montagnes enneigées, décrire l'atmosphère scandinave avec brio sur Under the Moon, Wintertime Love, The Wind Is Blowing Needles et Vaserne.
Grasque commence avec un hommage live aux russes de Moscou et leur accueil au stade Olimpiyskiy où Jannis offre un concert à l'affiche avec Depeche Mode en 2014. Puis Serious Lover est galbé cold-pop. Ecrit en 2009, son auteur le revisite façon synth-pop et l'enregistre live également. Vaserne est orné d'une instrumentation évoquant la Grèce mais parle pourtant de la petite ville au nord de Copenhague où Jannis grandit. Puis Face Melting et son piano magique déroule un tempo sensuel appuyé par le grain de voix caressant, hypnotisant, arrangé et écrit par les deux musiciens Jannis et son fidèle ami et producteur Aske Zidore qui s'enferment dans une ferme suédoise au fond des bois avec du vin et des synthés pendant une semaine. Il résulte de cette complicité Graeske, première chanson electro-pop créée par les deux acolytes.



Puis Jeg Ser Dig suit, avec son texte en danois, réussi et parfait pour la mélodie pop. Toujours sur l'inspiration métallique qui suit la rencontre avec Depeche Mode, Cloud Nine est aussi cristalline qu'électrique, mixée par le fameux producteur de Copenhague Flemming Rasmussen, parlant d'une 'just another World War'. The Whirlpool Enigma poursuit d'une manière logique dans le même esprit avec un saxophone, une basse et une guitare splendides. La guitare espagnole, les castagnettes deviennent effrayantes sur Perfect Estocada pour sabrer un Georges Michael détestable à une table de restaurant bousculant la serveuse parce qu'il avait ses humeurs. Le titre Salvatore rend hommage à Terence Trent D'arby que Jannis admire en continuant sans transition sur le très dansant et intime Gamma Moth et l'atmosphérique Does It Look As If I Care de 9 minutes. Ce dernier titre avec la voix féerique de Jannis, du funk avec Aske, magnifique à la basse, la pop ambiante et d'avant-garde, contient tout le style de Choir of Young Believers, indubitablement varié et exponentiel.
ChoirOfYoungBelievers



Joyeux Noël 2017


Hallé Orchestra 'Christmas Concerts 2017



Jose Gonzales-Gonzales 'Pancho Claus' (1964)




Dirk Darmstaedter 'Have Yourself A Merry Little Christmas'

Stag 'Another Christmas'




Belle and Sebastian 'Santa bring my baby back to me'

Train 'Mele Kalikimaka'



Ela orleans & idiot glee 'baby it's cold outside'

Les Bicyclettes de Belsize 'Christmas Card 1983'

Skinny Lister 'This Christmas'

ACDC 'jingle hells bells'

The Eastern Sea - walking in the air

Joan of Arc 'King Song'

The Grapes & Friends 'Christmas crush'

Girl Ray 'I Wish I Were Giving You a Gift This Christmas'

Stay In (A Holiday Song) by Army Navy



Students at the Norwegian University of Science and Technology Norway 'Little drummer boy'

John Lewis 'The Fox and the Mouse'


dimanche 3 décembre 2017

Skinny Lister

Ils me rappellent savoureusement les Pogues. Lorna Thomas, Daniel Heptinstall, Maxwell Thomas, Scott Milsom, Thom Mills et Sam Brace sont les Skinny Lister qui réveillent mon petit travers skinhead et me réchauffent les oreilles. Le groupe vient de sortir son troisième album, The Devil, The Heart & The Fight, toujours dans la veine vrombissante pop-punk. Les anglais viennent de finir une tournée européenne pour le présenter, remplissant les salles de Norvège, Suède, Finlande, Allemagne, Autriche, Suisse, Ecosse, Angleterre etc et partent en décembre aux Etats-Unis avec des concerts tous les soirs, sillonnant les routes de New-York à San-Francisco. Comme dit dans leur biographie "Leaping drunk in Hamburg, locked in a bunker in Berlin, tearing up the road from New York to Tokyo via everywhere in between, the non stop world of folk punk heroes Skinny Lister is broadening by the record. If their folk debut celebrated the sticks and their punkier second blinked in the bright lights of London, rocked-up third album, The Devil, The Heart & The Fight, has seen them go global."



Dan Heptinstall, auteur-compositeur et chanteur, explique que leur premier album Forge & Flagon de 2012 avait une atmosphère plus rurale quand le second Down On Deptford Broadway de 2014 sonnait plus urbain et typé 'centre de Londres'. Les six lascars du sud de Londres utilisent des instruments traditionnels comme l'accordéon, le tambour, la contrebasse, créent une ambiance vaudeville pop-punk et celtic-folk. Leurs chansons peuvent être autant rebelles, rock et punk qu'émouvantes et poétiques. Depuis la sortie cette année de The Devil, The Heart & The Fight, leurs concerts sont complets et ils déchainent les foules. Les Skinny Lister voulaient un album punchy, brutalement honnête et c'est réussi, son succès n'est pas volé ni commercialement construit. Usant leur roues sur les routes, le groupe va à la rencontre de son public, conquis et converti.

Le génial album attaque donc avec la rythmique franche et vaillante de Wanted qui d'emblée fait pogoter. Puis Geordie Lad est une vivifiante lettre ouverte de réconciliation adressée à Dan l'ex-bassiste du groupe qui regrette son amitié. Engageante, diablement rythmée et arrangée, la qualité transite sans cesse dans l'instrumentation. L'histoire de Thom, le batteur, qui devait se marier et dont la fiancée a annulé la cérémonie est racontée dans Tragedy in A minor au tempo grandiose, batterie et accordéon incisifs à souhait "The day she left me, she never looked so lovely, And as she walked away, the thunder gathered above me, The day she left me, I swear she never looked finer, The day she left me, a tragedy in A Minor".



Puis Devil in Me, assurée par Lorna au chant lacté, offre une mélodie pop accrocheuse semble bucolique au prime abord mais son texte offensif dit qu'il est préférable et conseillé de faire partie de ses amis que de ses ennemis "The devil in me will come for you and you’ll realise that to cross me was unwise". Sur le même schéma, Injuries est virevoltant de rythmes, d'arrangements charismatiques pour mettre le thème de la musique, de la danse, de ce qui fait vibrer la corde sensible de Daniel en avant, tout comme Reunion, magnifique chanson amoureuse. Quand Beat it from the chest revient avec un profil traditionnel, on tape fébrilement du pied gagnés par l'envie de chanter en choeur avec les compagnons Skinny Lister. La même sensation nous tient sur Hamburg Drunk avec sa vertu festive nourrie de sa potion magique pour l'envie de reconquérir nos contrées. Tandis qu'on fredonne à cloche-pied sur nos fortifications, les Skinny continuent à enchanter avec Grace en évoquant l'inspiration et la créativité sur des guitares et un accordéon débridés et joyeux. Le titre Charlie parle d'un ami de Daniel originaire comme lui de l'East Yorkshire, avec seulement une vingtaine d'années, qui vient de décrocher un rôle dans une série à Hollywood et sera bientôt sur nos écrans "Just take a look at Charlie, Like Steve McQueen he took the jump, Look at him go that could be us, Have to admit the boy done good". Puis Fair Winds & Following Seas, phrase traditionnelle lancée aux marins en guise d'adieu pour porter chance, peut être chantée façon régiment vigoureux et de bonne humeur. Dans le sillons des Dexys Midnight Runners, les instruments libérés reviennent en force sur la fin de disque avec Carry et sa sensibilité mélodique. Skinny Lister délivre un formidable The Devil, The Heart & The Fight viscéral, inspiré et communicatif.
SkinnyLister





samedi 2 décembre 2017

Kommode

Kommode est le projet du norvégien Eirik Glambek Bøe des Kings of Convenience et son excellent compère Øystein Gjærder Bruvik. Je les évoque en juillet dernier par ici : KommodePiggledyPop2017
"Kommode déboule comme une météorite 'dance-music' en 2017 avec le premier titre Fight Or Flight Or Dance All Night. Tout est dit, c'est plutôt clair quand on se penche sur les paroles. En ce début de mois de Juillet, la gourmandise reste affûtée avec la présentation du deuxième titre qui paraitra sur l'album Analog Dance Music, le fabuleux Captain of your Sinking Ship. Dans les deux morceaux, la brise pop norvégienne est porteuse de bossa, de jazz, d'un tempo dance-pop orné de sunshine pop, mêlant des mélodies joyeuses pour des thèmes moins drôles, ce qui facilite le message. La définition du label Brilliance Records s'accorde parfaitement au sentiment qui saisit à l'écoute des titres : "Kommode succeeds in creating music that would be the ideal soundtrack to a midsummer’s party, surrounded by friends, kissed by the sun, wine in hand, overlooking the ocean in the south of France."



Avec Øystein à la guitare, au chant et Anders Waage Nilsen à la batterie, Eirik propose un fort harmonieux Analog Dance Music de dix titres paru le 18 août 2017. Les thèmes des chansons sont abordés avec un optimisme funky qui fait simplement du bien. Le plaisir à son écoute est amplifié par la propreté de la production et l'homogénéité des ambiances, des rythmes. Cousues d'or disco-pop, non seulement ce formidable album fait danser mais fait aussi réfléchir et fléchir avec ses textes finement écrits.
L'émotion se déclenche dès les premières notes de Shoes. Les guitares sensuelles déroulent une mélodie délicate accompagnée de la basse en guidant l'instrumentation. Toutes les pistes sont ornées du tempo varié et enrichi avec talent par Anders. Sorti en single Captain of Your Sinking Ship fait scintiller la trompette au son boogie sur les images des 'feet' et des 'shoes' pour évoquer une relation sans lendemain. Lady-logic est aussi une déclaration intime sur les faiblesses et les secrets qui mènent au conflit, sur une rythmique galopante portée par un piano frétillant. Le cuivre de la trompette revient élégant et offensif sur le monumental Fight or Flight or Dance All Night qui fait swinguer les armes, le feu, le métal en contraste avec la danse et la musique. Suit dans le même esprit le virevoltant et langoureux The Ink in the Great Book of Music, un morceau instrumental qui s'exprime par son tempo, ses notes, sa mélodie panachée et galbée. Puis Not The Bigger Picture poursuit sur un groove subtile, irrésistible. Une dizaine de musiciens de Bergen, certains du groupe Kakkmaddafakka, sont invités pour les cordes, les cuivres et les claviers à participer à l'élaboration de l'album. Leur présence, comme celle du saxophoniste Michael Barnes, ajoute un plus aux thèmes d'actualité mondiale imagés par le biais de la musique et de la danse, en écho au titre de l'album.



Agent aime la marche mais pas les questions, use ses chaussures sur le bitume, offrant ainsi une jolie métaphore à l'optimisme. Les riffs, les beats, subjuguent comme la basse hypnotique de Houses of Birds où les mots cinglants de réalisme définissent les esprits étriqués. Après l'énonciation vient la confidence de I feel free. Les cuivres valsent avec la basse de manière époustouflante sur la voix d'Eirik, somptueusement chaleureuse et entrainante qui exprime sa liberté dans la danse, dans les mouvements du corps et de la musique "Despite the efforts no one's nonsense can be heard, But some will say it's time to turn the music up... no one cares what I do, They are all like me, they sing". La vision lumineuse et positive qu'a Eirik du monde qui l'entoure sur Come on, Sense! n'est pas floue, au contraire. Il la cible si bien qu'il peut la contourner avec lucidité et avec son don pour la composition, l'interprétation, son lyrisme et sa poésie groovy "Hey listen, when I'm talking of the world I've seen outside, Hey listen, I keep talking, I will try to make you feel alright". Eirik ce sacré auteur-compositeur, diplômé en psychologie, délivre avec Kommode un premier album fantastique qui marque au fer son parcours d'artiste.
Kommode
kakkmaddafakkaPiggledyPop2010
KingsOfConveniencePiggledyPop2009