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samedi 28 octobre 2017

Rinaldi Sings

Il jouait du trombone dans un groupe Mods appelé The Moment aux côtés de Paul Bevoir et les critiques rock l'appellent le Scott Walker du 21ème siècle. Rinaldi Sings est le phénomène Mod, le dandy de la pop anglaise. De son vrai nom Steve Rinaldi, ce british du Suffolk revisite les orchestrations des années 60 sans complexe, comme un poisson dans l'eau . Il crée des mélodies power pop aux tendances pop bubblegum. Pourtant il ne bulle pas. Après The Moment, il continue d'user ses semelles sur les scènes internationales dans les groupes The Jetset, Squire, Long Tall Shorty, Secret Affair etc et depuis 2008, joue fréquemment dans le West End de Londres et au Japon avec le Glenn Miller Orchestra.



Investi et inspiré, il entonne pour la première fois en 2004 une reprise de Tony Christie Avenues and Alleyways. Evidemment ce single charismatique ne passera pas inaperçu. Le crooner continue de se balader comme sur un vespa, peaufine en studio quelques singles et finalement concocte son premier album qui fleure bon le Carnaby Street d'antan. Multi-instrumentiste, Rinaldi sort l'artillerie lourde, trompettes, tambourin, cor, trombone, tuba, violoncelle. Porteur de l'esprit mod's qui lui va si bien, le gentleman offre enfin son premier album en solo What's it All About en 2006.

Steve Rinaldi fait fi de la vague rock qui déferle sur l'Angleterre. Il bénéficie de la complicité de Paul Bevoir, bien connu des amateurs de pop. Il a donc décidé de résister avec finesse et humour au mouvement dominant et c'est concentré, déterminé qu'il compose une ribambelle de titres pour repartir en studio. En janvier 2008, le dandy Rinaldi présente son deuxième album Bingo qui comporte 11 morceaux mythiques dont Goodbye Steve McQueen et Come as you are, you're a Star. Son producteur et ami Chris Hunt, journaliste de musique et musicien l'accompagne dans l'aventure ainsi que Paul Bultitude, autre producteur de pop bubblegum et créateur de label avec Bevoir. Tous les titres nous replongent dans cette belle ambiance cuivrée et dansante des Sergio Mendes & Brasil 66, 5th Dimension et des Foundations. Steve qui est au chant, clavier et trombone est entouré d'une équipe musclée de talents, avec Bob Kelly à la guitare, Tim Charlton à la basse et Trevor Smith à la batterie. En bonus, la star Mod reprend Do you Wanna Be in the Show pour le Jetset Tribute Album.
RinaldiSings





dimanche 22 octobre 2017

Adam & Elvis

Adam & Elvis qui pourrait être une marque de cigares, de chaussures ou de flingues est un groupe du Berkshire qui prend forme grâce à l'initiative des frères Malone, Patrick et Tom, accompagnés par Steve Wraight à la batterie et Dan Robershaw à la guitare. Patrick joue de la guitare et chante ses textes, Tom joue de la basse. Les paroles sont aussi candides que psychédéliquement osées, fournies de références littéraires, sur des arrangements power-pop ou cold-wave ornés de synthé, de trompettes et maracas. Ce qui séduit au prime abord est le charisme des compositions typées. La voix singulière, dévorante et hypnotique, accroche et fait resplendir tout l'univers poétique de Charles Bukowski que Patrick admire. Suite à la sortie du single Hanging Tree l'album Through Snow and Small Talk dont je reçois le master ces jours derniers est à mon avis une des plus belles sorties de l'année 2018.



Dès les premières notes de Modern Hitz, l'attention est absorbée, la mémoire titillée par les atmosphères des Pixies et de Pulp. Adam & Elvis cuisine des arrangements electro-pop ficelés en introduction pour nous emmener illico dans un tourbillon pop sur des mots mutins “Please can I have a kiss, What the hell do you think I’m dancing for?”. Tandis que le style power-pop richement rythmé commence à chauffer les rotules, poursuit sur un tempo endiablé. La guitare, la basse, la batterie forment une ligne offensive fracassante sur le chant de Patrick enfiévré, habité de la griffe punk peu enclin à l'intimidation. Puis l'excellent Hanging Tree joue, avec son romantisme du 21ème siècle qui exige des comptes immédiats comme un "intelligent bloke who loses his head over romance and abandons his rational faculties". La batterie savante accompagne magnifiquement les mélodies enragées et follement harmonieuses. Alors qu'on se dit qu'Adam & Elvis tient un morceau tubesque avec Hanging Tree, The Artiste arrive et submerge derechef. Tom chante avec Patrick, les deux frères frisent la perfection de l'esprit underground et je passe le titre de 5.50 minutes en boucle au point de me cramer les lobes.

L'instrumental Snow Talk vient rafraichir l'ardeur et la tension avec ses guitares et ses cuivres avant de repartir en croisade sur le pogotant Wasting Away et son fébrile, sauvage, hand-claps. Les intonations bariton de Patrick subjuguent sur le groove de la basse et des guitares qui dégainent des arpèges garage, mods, cold, du 'indie' sur mesure. Through Snow and Small Talk, décalé, sixties, psyché, rock et punk est un album addictif qui ne lasse jamais et dont la qualité doit faire mordre la poussière en live. She Bites Mosquitoes et sa mélopée surf, synth-pop parle du caractère académique amoureux de certains couples qui réduit leur capacité à être spontanés quand Darker than Black avance à tatons pour poser ses galons alternatifs qui rappellent au sens tribal et animal. Puis Cruel as Winter évoque les méandres inhumains de la ville de Londres avec des accords rebondis stylés Cure. Through Snow and Small Talk termine le génial album du même nom en évoquant un accident de voiture dans la neige avec réalisme et poésie, affront et grâce. Adam & Elvis sont énigmatiques, arrogants et attachants à la fois. Les anglais qui se définissent comme 'Reading Cut-throat guitars, dirty basslines and contorted synthesisers' nous soumettent un grand album qui manquait à l'underground ces dernières années, stylé et surprenant.
Adam&Elvis





E'spaniel

Le groupe E'spaniel, "based in the North East of England (where spaniels don’t need sombreros)" fait partie de ces groupes que je suis fidèlement depuis 2015 : "Originaires de Newcastle-upon-tyne (comme The Animals, Prefab Sprout, Maximo Park, Dire-Straits etc), ces artistes nés en 1998 mettent dans leurs arrangements toute l'âme rock'n roll anglaise et leurs références modernes electro-pop parsemées de leur intérêt pour l'Espagne, le soleil, et les épagneuls." "Le groupe est jeune et récent. Ils signent leur premier single le 7 décembre prochain et je les suis depuis leurs débuts l'année dernière, impatiente que leurs mélopées sortent physiquement. E'spaniel ont dans un premier temps attiré mon attention grâce à leur photo représentant un épagneul breton avec un sombrero (je ne pouvais être qu'accrochée) puis par leur humour, leur second degré. Le graphisme qui les habille est dans la même veine que leurs mélodies, pas présomptueuses, ni prétentieuses. Et ça marche! Ils dégainent des harmonies qui captent l'attention et qui respirent la sympathie."
EspanielPiggledyPop2015
C'est toujours un immense plaisir de découvrir leurs chansons et de m'en délecter avant qu'elles passent à la presse, un honneur. Le nouvel album pas encore paru donc est un bijou power-pop garni de rythmes, des envolées de voix et des cordes de Leon, Karen et Christianne, tous trois guitaristes et interprètes.



A l'écoute de No Common Sense qui ouvre l'album, l'ambiance pop, punk, power et twee se propage comme une épidémie Big Star. Les anglais font vibrer les âmes de la Factory dans leurs guitares au son brut et pur. Cette belle vivacité poursuit sa course sur Dawn où la frénésie, l'énergie émanent de l'écho dans le clavier, des cordes tendues de la basse et du chant parfait de Leon. Le thème amoureux décliné selon les saisons est orné d'une nervosité pop délicieuse. Dots and Dashes continue son brin de fraicheur pop avec sa mélodie immédiate et ses harmonies dansantes dans le mélange des voix. Puis Fading Light offre sa constante rythmique, ses puissantes notes de guitares pour une promenade amoureuse, orageuse et iodée imparable. The Ground en forme de revanche sentimentale est formidablement efficace. Le texte en forme d'aveu tranchant est accompagné d'un tempo flamboyant qui fait turbiner la mélodie.



Just Another Day continue dans le genre pépite power-pop, donnant l'envie de dodeliner du chef sur le chant authentique, mélodique de Leon et les guitares qui ne désarment pas. La basse grandiose voltige sur la guitare électrique de Knots en guise de règlement de compte avec sa rythmique chavirante, entêtante, marquante comme la ballade Lines qui suit, sur des lignes de guitares d'une belle évidence de pop. L'instrumentation étoffée de synthétiseurs de Lucky Strike accélère sur les distorsions de guitares succulentes façon Teenage Fanclub. L'épopée pop ne cède rien quand Talking Shop arrive brillant pour fermer l'album. La manière dont E'spaniel dispose ses cordes, sa rythmique impressionne et pétille d'inspiration, de talent et de tempérament. La brit'pop est hissée au rang de l'excellence avec E'spaniel qui après avoir assuré des concerts avec les Vaselines et Ghost Signals, jouent le 14 novembre prochain avec Slurs & The Head à Newcastle. Espaniel


dimanche 15 octobre 2017

The Luxembourg Signal

Signés sur le label ami Kleine Untergrund Schallplatten de Augsburg et Shelflife Records de Portland, les américains The Luxembourg Signal sillonnent la planète depuis des décennies avec une dream pop fantastique dans la besace. Basés à Los Angeles, l'indie-pop du groupe passe les frontières pour son dernier album et son joli nom Blue Field paru le 13 octobre 2017 en invitant Bobby Wratten des Field Mice et de Trembling Blue Stars à l'enregistrement. J'aime beaucoup cet ensemble d'artistes qui forme un cocktail puissant de sonorités sur les albums, grâce à leurs expériences, leurs personnalités et leurs diverses influences.



Je les évoque ici même l'an passé : "Voici un groupe qui séduira les amateurs du genre indie-pop, les aficionados de feu Sarah Records et de la Factory. The Luxembourg Signal est un groupe composé de pointures qui signe l'album du même nom en 2014. Cette réunion d'artistes pop qui jouent dans leurs formations respectives depuis des années, comporte le trio de Los Angeles, Aberdeen, Beth Arzy (également dans Trembling Blue Stars), Brian Espinosa et Johnny Joyner, la chanteuse anglaise Betsy Moyer qui enregistre les voix à Londres, Dale Crover des Melvins à la batterie accompagné de Toshi Kasai (acolyte des Melvins), Ginny Pitchford, Dave Newton, ex-guitariste de Fonda et de Mighty Lemon Drops au mixing, accompagné de son ami David Klotz, pilier des Fonda, Daniel Kumiega à la guitare, John Girgus ex-guitariste de Trembling Blue Stars, aux claviers, chant et guitare. Toute cette joyeuse troupe regroupant des talents, de l'inspiration, de l'expérience, nous délivre un album de 10 titres de dream-pop monumentale." TheLuxembourgSignalPiggledyPop2016

Blue Field sorti il y a deux jours est génial. A son écoute, j'entends leur humour, leurs références culturelles, dans une ambiance troisième type où des ovnis grattent le casque audio survolant l'Antarctique et déposant une dose de plutonium pop dans l'ouie. Le premier des dix titres There's Nothing More Beautiful Than A Well-Made Machine annonce d'emblée la couleur électrique planante. La mélodie étreint, sert l'étau avec ses guitares et ses claviers inquiétants. Le synthétiseur poursuit l'invasion des oreilles avec Atomic N°10 où les guitares et la batterie ne lâchent pas la rythmique musclée. L'intensité des arrangements colle aux mots 'the room is on fire, let it burn' avant que la batterie rallume les tambours d'Antartica, au beat pop très dansant. La guitare dévoile des harmonies gothiques romantiques sans pitié. Le style shoegaze impitoyable continue sur Blue Field, virevoltant, envoûtant, une tuerie pop qui fait pogoter frénétiquement les rotules pendant cinq minutes .



J'applaudis le savoureux mélange de talents encore une fois, avec les voix de Beth Arzy et de Betsy Moyer, la brillance de Brian Espinosa à la batterie, le génie de Johnny Joyner à la guitare et de Daniel Kumiega à la basse, auxquels s'allient Ginny Pitchford aux claviers et Kelly Davis à la guitare. Le tempo décolle et prend des allures cosmiques sur Shipwreck avant le gigantesque Are You Numb? qui ramène par les bretelles aux eighties et aux nineties. Le son est parfait avec aux manettes les ingénieurs Ian Catt, Mark Rains, David Klotz et Jon Chaikin au mastering qui me permettent de monter le niveau sonore sans dégâts collatéraux. Et même s'il y en avait... Fall Feeling sort de l'arsenal ses lignes de guitares brit-pop pour accueillir le chant sensuellement pop de Bobby. Malgré la silhouette dark et cold apportée avec soin, Slow Delayed Heart fait rêver quelques secondes avant le réveil vitaminé de Laura Palmer qui débarque avec sa fulgurance des eighties comme si David Lynch revisitait New Order de façon noisy et moshy. The Luxembourg Signal donne le coup de grâce et de classe avec What You're Asking For qui termine l'impressionnant Blue Field que je range chaleureusement dans mes favoris Piggledy Pop 2017.
TheLuxembourgSignal



Glassmaps

Glassmaps est l'alias de Joel Stein, ancien guitariste de Howling Bells, qui signe le premier EP My Head, My Heart en 2014. Son travail solo, écriture et composition, est accompagné d'un esprit d'équipe avec à ses côtés, les batteurs Christoph Schneider et Jaan Siekmann, du bassiste Rob Kerner, du pianiste Joscha Eickel. Comme beaucoup d'auteurs, Joel est sensible aux saisons, aux climats et écrit subtilement sur ces changements du temps comme sur l'amour, les bonheurs, les pertes d'êtres chers. Sa voix particulière apporte une musicalité supplémentaire à ses titres dansants electro-pop qui nous ramènent parfois ce parfum nostalgique de la madeleine de Proust pop : les Beatles.



Je savoure l'album Strangely Addicted et ses 10 fabuleux titres enregistré dans le home studio du bassiste des Killers, Mark Stoermer et qui sortira le 10 novembre prochain. Il attaque avec le piano opéra rock de Strangely Addicted. La batterie pleine de vigueur répond aux guitares offensives pour ce titre amoureux qui dégage une énorme énergie. Puis Summer Rain entre en piste, oxygéné et en force, avec sa guitare électrique, la batterie et la basse assurée par Mark, joliment combatives. La rythmique n'abdique guère grâce au savoir-faire du batteur Glenn Moule sur l'ingénieux Hyponotised et son allure psychédélique accrocheuse. Les effets de voix montent en puissance sur des arrangements judicieux et puissants. I'm sorry déroule deux minutes de douceur sur le chant émouvant amplifié par le microphone Telefunken et une basse sensuelle efficace qui porte sa dose d'optimisme comme dans Future Love qui suit. La mélodie somptueuse est accompagnée d'une solide instrumentation. La soul et le funk viennent hypnotiser les oreilles sur In the ShadowsJoel Stein et ses musiciens brulent d'imagination et de technique jusqu'au formidable Don't Think Twice.



Là, tout le rock britannique carillonne et vibre. Celui des anglais des Hollies, Wings, Searchers surgit sur une huit cordes, une six cordes; Des cordes pincées folk et des choeurs associés, il en pleut des myriades dans le studio où s'entremêlent les banjos, les double-basses et les guitares vintage. Les voix groupées et alliées continuent sardanapalesques sur le jovial Golden Dayze avant d'accueillir la balade langoureuse Inner Place aux mots nostalgiques touchants 'there's nothing wrong remembering' qui plaira aux amateurs de Blur et de Lennon. Avec le splendide Old Friend, l'artiste londonien qui sait marier sa musicalité moderne à des mots charmants old-school au parfum désuet, séduit et montre que la musique reste intemporelle. Strangely Addicted en est un exemple par excellence, fouillé, inspiré, on y entend toutes les influences du rock anglais des sixties aux années 2000. Le génial label Lost in a Manor a saisi cette singularité dans le format des chansons et l'interprétation qui fait de Glassmaps un groupe à suivre et à découvrir absolument.
Glassmaps






samedi 14 octobre 2017

Grimme

Grimme est le nom de scène du musicien-magicien Victor Roux, producteur et artiste esthète. Il brode sa musique comme ses images vidéo pour un résultat homogène et beau. En mars 2017 parait son premier album The world is all wrong but it's all right qui m'accompagne depuis et dont je pioche les titres fréquemment sans me lasser. Originaire de Lyon, il est un auteur-compositeur inspiré qui façonne ses chansons comme des pièces montées où se superposent instruments à cordes et à vent. L'ambiance est pop orchestrale dans un esprit de narration omniprésent et l'auditeur de se forger paysages, couleurs et figures à son gré. Prolifique et complet, après son groupe de 2011 Azrael Victor lance Grimme en 2013, tout en composant en parallèle pour d'autres musiciens comme Laurent Lamarca. LaurentLamarcaPiggledyPop2013


L'album de onze titres commence sur le vertigineux The world is all wrong but it's all right. Les couleurs envahissent les paroles, les notes rythmées du piano galopent pour accueillir des cuivres, des choeurs qui s'élancent élégants. C'est une immersion spontanée dans l'univers Grimme. La pop de From the birds grignote l'attention avec le violon, la harpe et les percussions en cascade.Les mots sont pleins du spectre lumineux. Après les oiseaux, c'est le ' china cat' qui vient se languir sur le somptueux Lordship Lane hanté par la présence de David Bowie. Quand le trombone de I've gone to sleep se glisse sur les cordes, l'atmosphère devient lyrique et onirique. Roses, qui rappelle Painting Flowers du premier EP réinjecte une jolie dose de nuances parfumées nostalgiques. Le piano suit les ondulations du violoncelle et des voix pour nous emmener fureter dans un jardin romantique dissimulé au sein d'une ville.



La promenade sonore nous ramène à Londres avec le spoken words de London Trains avant Spilt violins qui tournoie dans la vie urbaine nocturne. A l'écoute des textes comme celui de Ever More, on distingue les influences anglo-saxonnes de Grimme qui aime Dylan, Beck, Rolling Stones et Johnny Cash. Les harmonies sentimentales du banjo prennent au fur et à mesure de la chanson un profil électrique. La pop élancée orchestrale revient dansante sur Sail On avec son tambourin et son volume mélodique, iodé de bleu. La basse d'Alexandra's palace virevolte, l'instrumentation rebondit, soft et cristalline, accompagnant la magnifique voix de Victor Roux. From a king to a Jack ferme l'album avec délicatesse et harmonie. Les notes composées sublimes se marient aux choeurs éblouissants et au grain de voix en or de Victor. The world is all wrong but it's all right est imagé, poétique, nuancé tant dans l'orchestration que dans l'accompagnement visuel, une réussite, le fruit travaillé et muri d'une belle inspiration.
Grimme



dimanche 8 octobre 2017

Magic & Naked

Magic & Naked est un groupe suisse de pop psychédélique superbement groovy qui nous ramène à l'époque estivale par le bout du nez. Ils sont quatre musiciens solides et inspirés : Elie Ghersinu au chant, à la guitare acoustique, basse et claviers, Léonard Persoz à la guitare électrique, Romain Deshusses à la batterie et guitare électrique, Augustin von Arx à la batterie, flûte et percussions. Se greffe aussi aux percussions un cinquième élément, Marco Guglielmetti. Venant les uns et les autres des formations genevoises The Cats Never Sleep et The Tangerines, c'est Elie qui en 2013 met en place le projet Magic & Naked avec une formule acoustique. Petit à petit, le groupe s'étoffe et le premier album parait en décembre 2015.
Ils aiment et écoutent Syd Barrett, Bowie, JJ Cale, The Beatles et on retrouve de la pop groove country psych folk pour agrémenter leur style musical résolument rock dans le tout nouvel album paru le 8 septembre 2017, Human Expression.



J'adore l'album. Il m'emmène dans mes rêvasseries dès les premières notes, fleuries et irisées, de What's behind that locked door. Symboliquement, ce qu'il y a derrière la porte est une douce lumière tamisée qui jouxte des partitions gonflées à la pop et au chant collectif qui lance des 'pa pa pa' entrainants. Les guitares poursuivent majestueuses et taquines sur All i want to do au profil garage-pop qui se permet un groove subtil avec basse et batterie. La rythmique remarquable sur les voix sucrées et rafraichissantes de My green bird nous rappelle les Beatles avec sa mélodie qui accroche, son clavier sixties et ses guitares qui gambadent princières. Les harmonies énergisantes, peaufinées de The Glance, pop psychédélique sixties, fait opérer le charme. Les arrangements ont de l'allure et scintillent d'élégance systématiquement sur chacune des pistes.



Le groove magique de Bring me the moon déroule un jeu malin de guitares et basse entremêlées qui semblent être tombées dans le chaudron pop. Le chant d'Elie grandiose offre du funk langoureux et brillant sur The Night I Found Out tatouée d'un son underground presque baggy. La flûte vient jubiler et batifoler avec la guitare acoustique sur In the morning quand la balade We Will Lose, dont le style alternatif inspiré et coloré aspire totalement l'attention, vient chevaucher le genre rock-psyché de ses particules acoustiques et électriques. La basse, intense, captivante poursuit sa course folle sur Dark Room qui pousse goulûment à danser et à se dandiner sur les vivifiants tambourin et clap-hands . Les textes amoureux nous prennent par la main pour des visites d'endroits aux décors mystérieux et rocambolesques. To Be A Queen poursuit dans la découverte d'espaces ronds de sensualité ; Idem sur Desert Sky qui démantibule la colonne vertébrale par ses gigotements frénétiques. Les guitares, basse, caisse claire et claviers ferment la marche sur un A Casual Warning habile et assuré. Human Expression est un album fin et abouti, aux titres entêtants et musclés d'inspiration, d'harmonies maitrisées qui guide les Magic & Naked sur le chemin du succès.
Magic&Naked



dimanche 1 octobre 2017

Eoin Dolan + Biggles Flys Again

Biggles Flys Again
Voilà une équipe que j'aime située dans la très belle Galway irlandaise. Ce sont deux spécimens, deux entités qui se sont croisées. Mixées, elles détonnent et délivrent un territoire indie garni de mélodies pop.

Eoin Dolan

Il y a d'abord Conor Deasy que j'écoute depuis plusieurs mois avec son projet Biggles Flys Again. Je l'ai découvert grâce à une vidéo concoctée par le réalisateur-designer compatriote Marc Corrigan. Suivez la flèche ⇒ MarcCorriganPiggledyPop



Le maestro est un guitariste talentueux et un auteur-compositeur ingénieux. Sa sensibilité déposée sur les partitions est d'une beauté infinie. Le premier EP de 2007 expose son univers artistique avec des chansons mélodiques et accrocheuses. Le jeune homme est un musicien qui partage son art avec idée et inspiration; L'EP Biggles Flys Again de 7 titres est varié, enregistré avec un 12 pistes à la maison ce qui lui donne une dimension humaine fort séduisante. Il est suivi le 1er mai 2008 de Chocks Away. Ce qui marque, en plus de la qualité sonore, c'est la musicalité dans la voix délicate, en relief, de Conor Deasy. Une série de singles parait Summer's Coming Soon en 2011, Friends en 2012 et Old Pop Song en 2013 dont je suis friande. Puis en 2013 Biggles Flys Again offre l'album grandiose Remember Saturday reprenant quelques singles et beaucoup de nouveautés, à savourer comme l'EP Chambers, dernière production en date.
En écoutant Conor Deasy, on se promène à son bras, battant la campagne, les saisons, avec son chien en éclaireur, parlant d'amour et musique sur des orchestrations de guitare, basse, piano et glockenspiel.
BigglesFlysAgain



Il y a non loin de là, un autre musicien et auteur-compositeur du nom d'Eoin Dolan. Quand Biggles Flys Again fait une pause en 2013, Eoin apparait avec le majestueux EP Placid Ocean en 2014. Suivi de singles qui annoncent le second EP Something Good, solide et entêtant sur lequel apparait comme guitariste un certain... Conor Deasy. Autour d'eux il y a une bande d'amis aussi talentueux, James Casserly à la batterie, Robin Van Der Klooster à la basse, Maidhc O HEanaigh à la flûte et pour rester en famille, Brendan Dolan est là, au trombone. En 2016, l'album Eoin Dolan arrive avec ses 9 titres somptueux, qui proposent aussi une ballade romantique iodée qui part des côtes irlandaises en larguant les amarres en compagnie d'Ocean Girl pour aboutir à Spain. Les singles suivent avec Rockefeller Christmas Address et I can make you hurt at will en 2016, One Girl et Good human being en 2017 qui accueillent Adam Sheeran à la basse.



Il y a une semaine, le 22 septembre est paru le sublime album Ubique. Eoin Dolan signe les 11 titres, chante, joue guitare et claviers, Conor Deasy est à la guitare et aux voix, James Casserly à la batterie et Adam Sheeran à la basse. L'aventure musicale prend place avec les effets flash-back du jeu de pistes à l'envers sur Good Human Being qui d'emblée m'évoque les Beatles. Ella continue la promenade pop sur des guitares joviales et une rythmique bondissante pour nous inviter à découvrir les grand-parents d'Eoin, Mícheál et Molly Dolan, Frank et Marcella Finn, à qui il dédicace le disque. Une sacrée musicalité émane des claviers et des cordes electro de My Life Grows on You où la basse charismatique et envoûtante, voltige. Elle se met au galop sur la dansante Sea of Hope où le chant analogique sème des particulaires interstellaires et cosmiques comme si John Lennon accompagnait les Neutral Milk Hotel pour une session en studio.



L'ambiance synthpop continue sur Civilized où la poésie s'immisce, planante et langoureuse comme sur It is Good That We Dream offrant des guitares magnifiques au son qui trottine taquin et furieusement funky. L'atmosphère est marine, vintage, avec des arrangements sixties mêlés de modernisme finement explorés comme le montrent l'instrumental Sunset Moon suivi de One Girl, carrousel de notes synthétiques et brutes. Crater of my Heart est un bijou de production blindé d'un romantisme sarcastique. Puis Forgotten Star, qui assure les frissons, est un coup de maitre en écriture et en interprétation, me rappelant cette sensation, cette émotion, à la première écoute de Placid Ocean et son casino en bord de mer. La voix et les mots en écho d'Eoin qui s'accompagne à la guitare sont extraordinaires. Le titre Ubique boucle l'écoute en douceur, aérienne et magique, démontrant qu'Eoin Dolan est un perfectionniste dans ses orchestrations, excelle dans la production pop kaléidoscope gratifiée d'une écriture élaborée.
EoinDolanUbique