Translate

samedi 24 juin 2017

Ricky Hollywood

Le nom d'album Le Modeste Album paru en mai 2017 m'a fait sourire et cela suffit à m'intriguer. Ricky Hollywood, comme les chewing-gums, est bien français, un parisien. Il l'est d'autant plus qu'il a la délicatesse d'écrire ses chansons en français, ce qui les met en valeur sur une orchestration typée french touch, dont les amateurs de pop sont frugaux. Je le dis souvent et le répète, des auteurs-compositeurs qui se lancent courageusement dans l'écriture proche de leur culture, de leurs émotions, sont des ambassadeurs de pop qui font notre fierté tant leurs chansons sont plus émouvantes. Esthète, artiste inspiré, Stéphane Bellity alias Ricky Hollywood est batteur depuis des années sur les scènes et compose au sein d'autres groupes comme Melody’s Echo Chamber ou la Féline dont la marque japonaise Shiseido a utilisé la chanson Cent mètres de haut pour leur plateforme web. Ce nouveau projet pop Ricky Hollywood commence son chemin en 2013 avec l'EP grandiose Renaturation suivi en décembre 2016 du truculent EP Ricky & les Dix​-​iples, pour lequel Ricky s'enferme à l'Orangerie du château de Boussay avec 10 musiciens non professionnels, sous la houlette de l'ami Benjamin Gilbert d'Aquaserge et de François-Xavier Richard de Le Bon Coin Forever .



Ricky qui compose les neuf chansons, chante, joue également de la guitare, de la basse et bien sûr de la batterie. Avec lui il a ses amis Vincent Mougel, guitare, basse et clavier, Mathilde Vrech au violon, Hugo Chaumet au saxophone. Pour l'album des invités sont venus y accrocher leurs talents, Arne Vinzon, Bertrand Burgalat au chant et moog, Sonia Zannad au violon, Thomas Pearce au violon alto, Bernadette Vincent à la flûte et aux choeurs Yohanna Nguyen.

Le magnifique album commence par un rayonnant morceau La vie te sourit où Ricky assure tous les instruments et nous comble d'une mélopée pop par excellence. Son texte rayonne à la Benigni et son parfum électronique léger qui flotte poursuit sur Prie pour moi, chanson où l'esprit taquin de Ricky fait solidement cavalcade. C'est un mélange d'ambiance bossa au groove sixties, sur des notes ensoleillées, voluptueuses jouées par Hugo au saxophone. On est dans le bain quand attaque le refrain de Salut, je ne te reconnais pas dont les mots sont censés montrer que la sympathie a toujours des barrières, notamment celle qui ouvre sur l'antipathie. Certains ne le savent pas, Ricky sait le rappeler en musique avec grande classe. Le gigotement idiot ne nous quitte plus quand Tu adores cette chanson entre en scène avec les effets de voix qui font des loopings et des vagues disco-pop délicieuses sur le tempo virevoltant et les violons dynamiques.



L'amour peut être, co-écrit avec le génial Arne Vinzon, offre la présence de Bertrand Burgalat égal à lui-même, majestueux, notre wonderman national au clavier et chant. Le groove très moderne accompagne un texte drôle et sensuel. La sobriété dans la voix se fait intime et caressante, sans dogme, sur Le bain de Minuit aussi séduisant dans l'instrumentation que dans les choeurs qui voguent sur le bruit des vagues. Le casque audio déambulant sur Le Modeste Album on découvre un Ricky aussi riche d'humilité que de personnalité riante. Il y a dans son univers musical du Katerine, du Gainsbourg et de la sunshine et baroque pop typée High Llamas ou la french pop de Tahiti 80, Robin Leduc, Pokett, Olivier Marguerit, Julien Gasc, Jérome Pichon, Flop (tous présents sur Piggledy Pop). Peu étonnant de découvrir que Xavier Boyer et Mehdi Zannad apparaissent de ci, de là dans le travail de Ricky Hollywood. Le musicien enchaine la rythmique bondissante avec basse, batterie et claviers vitaminés jusqu'au down tempo de l'ego surdimensionné de Tu te regardes qui compte la participation de La Féline pour un texte mordant 'je me regarde et je m'enlise lorsque je suis en analyse, je me regarde dans ton regard et ça me fout trop le cafard'. Le disque se conclut sur Trop de bruit à la construction alternative, dansante, qui évoque le sentiment du musicien qui tente de se concentrer sur son album dans les agressions sonores environnantes dont on ne manque pas à Paris. Une série de concerts et de festivals accueilleront Ricky Hollywood cet été. A vos tablettes!
RickyHollywood



vendredi 23 juin 2017

Albé

Albé en un projet pop à l'initiative d'Alexandre de la Baume frais parce que tout récent, rafraichissant parce que tonique, en relief, mélodieux et audacieux. Ce qui séduit au prime abord chez le personnage ce sont ses airs purs, immédiats, mais il ne faut pas s'y fier. La tenue de camouflage cache bel et bien une maturité alliée à une technique de musicien assurément fertile et maitrisée. Ce qui a également accroché mon attention, c'est son don pour la composition. Ses mélodies sont subtiles et sculptées sur sa voix, vraie et puissante. L'auteur-compositeur parisien a le don de la mélodie, l'art de la déposer sur les partitions avec du charisme .



Déjà en 2012, Alexandre écrivait un EP nommé Party puis l'album In Wonder pour son premier projet SingTank. Ils sont suivis du deuxième album Ceremonies en 2014. Je connaissais le groupe mais ma préférence va à Albé qui sonne plus artisanal à mes oreilles et inévitablement plus proche de l'univers musical de son auteur, de ses influences personnelles comme David Bowie, Nick Drake, Lou Reed et les Kinks.

Les chansons d'Albé ne comptent pas en surface, elles creusent un domaine pop, sensible et intelligent, comme si l'aura d'artiste d'Alexandre n'allait pas disparaître d'aussitôt. Son aventure commence avec l'EP Face A qu'il signe ce mois de juin 2017. Il sera suivi à l'automne de l'album.



A l'écoute de Gene, qui joue sur deux tableaux : le langage, franco-anglais et sur le style alternatif des arrangements, on est surpris et conquis. Le relief est travaillé dans l'orchestration, mêlant cordes et cuivres, dans les effets de voix bruts ou en écho, dans la rythmique qui virevolte aérienne ou galope, terrienne. Suit le sublime Valises, où le voyage atmosphérique se fait langoureux. Le synthé contemporain au loin accompagne la basse qui taquine avec grâce, opulence, où trône un texte poétique électrique en français qui lie tradition et modernité. Dans son mélange des temps et des tempos, Alexandre est cohérent. Henri vient décorer l'EP d'une ambiance romantique et épidermique avec les valises cette fois posées dans une grande maison où l'ennui et le désir rodent. Puis la ritournelle Egards, est si touchante par son profil d'aveu qu'elle dévisse la tête jusqu'à la stabilité atemporelle qui passe par la qualité musicale du titre. L'orchestration lumineuse file comme une étoile. Le chant d'Alexandre y est sublime quand guitares, basse, synthétiseur, batterie et cordes se mêlent sans faille. Face A est un délice pop, empli de sensations, de sincérité, avec quatre titres cadrés qui restent en mémoire tant ils sont éperdument beaux.

Albé joue et présente ses fabuleuses mélopées accompagné du batteur Ludwig Dahlberg, du saxophoniste Adrien Daoud, de Léonard Desarthe, compositeur (du groupe La Classe aux côtés de Siegfried de Turkheim, Nicolas Ballay, Joachim Polack, David Bernfeld, Juliette Davis, chez Tricatel) et le guitariste, bassiste Emile Larroche du groupe Saint-Michel qui produit Face A.
Albé



dimanche 18 juin 2017

To Love the Bee Gees

C’est depuis ma tendre enfance mon groupe préféré. Quand je dis ça, en général, on se marre…et pourtant ! Les Bee Gees, c’est un groupe phare de la musique pop des années 60, groupe mythique du disco des années 70, impérial dans la création de balades dans les années 80. Pour certains ignares, c’est ringard. Pour moi, c’est les rois de la pop qui ont accompagné mes premiers pas, mes levers d’index disco dans mon berceau et déhanchés féroces dans mes couches culottes .

Nés à Manchester dans les années 1947 et 1950, Barry, Maurice et Robin Gibb sont très tôt plongés dans l’atmosphère artistique. Agés respectivement de 9 et 6 ans, Maurice et Robin étant jumeaux, les trois font leur entrée dans l’industrie du cinéma. Puis c’est l’installation à Brisbane en Australie. Là ils fondent avec leur sœur Leslie et le dernier bambin de la famille Andy, le groupe Wee Johnny Hays and the Blue Cats. Tous les cinq jouent de la guitare, chantent et tapent des mains sur les plages, font des apparitions sur des radios locales, puis une première apparition télé en 1960. Barry a 13 ans, ses frères 10 ! Le présentateur les annonce comme les BG’s (Barry Gibb); et voilà les Bee Gees sont nés. Suivez la flèche : BeeGeesPiggledyPop2009



Certains pensent que nostalgie est un gros mot ou une maladie. Je suis vulgaire et bonne à soigner alors. Et ce qui est magnifique, c'est qu'apparemment nous sommes nombreux, une belle clique de grands malades dans le même état! Les Bee Gees c'est mon fuel, ma piqûre de rappel. Je suis heureuse de constater que quelques 17 artistes de haute qualité sont atteints du même mal en signant 28 reprises sur la compilation To Love The Bee Gees. Ce disque est chef d'oeuvre. Il est à l'initiative du label américain 80 Proof Media qui reverse tout les bénéfices des ventes à l'association Foundation To Be Named Later créée par Paul et Theo Epstein pour aider des écoles et écoliers à Boston.

To Love The Bee Gees, c'est un coffret extraordinaire de 2 disques. Le premier volet est paru en 2014, le coffret Deluxe le 27 novembre 2015. Parmi les artistes, les groupes qui participent gracieusement au projet il y a Martin Carr des Boo Radleys, Isobel Campbell, Kinky, Mary Margaret O’Hara, Emitt Rhodes, SheLoom, Eric Matthews, Jordan Zadorozny, Chris Price, Dylan Gardner, Elayna Boynton, Joy Boys, The Silver Seas, Low Leaf, Gloom Balloon, Brazzaville, Jess Delgado, Myron&E.



Chaque artiste a pu choisir sa chanson avec l'accord et l'encadrement de Dante Bisson qui s'est affairé aux histoires du respect des droits d'auteurs, main dans la main avec Barry Gibb. Même si une multitude de groupes reprennent les titres des Bee Gees depuis 50 ans, ce coffret est unique en son genre. Les chansons revisitées pour To Love The Bee Gees sont des inédits. La qualité de l'enregistrement, des orchestrations, des reprises loin du moulage des originaux, font de ces deux disques un objet précieux.

Le fruit de ce travail donne deux chansons, chacune sur un disque. Les Silver Seas reprennent la fantastique I Started A Joke, enregistrée en live session pour leur propre album en 2016 et sur le second disque, le chanteur du groupe Daniel Tashian joue Night Fever. Suit la grandiose Every Christian Lion Hearted Man Will Show You par SheLoom qui est un trio formé par Eric Matthews (Cardinal), Jordon Zadorozny (Blinker The Star) et l'auteur-compositeur, producteur Filippo Gaetani. Une version 'génésis' apparait sur le second disque. Isobel Campbell, connue pour son ex-groupe Belle & Sebastian, puis son duo récent avec Mark Lanegan, propose une version splendide de How Deep Is Your Love, revisitée pour la version Luxe.
IsobelCampbellPiggledyPop2012



Emitt Rhodes resplendit sur How Can You Mend A Broken Heart. Membre de The Merry-Go-Round dans les sixties, Emitt est réputé pour ses trois albums au succès fulgurant dans les années 70 et depuis pour son travail de producteur. Il est accompagné ici par un autre producteur et ami Chris Price avec qui il travaille sur son album de 2016 Rainbow Ends où jouent d'autres artistes comme Jason Falkner, Aimee Mann, Jon Brion etc.
L'écoute continue avec Elayna Boynton qui chante sur le générique de fin du Django de Quentin Tarantino, venant ici donner avec une très belle version de To Love Somebody, revue en acoustique sur le deuxième disque en duo avec Patrick Park. Les mexicains de Kinky apporte leur pierre avec une reprise de Living Together sur le premier disque. Je les découvre aussi tout comme Myron & E qui reprend Jive Talkin' sur le disque 1 avec une dose de funk, de soul et de groove pour le disque 2.



Dylan Gardner et son Massachusetts arrivent majestueux. Il est un des auteurs-compositeurs contemporains très prometteurs dont je conseille l'album de 2016 Adventures in Real Time. Sa reprise est belle, proche de l'originale mais avec sa griffe qui ne gâche évidemment rien. Le même titre est remixé pour la version Luxe par son propre producteur Dragonnetti. Suit le luron australien Aaron Tap alias The Boy Joys avec la très réussie Cucumber Castle qui me colle inévitablement une larme à l'oeil. Le groupe Brazzaville fondé par David Arthur Brown qui a été saxophoniste pour Beck est tout aussi efficace et lumineux avec Fanny (Be Tender With My Love). Il est suivi par la chanteuse et musicienne Mary Margaret O'Hara, qui a chanté avec Morrissey et qui ici reprend Tell Me Why avec un talent infini. Il y a ensuite le Stayin' Alive de Martin Carr, Blue Island de Low Leaf, Words de Gloom Balloon groupe américain dont j'adore aussi la reprise datant de 2015 du Velvet Underground Sunday Morning. Jess Delgado s'offre une version touchante de I Can Bring Love dans une veine Bacharach très belle et nous propose la même en français sur le disque Deluxe, Prends mon Amour. Pour finir, il y a les Bebopalula, dont le leader Chris Price revêt Please Read Me d'un manteau pop et propose un jubilatoire Melody Fair en bonus pour le coffret que tout bon nostalgique qui se respecte doit avoir.
ToLoveTheBeeGees
FoundationToBeNamedLater



samedi 17 juin 2017

Малыш Камю / Malish Kamu

Fan fidèle, j'aime les Malish Kamu depuis 4 ans quand je les ai découverts. Le couple de musiciens russes me touche à chacune de ses productions. Ils ont un univers singulier, pop, dreamy, romantique et poétique qu'ils savent transmettre en musique avec une élégance infinie. Cela tient de leur don de compositeurs, la fertilité dans la créativité qui montre que la musique est leur oxygène, et de leur style aérien, mélodieux, toujours envoûtant.

Je parle d'eux souvent comme pour leur premier disque de 2014 et celui de 2015 : "Je découvre les deux musiciens qui signent quatre titres fabuleux sous le nom de groupe Малыш Камю ou Malishkamu grâce à February Records, label qui les aime et en parle même si le duo qui est actif depuis 2013 n'est pas encore signé. Evgeniy, ingénieur et Ekatarina étudiante en littérature se trouvent un terreau pop en commun, jouent de la guitare, du ukulele, composent et chantent tous les deux. Ce qui est admirable dans leur écriture est l'utilisation du russe qui même s'il ne rend pas les textes facilement abordables, est une prouesse dans le milieu indie-twee-pop, courageuse, assumée et réussie. Le russe, splendide est rythmé et lyrique, se marie à la perfection avec l'univers élégant et délicat du couple Малыш Камю qui souhaite volontairement faire découvrir leur langue natale en partitions. Ils offrent un style proche des Trembling Blue Stars, Azure Blue, Rue Royale, ou encore d'Amor de Dias en explorant des thèmes amoureux et romantiques. Le tandem, dont Mark Monnone des Lucksmiths fait les éloges, comme l'ensemble de la bonne presse internationale indépendante se destine avec cet EP à un avenir plein de mélopées et de grands rendez-vous live."
MalishKamuPiggledyPop2014
MalishKamuPiggledyPop2015



Les deux tourtereaux réussissent à m'hypnotiser par la beauté des mélodies, des arrangements concoctés par Evgeniy Nedilko et Ekatarina Nedilko avec sa voix d'ange. Le couple vient de signer en avril 2017 un album grandiose nommé Nobody Wants To Play With Me et comme d'habitude, admirable, le duo se complète harmonieusement sur les partitions et les textes d'Evgeniy qui joue de la guitare, de la basse, du synthétiseur et des rythmiques. Ekatarina brille au chant de sa voix sublime, enchanteresse dans cette magnifique langue russe. Du rêve il y en a en barre sur le titre Реальность (Reality) qui ouvre le bal de façon atmosphérique avec des claviers, les mots langoureux accentués par le jeu de guitare qui flamboie "Sometimes it’s so hard to be with people, But I have the one Who can come into my imaginary world ". La pop jangle et solaire de Ещё одна летняя песня (Another Summer Song) entre en piste sur les cordes qui sautillent vivement et un texte qui parle de plage, de soleil et des Beach Boys. Puis Озеро (Lake) que j'écoute depuis plusieurs semaines me donne une envie irrépressible d'apprendre le russe tant ce titre offre un chant, des mots qui dansent sur les notes comme le féerique Думай о хорошем (Think Positive) qui berce corps et coeur malgré le thème de la séparation. Sa mélodie entremêle une atmosphère cosmique et une mélancolie touchante.



L'émotion continue de me prendre à l'écoute du somptueux Быть одним (To Be One) où Ekatarina offre une énergie troublante, Evgeniy fait onduler le synthétiseur sur le thème du sentiment de communion malgré la différence. La pop de Перерождение (Metamorphosis) déroule un air entêtant, planant qui monte en puissance, nimbé de la voix cristalline de Kate qui fait appel à l'imagination, au songe "No more sadness and anger. There’s only one shade of warm color, It’s a lucid metamorphosis ". L'ambiance mirifique sensuelle continue sur les claviers étincelants d'Evgeniy dans Лучше (Better) dont l'effet est accentué par les voix en écho. La délicatesse et la douceur de la langue russe vont comme un gant à Посланье (Message) au downtempo feutré très réussi pour accompagner le texte mélancolique au coeur brisé. La nostalgie vient envahir Не друг (Not a Friend) avec ses guitares ingénieuses et son chant en résonnance qui conquiert l'imaginaire. L'extraordinaire homogénéité continue sur le dansant Беззаботные песни (Carefree Songs) avec sa jovialité dans l'instrumentation pop ensorcelante. Дом (Home) termine l'écoute, amoureux et contemplatif, sur des arrangements électriques cotonneux pour former une mélopée céleste. Nobody Wants To Play With Me contient une âme d'enfant, slave, nostalgique et surtout stellaire. Le travail incroyable d'Evgeniy chercheur d'or de dreampop et de pop synthétique sur le brin de voix d'Akaterina qui s'allonge et voltige est lumineux. Tout le disque est autant boréal que glacé à l'image des lacs qu'entourent les attachants Malish Kamu.

MalishKamu



Joe McAlinden

Avec Joe McAlinden dans les oreilles, on voyage et on rêve. L'auteur-compositeur écossais a le don de nous prendre par la main et de nous emmener avec lui au coeur de ses chansons. Comme nombre de ses compatriotes, il y a dans ses textes de la poésie et du lyrisme qui déclinent Dame Nature sous toutes ses formes et la retient dans sa paume comme une plume qu'il souffle délicatement sur ses partitions. Les arrangements sont peaufinés, pop, folk, avec en toile de fond, un esprit traditionnel et local très typé dans le choix des instruments. Joe, aussi appelé Linden est un sacré auteur et un interprète né, qui véhicule naturellement son talent et fait rayonner son âme d'artiste.

Joe fait partie du label Barne Society, communauté basée à Glasgow qui regroupe des musiciens scottish-pop de grand talent. On compte parmi eux Stu Kidd et Marco Rea qui forment ensemble The Wellgreen, des maestro de la pop qui collaborent à nombre de projets comme BMX Bandits, Euros Childs, Teenage Fanclub, Snowgoose, Stevie Jackson etc.
Plus détails par ici :
Kidd
WellgreenPiggledyPop
BMXbanditsPiggledyPop
L'aventure musicale pour Linden commence au sein du groupe Superstar en 1992 qui offre chez Creation Records pas moins de sept albums. Depuis 2000, il joue et compose pour différents groupes et artistes : Teenage Fanclub, Rod Stewart, Big Star, Alex Chilton, The Boy Hairdressers, BMX Bandits, Matthew Sweet, BBC Scottish Symphony Orchestra et bien d'autres!



En 2002, il perd son père, enseignant de musique, Joe n'arrive plus à faire ni à écouter de musique. Lassé de faire des compromis au sein des groupes, il quitte Glasgow pour un retour à la ruralité, dans un village où il achète un restaurant, se marie et devient lui-même père. Puis en 2009, il va voir un concert de son ami Edwynn Collins qui fait son retour après plusieurs années d'absence dû à une lourde opération du cerveau. Sur scène il a Norman Blake, le meilleur ami de Joe depuis qu'ils ont créé ensemble en 1985 le groupe The Boy Hairdressers. Il y a aussi les Orange Juice, tout le 'gratin pop' écossais en somme. Ce concert magique qui frappe l'esprit de Joe (et son popotin) lui fait remettre le pied à l'étrier.

Absent pendant presque 10 ans des studios et de la scène, Joe revient doucement à la création et la redécouvre, se sentant revivre après le deuil 'Seeing Edwyn blew my mind and gave me a kick up the arse at the same time..' 'I was straight back into music, discovering it all over again. I’m no old, jaded fool. I’m like a wee kid in a sweet shop. I’m in love all over again!'



Joe reprend la guitare et signe en 2011 le EP Brown Bird Singing (un signe, sachant que les oiseaux reviennent souvent dans ses textes). Il sera suivi de l'album Bleached Highlights en 2012 dont les fans restent encore accrochés à leur tabouret et son deuxième album solo Rest & Be Thankful en 2015 qui à mes yeux est une oeuvre marquante intemporelle magnifique.

That love and that thrill at being immersed in music again is all over Bleached Highlights. Even when Joe tackles an immense sorrow – Hear My Name chronicles his reactions to watching his father spend three weeks in a coma before he died – the mood is always uplifting, there’s always redemption. Joe describes the song If I Had Wings as his, “crossover track”, the place where loss and happiness meet.
If my dad had never passed away, I would never have moved and I would never have all the beautiful things I have now,” he says. “If only he were here to share them.

En janvier 2016, Linden nous offre le single Bones, virevoltant et sublime. Joe est sur sa lancée de nouveau, c'est un retour qui promet de grandes et belles mélodies à venir. En attendant, je savoure Rest And Be Thankful, dont le titre est expliqué par Joe ' It was inspired by a mountain pass I drive over every time I travel to and from civilisation. REST & BE THANKFUL are the words inscribed on a stone near the junction of the A83 and the B828, placed there by soldiers who built the original military road in 1753.'... ' The section is so named as the climb out of Glen Croe is so long and steep at the end that it was traditional for travellers to rest at the top, and be thankful for having reached the highest point. I know how they feel.'



A l'enregistrement dans son studio, il y a Stu Kidd aux percussions et à la batterie, Marco Rea à la basse, Eric Lindsay à la guitare, et tous les trois chantent avec McAlinden qui joue aussi de la guitare, du piano, du saxophone et du violon. Aux manettes pour le mixing, il y a des as, Edwyn Collins et Sebastian Lewsley.
Pour ouvrir le petit chef d'oeuvre, on vogue délicieusement sur I see, à la mélodie printanière, aussi suave que la brume matinale du bord de mer, embarquée par la basse et la guitare electro-acoustique sur les notes de violon. Les mots métaphoriques symbolisent un nouveau départ, pleins d'iode, de bateaux, d'arbres, de feuilles, de matière brute vitale 'Like a stone that's never clean, Someone throw me in a stream, I'll move a little every day, But I won't ever fade away'. Voilà, le thème est donné avec autant d'optimisme que de lyrisme et cet esprit bondissant fait ritournelle sur le génial Window Pane où le saxophone s'allie guilleret au clavier, batterie et guitares emplies d'espoir pour une mélopée groovy dansante. L'amour est présent dans les éléments et la lumière sur Rest And Be Thankful un tempo de roadtrip est lancé pour évoquer le voyage en voiture que Joe effectue quittant son ancienne vie sous les spotlights de Glasgow pour un retour aux valeurs sures, à la terre. Tel un journal intime, Linden offre un Short Worm qui narre la suite de son aventure avec l'image de l'eau à traverser portée par le synthétiseur cristallin et les cordes de guitares fort solides. Hymne à l'Ecosse et à la mémoire, Pull Me Round Again fait resplendir l'âme de Joe qui ferme les yeux et imagine qu'il grimpe jusqu'aux nuages illustrant qu'après la peine qu'il a connu, ayant derechef déployé ses ailes, plus rien ne peut l'atteindre.



L'idée continue sur le fabuleux swingue de Dream Dream, enveloppé des choeurs de l'équipe de musiciens et le chant somptueux, limpide et émouvant de Joe. Le boogie des percussions se mêlent jazzy au saxophone pour inviter à un avenir sentimental riche 'Silver scars like stars they shine for you So let me dream dream my life with you'. La sensualité est saisissante sur Lost and Found, aux arrangements modulés Kerouac-pop pour nous inviter à des foulées, à des embardées sur les routes sinueuses des verts Highlands. Le romantisme envahit les oreilles quand l'harmonie de Take my Hand s'y glisse. Le clavier, la guitare, la batterie se mélangent finement sur le chant en chorale qui entonne un texte amoureux ""hello I've never met you But your words have held my hand while I'm asleep". Yesterday_Rewind est un bijou alternatif mélancolique qui parle du passé et du renouveau avec une guitare qui taquine ses cordes sur des 'houhouhou' et sur le cuivre du saxophone rutilant, qui groove sur Broken Glass où les 'falling stars are watching over me' qui conclut le disque. Joe McAlinden avec sa voix d'une beauté infinie nous délivre un Rest And Be Thankful irrésistible, trésor classé dans le panthéon des disques Piggledy Pop.
Pareil à la grande qualité de Bleached Highlights, Rest And Be Thankful est une exploration sensuelle et sensorielle, d'une finesse absolue définie par son auteur "the album’s not just about loss, it’s about me finding a new and different happiness. It’s the story of how something wonderful just got better…"
JoeMcAlinden



dimanche 11 juin 2017

Happyness

Happyness est un groupe de Londres comprenant le chanteur guitariste-bassiste Jon EE Allan, Benji Compston, chant et guitare, Ash Cooper à la batterie. La singularité du trio est que chacun des musiciens participe à l'élaboration, à l'écriture des chansons. Il offre un univers musical pop rock depuis 2013 et la sortie de l'EP Happyness, suivi de l'album Weird Little Birthday en 2014 et le fabuleux britpop Write In ce mois d'avril 2017.

En 2015, le groupe fait paraitre de nouveau Weird Little Birthday avec des bonus pour les Etats-Unis et l'Angleterre. Au mastering, on retrouve Greg Calbi qui oeuvre pour Band of Horses, Real Estate, Bob Dylan et au mixage, Adam Lasus qui travaille avec Yo La Tengo, Lilys, Army Navy, Clap Your Hands Say Yeah! etc. Sur Write In qui est déjà en rupture de stock, les mélodies nous emmènent tour à tour dans l'univers musical de The Shins, Pulp, Big Star, Pavement pour les arrangements et Elliott Smiths, Beach Boys pour l'interprétation. Prises et savourées de manière indépendante, chaque chanson titille l'oreille et lui apporte des sensations. Quelque soit l'ordre d'écoute, la qualité transperce ses titres.



Write In commence avec le bijou Falling Down où guitares et batterie s'allient dans l'excellence. C'est roots et sophistiqué à la fois. L'intensité et la spontanéité saisissent quand la mélodie déroule ses partitions, on succombe aussi aux premiers mots "How much better To write in, Looking to the real action, And call my Love out, Or hold back the reservation But I'm falling down". The Reel Starts Again [Man As Ostrich], sucrée et voluptueuse, fait voltiger le piano, la guitare au son saturé fantastique et les mots amoureux pour habiller avec un charme à la Lennon le tout. Happyness qui a partagé la scène avec Mac DeMarco, admire l'américain et on entend quelque fois cette bien jolie influence. Anytime sculpté et langoureux fait danser et vibrer l'épiderme. Les lignes de guitares sont vigoureuses, tout autant caressantes qu'offensives. Un mur de guitares se forme solaire et majestueux.



Le plaisir ne déchante pas sur Through Windows où on pense à la poésie mélancolique de Nick Cave, Lloyd Cole et Jarvis Cocker quand la musicalité entêtante hypnotise sur la grandiose Uptrend / Style Raids avec sa guitare galopante majestueuse sur les effets de voix psychédéliques. Les arrangements alternatifs fonctionnent à merveille. Happyness laisse éclater sa joie en se brulant les doigts sur Bigger Glass Less Full, solide, éclatant d'harmonies. Les paroles font trembler, la mélodie déboule efficace sur Victor Lazarro's Heart, là aussi, un coup de maitre indie qui séduit et trouble avec ses mots presque susurrés par Allan, effet que me produit dans ce style les Ultimate Paintings. La perfection dans la composition poursuit avec la rutilante Anna, Lisa Calls où le rythme, les descentes de lignes de guitares, les baguettes sur les caisses qui font des étincelles, les 'papapa' pop rendent hystériques les vertèbres à force d'opiner du chef. La suite reste charismatique avec The C Is A B A G, aux effets psyché dosés pour accueillir la mélodie groovy qui fait planer claviers et basse. Ce petit et réel bonheur Write In fourni par les anglais se termine sur 6 minutes incrustées d'or de Tunnel Vision On Your Part, romantique, hautement mélodique, époustouflant d'inspiration comme l'ensemble des titres. Happyness effleure nos oreilles, joue une musique qui a de l'âme, de la matière qui permet de s'échapper, de rêver.
Happyness



Mobvibe

La devise des Mobvibe, groupe assuré par Christopher Roads et George Cassadrian depuis 2010 est "Wake up the hippie dancer inside you!". A l'écoute de leurs chansons, je parie que vous ferez swinguer vos barbes, vos flûtes de pan, vous échangerez votre sushi vegan pour un trip salade de pavot, troquerez vos repetto contre une paire de sabots, pour vous encanailler et incarner un parfait hippie attardé en transhumance. Leur veine musicale brit-beatles upbeat sous le bras, les deux lascars de Londres concoctent des mélodies dansantes, affirmées et gaillardes. Les arrangements sont fleuris de trompette, tambourins, guitares à volo et une batterie persistante que l'on découvre avec gourmandise en 2011 avec les deux titres What A Day et Take A Look Around.



Avec leur signature 'nusixties', le groupe signe récemment Desire, rond d'une structure 'mods' galbée Fleur de Lys, The Turtles et The Kinks. Ils aiment bricoler leur son psychédélique et le cuisiner à la maison. Mobvibe a investi récemment dans un local, des rouleaux et pots de peinture, sont montés sur des escabeaux au péril de leurs vies pour peaufiner un joli studio d'enregistrement. 10 nouvelles chansons y ont été chouchoutées, répétées et mises en boite ces jours-ci pour passer au stade du mixage. Mon petit doigt investigateur sait dores et déjà que le premier album des Mobvibe sortira en septembre. Evidemment je le chroniquerai! En attendant, on peut se délecter du conquérant EP acoustic, avec Chelsea, 20th Century Girl, Lovers' requiem, Desire, cocktail de sonorités pop sixties vitaminées, ensoleillées, où resplendit la bonne humeur. L'écriture des Mobvibe est aussi élégante que révoltée, les mélodies sont soignées pleines de leur esprit rieur. Encore quelques semaines à patienter...Tout comme la 'sixties british invasion' les Mobvibe vont enchainer sur une tournée à la rentrée, à vos tablettes!
Mobvibe





lundi 5 juin 2017

The King in Mirrors

Ce que j'aime chez le groupe The King in Mirrors c'est qu'il va droit au but. Ses compositions sont garnies de guitares, de mélodies, de tambourins poppeux qui me font fondre. L'efficacité mêlée à l'humilité des arrangements, basse, batterie, guitare et voix forcent le respect quant au résultat mélodique et harmonieux. C'est dansant, ludique et pourtant abouti et peaufiné. L'auteur compositeur anglais Rich May de Swindon, à mi-chemin entre Bristol et Reading, concocte ses mélopées, joue de la guitare et aux claviers, chante entouré de Colin May aux guitares, Jason Bush à la basse et Jamie Deighton à la batterie. Parfois s'ajoute à la bande Helen May au chant. En septembre 2012, l'éponyme King in Mirrors parait avec sept titres alternatifs, supra indiepop où le fabuleux ensemble balance la rythmique endiablée de Rich Craven, les trompettes de Barry Smith et le melodica assuré par Rich à tout bout de champ sur Time Moves On. The King in Mirrors réitère en 2013 avec le génial Rolling In The Sun qui respire toute la britpop de Sarah Records. Mars 2014, c'est Little Voices et ses 5 titres qui tournoie sur les platines.



Les anglais offrent en 2016 le touchant Talk about Today et en mars 2017, le single Foolish Things. Talk about Today en format cinq titres sucre d'orge pop commence avec les notes de guitares et de basse sautillantes alternatives à la sauce The Go-Betweens-Boo Radleys. Superheroes suit, de la même mouture, aussi fringant, pop dansante aux guitares shoegaze et choeurs fleuris. L'harmonie de la mélodie et des rythmiques galopantes de The Deepest Blue offre une orchestration franche, brute et entêtante. Une belle énergie noisy-pop se dégage de l'artillerie de guitares saturées et planantes. L'iode nous arrive aux oreilles avec Hallsands où la batterie fait des rouleaux sur la guitare électrique pleine de feelings et de puissance. Le bonbon pop In A Starlit Sky termine l'écoute sur un chant sublime intime qui boucle un album ample et homogène, aussi dodu et doré de musicalité que Little Voices et Rolling in the Sun.
TheKingsInMirrors