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dimanche 20 août 2017

Gentle Hen

Les 14 titres de Sneaking up on the Moon signés de Gentle Hen ont tapé la mesure de mon été 2017. Quelle joie d'apprendre la sortie de l'album le 10 septembre prochain et de pouvoir le découvrir sans attendre, portée au centuple! C'est le génial auteur-compositeur new-yorkais Henning Ohlenbusch qui porte le projet Gentle Hen depuis 2016. Prolifique, inspiré, on ne manque pas de gazoil pop avec le musicien. Il nous transporte dans son monde comme par magie, en claquant des doigts sur sa guitare et en délivrant une sacrée belle énergie. Je suis toujours en lévitation quand j'écoute le 'peter pan' de la pop.




" Henning Ohlenbusch grandit dans le Massachussetts en prenant des cours de piano et de guitare. Plus tard à l’université sa personnalité artistique s’accentue et il étudie la musicologie tout en commençant à composer ses chansons. D’une mère danoise et d’un père allemand, ses influences culturelles et musicales sont vastes. Dès les années 90 il se produit seul avec sa guitare à des open-mic , dans les années 2000 constitue un groupe et forme School for the Dead, puis The Fawns, comptant quasiment les mêmes musiciens qui partent en tournée sur tout le territoire américain. "

" Henning joue également dans d'autres formations comme The Fawns, Sitting Next To Brian, Bourgeois Heroes, Goldwater, dans le passé Humbert, The Aloha Steamtrain, The Greenbergs ou encore a accompagné Winterpills, Spouse, Chris Collingwood, Polaris et Mark Mulcahy. Il y a aussi le projet alt-country The Gay Potatoes où Henning écrit des chansons et joue de la basse entouré de Chris Collingwood, Lloyd Cole, Philip Price et Brian Marchese (...) Depuis il enregistre ses chansons, produit d'autres groupes dans son propre studio à Northampton. Il signe de multiples disques en solo, dont le stellaire Looks Like I'm Tall en 2006, Henning Goes to the Movies en 2011, réunissant de façon originale des chansons parlant de films comme le titre Amélie et son mellotron dévergondé, ou le magnifique single de 2014 Maybe I'm Not Meant To Do Anything Remarkable After All."

HenningOhlenbuschPiggledyPop2012
GentleHenPiggledyPop2016



Une des qualités d'Henning est sa manière de glisser son humour dans ses chansons, son optimisme sans manquer d'être parfois tranchant et sarcastique. The Hold Out ouvre le bal de Sneaking up on the Moon. D'emblée les guitares sont au galop, jouées par Hen et par le génial Ken Maiuri, suivies de la basse assurée avec brio par Max Germer et la batterie tenue par le talentueux Brian Marchese. Puis We're All Stars enchaine avec son tempo aussi vigoureux, ses paroles souriantes, candides qui rendent heureux et décomplexent pour chanter en sautillant comme une teenager. Il ne faut pas se fier à la rythmique vitaminée de We Didn't See Them Until We Did qui offre un texte offensif, dévoilant un ennemi avec des mots mêlés de lucidité et d'exaspération touchante. L'espérance ne nous lâche pas pour autant et Made up Stars l'amplifie avec sa mélodie pop agrémentée de choeurs qui montent et s'élèvent dans les 'stars'. Life of Leisure ramène aux Beatles, avec son orchestration dynamique et joyeuse comme sur Exploding the Past qui étire le sourire béat jusqu'aux oreilles. Le morceau magnifique alterne sur cinq minutes, entraine dans une spirale pop vivifiante. Je pense que certaines cordes de guitares ont dû aussi exploser pendant l'enregistrement. Les étoiles et le cosmos viennent nous envelopper grâce la duveteuse mélodie et harmonies à fleur de peau de Sneaking up on the Moon. Le moment de douceur continue avec California Brown où la voix de Henning somptueuse resplendit sur la guitare pleine de l'âme americana du grand ouest. Sit on Roofs, éclatant de rythmiques et de guitares endiablées nous invite à prendre place sur le toit puis à descendre en rappel gaiment de façon jungle pop ravissante et naive sur A Northern Lake (Erin). College Town offre une mélodie stylée pop sixties dodue qui fait dodeliner la tête bêtement quand Willing to Be Forgiven vient caresser les oreilles avec son air nostalgique et tendre. Puis Misdirection Octopus rappellera aux amateurs de rock psychédélique l'hommage que Henning rend quand passé vient refermer l'album avec le positif The Best News of Our Lives et son tambourin royal.

Sneaking up on the Moon est un album construit comme une bande-dessiné à l'esthétique des Peanuts sur des harmonies pop sixties colorées qui même picorées dans le désordre, sont tellement expressives dans l'instrumentation comme dans le sens qu'elles happent l'attention aussitôt. Il y a chez Gentle Hen, une écriture imagée charmante, des harmonies revigorantes faites de guitares en cascades ou de picking-cords. Les amateurs de Paul Simon et d'Hefner seront séduits.
GentleHen





samedi 19 août 2017

Hales Corner

Hales Corner est originaire de Bloomington dans l'Indiana et formé en 2015, il signe dès le mois de mai 2016 son premier album. Arrivée lors d'une déambulation hasardeuse sur un des titres, je suis restée accrochée sur l'album Garden View. Je l'écoute, en boucle, l'appréciant davantage à chaque fois. En général c'est l'inverse qui se produit. Alors je le grignote dans tous les sens et rien ne me lasse, même pas la très jolie pochette. Leur style est décrit comme 'malaise sunshine rock' et j'entends dans leur style du Tindersticks, Cousteau, Nick Cave, Scott Walker, Mark Kozelek.
C'est Caleb Adams à la guitare et Wesley Cook à la guitare, chant et clavier qui écrivent et s'accordent pour les arrangements accompagnés de Ben Craig à la batterie, basse et clavier. Le trio enregistre et gère le mixage des dix chansons incroyablement matures, sophistiquées et harmonieuses dans la maison de Wesley à Bloomington et accueille depuis un quatrième musicien à la basse, Ryan Boyce.



Le disque commence sur Pale Light et un son de guitare puissant, lumineux. La mélodie pop alterne et zigzague joyeusement entre les gammes et le tempo de la batterie. Le texte sautillant nous dessine le décor : Le personnage décrit ce qui l'entoure, une vue sur l'extérieur de sa chambre et l'odyssée musicale est sublime. Garden view avec son oeil affûté nous invite à suivre la vision de l'auteur humble et optimiste sur la basse groovy et la voix de Wesley, magnifique. L'air réussi nous invite à danser et à chanter le refrain 'That’s all right, might as well stay, A smallish one bedroom, but there’s a garden view'. Puis le regard, toujours lucide, arpente le quotidien peu souriant et se demande Why Aren't You Laughing sur la basse jazzy et boogie quand le génial Futility In Motion arrive avec son air virevoltant et lancinant à l'image des mots moqueurs et sarcastiques sur quelqu'un qui réussit dans la vie et se contente de son état de planqué. Puis Joseph K telle une parabole pop ensoleillée, sur le chant de Wesley si beau et les guitares taquines qui tournent comme des roues nous balade en évoquant le thème de la justice, du réalisme. Hand Me Down, habité et résonnant, offre un schéma alternatif en symbiose avec les paroles oniriques. L'harmonie de If You Come Around continue d'envoûter avec sensualité mise en forme par le tempo langoureux, la voix chaleureuse et le clavier voluptueux. De nouveau, Joseph K Theme nous renvoie au rêve avec sa guitare subtile qui arpente doucement la mélodie pour subjuguer et dématérialiser les pensées avant Return et ses arrangements de guitares, basse, clavier, batterie contemplatifs et perspicaces. C'est un virage à 180 degrés dans le temps et dans l'espace. Le soleil fait une réapparition sur Sundress après avoir brillé sur d'autres titres et Garden View se termine sur un bijou solidement écrit et joué. L'album qui émerge d'une chambre est en perpétuel mouvement et progression et composé à la perfection, il me laisse croire à une fort belle suite des Hales Corner.
HalesCorner

jeudi 17 août 2017

The Proper Ornaments

Les londoniens sont très bien ancrés dans le style pop qui nous anime depuis des décennies. Ce cocktail magique et essentiel des The Proper Ornaments est blindé de mélodies, des voix lo-fi, des instrumentations sans artifice analogique, avec des curseurs sixties comme les Byrds, Beatles, Love, seventies avec les Carpenters, Harry Nilsson, eighties avec les Smiths, Cure, The Field Mice, nineties avec Mercury Rev, Paul Stewart, The Auteurs et 2000 avec Mac Demarco, Ultimate Painting, the Clientele et Elliott Smith.

Ils sont anglais, ils sont quatre, cela vous rappelle quelqu'un?
Le premier single Recalling parait en 2010, feuillu, solide, fort saisissant avec ses distorsions dans les guitares et son chant. Fichtrement bien cousu, son tempo extasiant, tend à danser comme un siou, avec ou sans plumes. Novembre 2011, The Proper Ornaments recharge le fusil et le carquois pour délivrer le somptueux EP Taking the Gamble out of Buying où guitares, basse et batterie sont affranchies ornées de voix profanes qui honorent cette pop naïve raffinée qui, sous cape, est tout un monde underground sensuel .



Aux commandes il y a un artiste qui plus le temps passe, se distingue et devient le parrain du milieu indie. James Hoare écrit sans anicroche des pépites pop, les interprètes avec sa guitare et son grain de voix en nous mettant à genoux. Le génie de James resplendit dans d'autres projets qu'il mène d'une main de velour dans un gant de fer, Veronica Falls et Ultimate Painting. Pour ceux qui ne sont pas amateurs de pop, je précise qu'aujourd'hui, The proper Ornaments, Ultimate Painting, Mazes sont 'the place to be' et surtout 'the bands to see'. James est accompagné de Max Oscarnold du groupe Toy, autre maestro, qui écrit et compose tout en formant l'axe central du groupe. Avec eux, Daniel Nellis joue de la basse et Robert Syme assure la batterie, tels des dieux de la mythologie pop. 2014 annonce le premier album Wooden Head et ses 14 titres néo-psychédéliques fabuleux. 

Cette année 2017, The Proper Ornaments sont de retour avec un disque incroyable comme si le stress et le complexe de faire encore mieux après un succès devenait une légende. Non seulement, ils tapent fort, encore, mais en plus de la maison, enregistré dans le home-studio de James. Travaillant sur piano dans un premier temps, Max et James, multi-instrumentistes, peaufinent les 11 titres, les façonnent à leur guise sans contrainte de temps ni d'argent. Foxhole prend forme!

Les musiciens sont aux manettes de Foxhole du début à la fin. Ils sont ingénieurs, mixeurs, producteurs, toutes ces casquettes ont le mérite d'offrir un bijou pure, sans intervention extérieure, qui sonne comme ils le voulaient, au son minimal avec une production allégée avec des moments de silence, de respiration entre les instruments. Cela offre un résultat soyeux, plein de fraicheur, similaire aux premiers albums de Lennon en solo et d'Imagine dont le groupe est fan.



Le disque commence avec force et beauté en laissant entrer les notes grâcieuses de Back Pages. La guitare envoûtante lance une mélodie rythmée qui s'enroule autour de la batterie et des mots langoureux. L'immédiateté et la spontanéité de Cremated (Blown Away) avancent hardies et vivantes, en ritournelle sage qui alterne avec l'espièglerie quand le piano vibrant de Memories joue de la douceur en demi-teinte dans les mots et l'interprétation aussi fine qu'un rayon de soleil. Le contraste apparait aussi dans la composition et le jeu, décidé et ferme, qui se frotte aux thèmes romantiques et poétiques. Just a Dream poursuit la perfection musicale avec ses inclinaisons et ses changements d'arpèges où l'âme d'Elliott Smith vient planer. Emotion. L'ambiance se retourne avec le titre 69 qui fait des loopings polissons psychédéliques entre les guitares, la basse, le synthétiseur et le piano. The Frozen Stare se glisse dans le sillage des Pink Floyd. Le morceau magnifique est habillé par la batterie qui martèle avec élégance la mélodie, guidant avec audace le chant et les guitares. 
L'endurance des Proper Ornaments ne faiblit pas avec le magique Jeremy's Song qui donne l'impression de sentir la chaleur aux bouts des doigts de chacune des cordes de guitare. Le refrain entêtant offre une instrumentation grandiose et insistante 'keep your head down in the Foxhole'.
Les guitares alternent légères sur When We Were Young pour reprendre la main, entreprenantes, sur les harmonies pop de Bridge By A Tunnel où on se surprend à chanter sur la mélodie. I Know You Know sous ses airs sinueux propose un texte offensif et sarcastique. De façon là encore délibérée, la pudeur des notes coiffée du style Velvet Underground sur The Devils balance entre l'amour et la haine avec poésie offrant ce contre-jour, ce spectre lumineux persistant sur Foxhole.
L'album entier est une réussite! La magie de l'enregistrement à la maison sur un 8 pistes agit et le disque sculpté dans l'or brut, sans artifice, illico envahit les oreilles, tout l'espace et domine les émotions. L'effet épidermique se mêle au psychique. Les cordes de piano surgissent, le bois des guitares craque, le corps de la basse grésille et la peau de batterie se fendille pour créer une entité sonore soignée et intemporelle.
TheProperOrnaments



mercredi 16 août 2017

The Crayon Set

The Crayon Set est un groupe irlandais qui dépose brillamment sa culture, tempéraments, traditions, croyances et beauté de l'âme des habitants du pays dans les mélopées. J'aime et suis le travail de Robert Baker depuis presque cinq ans quand parait le premier EP, I wanted You en 2012, peaufiné par Nick Brine, producteur des Stone Roses, Arctic Monkeys, Super Furry Animals et des Teenage Fanclub.

Pour leur premier album en 2013, je partage mon avis ici "nouvel album monumental qui est, à mes yeux, une des meilleures productions indie-pop de l’année 2013" "Dans la veine pop des Camera Obscura, l’album est irrésistiblement ludique, charmant, coloré de mélodies destinées à l’intemporalité. The Crayon Set réussit un coup de maitre en faisant briller le genre orchestral pop qui fait danser depuis des lustres et le dépoussière par la qualité des compositions ornées d’un violon à l’âme irlandaise. La délicatesse constante qui émane des morceaux, l’intelligence des instrumentations, le talent dans les arrangements de voix, tiennent de la performance parfaite. Les dublinois (...) font rayonner l’élégance de la pop sur scène et au travers de l’album The Crayon Set, en promettant une belle persistance contemporaine à l’indie- pop."



Quand le single Attack parait en 2014, je reprends ma plume "Quand on entend The Crayon Set entonner "OK explose, let's attack", mieux vaut ne pas être dans le champ de tir des celtes. Le groupe offre une fraicheur rock'n roll dont certains groupes de pop orchestrale ou symphonique savent faire preuve avec brio. Ici, les musiciens qui artistiquement viennent d'horizons variés, jazz, rock ou classique, le montrent avec vigueur et réussite. Prolifiques, les irlandais ont encore une quinzaine de chansons dans leur besace et songent à un double album, tout en assurant une tournée au Royaume-Uni, ce qui ne nous laissera surement pas sans de belles nouvelles avant 2015. Piggledy Pop est No 1 Fan de The Crayon Set !"
TheCrayonSetPiggledyPop2013

J'ai une sacrée veine de recevoir le tout dernier bijou Lost Languages à paraître le 10 octobre 2017 prochain. Sa découverte m'invite à un état de pop-syncope. En lisant l'Irish Times, je constate que je ne suis pas la seule à flatter les irlandais, méritants : "The Crayon Set are as catchy as a virus". "If you're looking for the kind of purity in indie-pop that you thought had gone missing far too many years ago, then their debut album will see you so right you'll never be wrong again".



Lost Languages annonce la couleur pop avec Are You Ready. Son défilé de guitares, son tempo vivant mené au galop est ceint de paroles frondeuses qui avancent à découvert "are you ready for the Lord, are you climbing up the walls...but don't come too near, don't stray too far". La mélodie danse, fait des ressacs entrainants où les métaphores bibliques délicieusement offensives partent en croisade. Down About It poursuit la cavalcade de guitares sur la voix habitée de Robert Baker, reconnaissable avec cette manière d'épingler chaque mot à la façon feutrée d'un autre Robert nommé Dylan. Avec son timbre de voix profond comparable à Thurston Moore, il rehausse ses chansons, qui à mes yeux, quand leurs auteurs les naviguent font davantage d'effet et chavirer. L'instrumentation merveilleusement arrangée de Yesterday Man, offre une allure langoureuse celte. Mais l'allègement ne dure qu'un moment avec les Crayon Set qui relancent les guitares en première ligne et regagnent du terrain avec Attack. Les violons, les claviers et les guitares rock'n roll font corps et l'envie de danser est amorcée. Closed Lines écrite par George Guilfoyle nous immerge avec grâce dans le mystère irlandais avec un extrait de 'The Sleeping Beauty' de Lord Alfred Tennyson. Ses mythes et légendes gaéliques, la beauté de la mélodie, les voix envoûtantes nous font suivre les sirènes dans les eaux sombres juste avant de reprendre de la hauteur et des particules d'oxygène avec Aeroplane. L'orchestration limpide et solide avec sa guitare électrique planante est magnifique suit les décollages et atterrissages d'une femme insaisissable.



The Crayon Set, autour de Robert sont George Guilfoyle à la basse, harmonium, Sean Finn aux synthétiseurs, clarinette et guitare, Ben White aux guitares, basse, batterie et trompette, Phil Casey aux percussions, guitare, batterie, Kate Dineen au chant, et Gavin Glass qui tient les rênes de Orphan Recordings et produit Lost Languages avec beaucoup de talent, de savoir-faire pour les arrangement de cordes et de claviers qui signent sa renommée au royaume-uni. La pop festive de Regional Tennis séduira les amateurs du sport qui connaissent le stress du service foiré et du coup droit trop mou les jours 'sans'...désespérant. Le clavier psychédélique répand la bonne humeur et jongle avec la rythmique sur un texte souriant perlé d'humour qui redonne le sourire et titres de noblesse au sport régional. The Crayon Set offre un I Can't Say No comme une machine à remonter le temps magique avec sa basse à l'âme pop sixties et sa guitare seventies sur un harmonica qui fait des échappées rafraîchissantes. L'ambiance virevoltante poursuit avec le grandiose Hand-surfing et ses images qui sautillent entre la pluie, le cerf, l'arc-en-ciel, les nuages qui font voyager enveloppées par les harmonies gaillardes réjouissantes. L'atmosphère se fait plus grave et revêt l'écharpe de confession, d'erreurs et de pardon sur le piano, la guitare, la batterie qui forment la sacro-sainte trinité pour sauver l'irlandais de ses penchants sur O'Connell Street.

Le bijou Lost Languages se termine sur la ritournelle somptueuse More Love dont l'énergie spontanée et amoureuse se propage sur les instruments qui déploient leurs gammes et leurs ailes. L'ensemble des chansons, exquises et étourdissantes, pour évoquer la difficulté de trouver les mots quand l'amour nous échappe et disparait, laisse une éclaircie et une chance à un nouvel amour naissant. The Crayon Set signe un album passionné, émouvant, avec cette perfection dans la composition délicatement ourlée et ouatée et l'interprétation élégamment sincère. Le langage des dublinois me trouve et ne me quitte plus en cette fin d'année. Je classe Lost Languages dans mon top 10 des albums 2017.
TheCrayonSet

lundi 14 août 2017

The Lemon Twigs

Les deux frères new-yorkais Michael et Brian D'Addario mènent le projet The Lemon Twigs depuis 2015 en offrant l'EP fantastique What we know et le premier album de génie, Do Hollywood en 2016. Ils sont accompagnés par Megan Zeankowski à la basse et Danny Ayala au piano et claviers. Les deux musiciens de 18 et 20 ans respectivement ont la particularité d'être tous les deux guitaristes et batteurs ; Ils s'échangent les instruments tour à tour sur scène en fonction des chansons. Leur style pop théâtral ressemble à l'univers de la scène rock underground new-yorkaise des années 70. Ce que j'aime chez eux est ce style, ce sens inné de la composition et cette autonomie magnifique qui montre leur personnalité. Produits pour Do Hollywood par Jonathan Rado, les new-yorkais décident de rester à la maison, enregistrent sur leur 8 pistes les six titres du deuxième EP, Brothers of Destruction, qui paraitra le 22 septembre 2017 prochain.



Le grandiose psychédélique et alternatif Night Song apparait en guise de single ces jours ci et m'impressionne tant il est solide, plein de l'âme et de la douce folie créatrice de Syd Barrett. Michael et Brian sont fondus des Beatles et des Beach Boys ce qui s'entend dans les arrangements mais aussi dans leur manière de créer qui est un travail de scientifique 'borderline savant fou', aux frontières du baroque des Zombies et des Kinks. The Lemon Twigs ont de l'humour, de l'énergie et véhiculent un monde imagé avec eux qui montre un sens artistique inné et une sensibilité créatrice à tout épreuve. Les frères D'Addario montent cet été sur les grandes scènes internationales, à Austin, Glastonbury, Lollapalooza etc où de leur enfance nourrie des disques de leur père musicien, auteur-compositeur, ils offrent au public des reprises d'artistes qu'ils aiment comme John Prine et Jonathan Richman.

Brian, 20 ans, chante, joue de la basse, de la guitare, du piano, de la batterie, du violon et de la trompette. Michael, 18 ans, chante, joue de la basse, de la guitare, du piano et de la batterie. Cela semble simple à priori écrit noir sur blanc, mais les deux jeunes hommes passionnés et inspirés travaillent aussi énormément. Sur Do Hollywood, ils ont complété l'instrumentation de violoncelle, xylophone, violoncelle et de cuivres. L'album commence sur un I wanna prove to you romantico-psyché, où l'on décèle déjà un humour second degré puissant. La mélodie au tempo mellow emmène illico nos petites oreilles tendues dans cette ambiance barbapapa et sucrée bubblepop fifties menée par les voix en chorale et les guitares vibrantes.



Le titre Those Days Is Comin' Soon suit avec sa fraicheur dans la rythmique pop qui trottine sur les cuivres langoureux et amoureux. Haroomata arrive somptueuse avec sa structure en zigzague, bondissante et duveteuse, souriante et sentimentale. Batteurs, pianistes et guitaristes, Michael et Brian composent et offrent des mélodies qui mettent autant en exergue le rythme que les notes de piano et les arpèges de guitare. Chaque instrument y a sa place comme sur Baby Baby, groovy et rebel qui illustre une relation en forme de glaçon d'amertume qui plonge dans une menthe à l'eau et dont la qualité me sidère et m'évoque McCartney & the Wings. Les titres s'enchainent, aussi beaux et bons, avec le magistral These Words au Moog boogie et aux trompettes polissonnes, à couper le souffle. L'amour emplit chaque plage avec une lumière délicate et une chaleur espiègle, et As Long as We're Together ne déroge pas à la règle. Sa rythmique qui joue avec la peau du tambour et les harmonies aussi voluptueuses que friponnes est efficace. Les images défilent dans les paroles avec des métaphores animales 'spider', 'owl', un schéma que l'on retrouve dans le dernier titre A great Snake. How Lucky Am I est une pièce mélodique qui donne des frissons avec le chant harmonieux saisissant, ainsi vont Hi+Lo, ses notes de claviers délicatement intimistes et Franck, resplendissant de maturité nostalgique tendue et lyrique. Après ce moment prestigieux de douceur qui emmène vers la fin de l'écoute, The Lemon Twigs terminent sur A Great Snake, révolté et rock'n roll et qui tel un coup de fouet, persuade que la musique pop rock alternative a encore de beaux jours devant elle. Après une virée européenne dont Paris au printemps 2017, The Lemon Twigs sillonnent les scènes internationales avec brio et une belle humeur excentrique communicative. Je suis fan!
TheLemonTwigs



samedi 12 août 2017

Severin Bells

Un vent du nord parfumé à la tulipe vient battre et faire danser mes oreilles. Le combo flamand-hollandais Severin Bells déménage et rend fou l'organe de Corti. Le groupe d'Amsterdam griffe des mélopées au tempo rock alternatif dont la qualité acoustique, mélodique et la réverbération dans les cordes fait un bien du diable!

Je les écoute assez fort et en boucle depuis quelques jours en pensant au Velvet Underground et à Wilco, au son rock puissant, glorieusement énervé dans les seventies à New-York amené sur des riffs et des arrangements pop qui me séduisent hautement. Mick van het Nederend à la guitare, Bo Meskers à la batterie, Christophe Brabanders à la guitare et chant, tous les deux membres des Twin Shades et Willem Oostendorp à la basse ont comme jolies influences Kurt Vile, Nick Cave, Bob Dylan et bien sûr Lou Reed. Severin Bells participe le 31 mars 2017 avec une demi-douzaine de groupes à la soirée organisée à Amsterdam pour la sortie du livre de Peter Bruyn The Velvet Underground & Nico et les 50 ans du groupe américain. En même temps il entre en studio pour enregistrer ses premières chansons avec l'aide du producteur Thijs van der Klugt. J'en reparlerai certainement quand le disque arrivera. En attendant, les deux titres fougueux, furieux et solides One Two Combo et Older aident à patienter!

Nota bene : Severin Bells vient de la chanson de Lou Reed Venus in Furs "Severin, your servant comes in bells, please don't forsake him, Strike, dear mistress, and cure his heart".
SeverinBells

Marc Corrigan

Vive l'Irlande! La grande nation verte, orange et blanche nous comble depuis des siècles d'artistes ambassadeurs de courage et de lyrisme. Marc Corrigan en fait partie. Dessinateur, peintre, graphiste, réalisateur, il est autant poète et musicien. Son univers pictural néo-impressioniste est nourri de musique pop.
Les traits doux et caressants qui émergent de son crayon sont aussi éclatants de vivacité. Son travail qui marie et mélange le réalisme romantique d'Edward Hopper, la délicatesse de Sempé, du normand Daniel Authouart, la naïveté arrondie de Folon, du breton Bernard Morinay, la nostalgie pop de Sam Brown avec son Exploding Dog, me touche beaucoup.





Seuls ces artistes des pays nordiques où le soleil pudique s'amuse à se cacher pour laisser la pluie verdir les contrées ou tendre par surprise un rayon qui vient blanchir les falaises, savent doser l'eau et la matière de leurs aquarelles et de leurs huiles. Comme chez les poètes, Marc dépose de la mélancolie et de l'évasion dans ses croquis et ses illustrations. S'y retrouvent mêlés le passé avec ses brulures et ses grandeurs, Verdun 1918 mais aussi les années 40, les sixties, le voyage, de Rome à Phoenix en passant par Vienne, les saisons avec la neige resplendissante et la pluie qu'il dessine avec un charme et talent infini pour la rendre instantanée. Marc Corrigan excelle dans les films et vidéos dans lesquels je l'ai découvert. Depuis 2010, l'artiste signe des vidéos pour des musiciens avec énormément de tact et de finesse. Il a le don de dénicher le scénario parfait qui se greffe à l'histoire de la chanson.



Pour ceux qui sont amoureux des détails, l'artiste pop diplômé en 2002 du Galway Institute of Technology remplit toujours les blancs avec élégance. Il dirige les vidéos de groupes irlandais comme Ham sandwicH, Biggles fly again, Cat Dowling et internationaux comme I’m from Barcelona, Junior Doctor et Billy Bragg. En dirigeant la vidéo Ants pour Ham sandwicH Marc gagne l'award Best Animated Video du Sound Silver Awards de New-York et conduit en 2014 la campagne Music Matters commandée par l'Irish Music Rights Organisation.
Marc Corrigan offre des expositions à Dublin, chronique dans le Irish Times, tel le prophète pop du photoshop, évoque sous son crayon à papier puis son pinceau les événements qui le marquent et traversent notre actualité. L'artiste continue de nous enchanter avec ses balades irlandaises sous les orangers et ses sentiers fleuris de musique, à suivre...
MarcCorrigan






lundi 31 juillet 2017

Naxatras

Naxatras n'est pas le nom d'un somnifère mais celui d'un groupe grec de rock, de pop psychédélique qui tient les sens bien en éveil. Formé en 2012 à Thessalonique, le trio John Delias à la guitare, John Vagenas au chant et à la basse, Kostas Harizanis à la batterie signe un premier album Naxatras en 2015, fulgurant. Un EP nommé Naxatras EP suit en 2016 et l'impressionnant II d'avril 2017 surprend tout le monde.
Les thèmes favoris traités sont le voyage, l'espace, les astres ; Du petit lait pour un groupe psychédélique qu'ils décrivent eux-mêmes comme "Trippy, groovy, heavy stuff straight from the heart of the Universe..." La première fois que j'ai écouté I am the Beyonder, je suis restée accrochée aux branches. Pour un premier galop, c'est époustouflant de qualité. Les compositions sont sculptées, de toute beauté, pas un seul grain de sable vient déranger le mécanisme huilé et harmonieux. A l'écoute des titres dynamiques et musclés des Naxatras, l'effet d'hypnose soit électrique soit planante est garanti. J'aime me régaler de leur univers, groove, pop psyché, rock et surtout, en montant le son. La pilule de Naxatras est bonne à toute heure.



Les six morceaux de II durent entre cinq minutes et 10 minutes, le temps de plonger dans la qualité des instrumentations, ornées de tambourin et de saxophone assurés par Alex Vagenas . Oort Cloud commence l'épopée, juste pour armer les guitares et mettre en branle les amplificateurs. Quand Proxima Centauri arrive, la rythmique qui s'élance modeste et sereine sur la basse et la guitare électrique nous prépare doucement, surement, à une montée en température digne d'une croisade cuisante. Alternant le tempo, Naxatras maitrise son sujet et offre un titre cosmique, taillé dans le brut. Les cordes des guitares et les cymbales font des étincelles sur le tambourin d'Alex, qui mitraille un rythme poignant et agité. Les guitares scintillent de qualité, frôlent l'excellence sur le sensuel et incroyablement efficace Sisters of the Sun : "White gods on highways smiling in my dream, they want to show me everything I need. Up in the night sky, a light is shining bright, sending me floating 'round the galactic line. I wanna dive into your sea. I wanna give you everything".



Ce titre dantesque ouvre la voie à The Great Attractor, grand morceau rock vitaminé où le talent de musicien des trois compères va encore plus loin. La batterie fiévreuse donne le ton et la guitare électrique suit sans souci aussi frénétique et enragée. Le joyau sonore continue avec Garden of the Senses et ses dix minutes de splendeur. L'ambiance est aussi tendue que posée donnant un effet de force élastique, conquérante et endurante. Puis Evening Star avec son saxophone vient combler le repos du guerrier pour boucler l'écoute sur une note jazzy. Naxatras délivre des titres tout en puissance, bombardent des mélodies et des harmonies explosives de charme, de maitrise et d'enthousiasme. Les 3 albums de Naxatras sont à se procurer absolument.
Naxatras

Thomas Fersen

Quittant Paris pour la campagne quelques temps, j'ai glissé le dernier disque de Thomas Fersen, Un coup de queue de vache dans mes oreilles. Je n'ai jamais chroniqué Fersen, pourtant je l'adore depuis le temps où je le passais dans mon émission de radio. Artiste touchant par sa sensibilité et son humour feuillu, talentueux, constant, il nous gâte depuis la parution du Bal des oiseaux en 1993. Ce premier incroyable album est suivi en 1995 avec Les Ronds de carotte, puis Le Jour du poisson en 1997, Qu4tre en 1999, Pièce montée des grands jours en 2003 que je diffusais sur les ondes, Le Pavillon des fous en 2005, Best of de poche "Gratte moi la puce" en 2007, Trois petits tours en 2008, Je suis au paradis en 2011, Thomas Fersen & The Ginger Accident en 2013 et en janvier 2017 Un coup de queue de vache.



Album magnifiquement arrangé par Joseph Racaille, Un coup de queue de vache est le récit de la vie des animaux de ferme et sans savoir si c'est du lard ou du cochon, à la manière d'Orwell et de sa Ferme des animaux, je devine chez Thomas Fersen sa poésie, son sens de la métaphore, de sa philosophie avant-gardiste. Romantique à la mode française façon Boris Vian ou du jeune Serge Gainsbourg, Fersen est notre Jean de la Fontaine pop national. Les chansons que l'artiste, né à Paris dans le 11ème arrondissement, écrit, sont des bandes dessinées. On suit ses histoires assidûment, on les croque, on les savoure avec un rictus permanent. Son esprit souriant porte les couleurs littéraires, historiques et musicales françaises offrant une impression de légèreté qui cache beaucoup de travail et de virtuosité.



Thomas remporte en 1994 la Victoire de la musique pour son premier album est 6 ans plus tard, est nommé officier de l'ordre des Arts et des Lettres. En 2008, au festival de la BD d'Angoulême il donne un concert illustré par Joann Sfar, auteur du Chat du rabbin. 2012, il participe à la BO du film Ernest et Célestine. Notre artiste touche le 7ème art, notamment en jouant dans Gaston Lagaffe en 2009 et dans Gainsbourg, vie héroique en 2010.

Le parisien nous invite à la campagne avec sa voix boisée, authentique et ses mots spectaculaires sur un ensemble à cordes toujours accompagné d'autres instruments, mandoline et banjo, comme explique Thomas Fersen :" Une fois les histoires écrites dans cette atmosphère agreste et sylvestre, j’entendais des cordes, donc j’ai établi un cahier des charges. Je voulais un quatuor sur toute les chansons, j’ai confié cette mission à Joseph Racaille que je connais depuis longtemps et qui a arrangé plusieurs de mes chansons tout au long de ma carrière. Il m’a proposé de rajouter un cinquième instrument à cordes afin de dénaturer et encanailler cette ensemble bourgeois, il voulait introduire dans ce quatuor une sorte de renard dans la basse-cour, à savoir un banjo et une mandoline pour lesquels il a écrit une cinquième partition."

Thomas décrit et explique son écriture " Le milieu rural, c’est un milieu que j’ai connu, mon paradis perdu. Ce monde plus que millénaire a disparu avec ma génération. Pour moi, en tant qu’enfant, c’était un paradis habité par des animaux, des peurs, des forêts, des champs, des personnages et des odeurs. Au départ, j’ai écrit une chanson qui s’appelait Les Petits sabots. C’est l’histoire d’une petite fille qui part jouer dans un bois, elle se cache dans un buisson où elle imagine tenir un salon dans lequel elle recevrait un lièvre, un oiseau et un hérisson, auxquels elle donnerait à boire de l’eau dans ses mains qu’elle serait allé chercher à la rivière. C’est une image d’Épinal. Cette petite fille, on la retrouve plus tard dans les bras de son amoureux. Elle a grandi, c’est une jeune femme, et dans les baisers qu’elle reçoit de son amoureux au cou de chevreuil, elle revoit son buisson. C’est une chanson sur le paradis perdu. Ensuite, j’ai imaginé qu’elle avait un frère, le benjamin de la famille, il est tourmenté par la puberté, il diabolise les soutiens-gorges qui sèchent dans la campagne. Après, j’ai créé l’ainée, partie en ville faire des strip-teases, ces trois personnages étant moi-même bien entendu. Le père aussi c’est moi, ce père qui souffre du dos et qui à cause de la pénibilité des travaux des champs doit aller voir une rebouteuse locale, une femme géante qui l’entraine dans une danse des caraïbes, la pachanga… Cet album, c’est en même temps des histoires sur moi-même et aussi sur des choses plus générales. » comme sur le déclin de la bourgeoise ou de la France."



Un coup de queue de vache ouvre le bal magistralement avec le coq plus humain que jamais qui trottine joyeux sur les arrangements du quator galopin et taquin. Puis Encore cassé lance la rythmique et s'immisce dans notre tête pour ne plus la quitter. La ballade accroche l'attention illico par sa ritournelle alternative réussie, ses envolées de mots et de notes qui donnent de la matière. L'interprétation de Thomas est vivante, théâtrale et sa manière de conter ses textes est unique, sublime. Les petits sabots est un bijou musical, tendre et magnifique qu'il serait d'utilité publique de passer comme comptine à chanter en boucle dans les écoles maternelles. La batterie promène ses baguettes gaiment sur La pachanga où entrent banjo et piano, guitare, instruments qu'affectionne et pratique Thomas Fersen depuis son adolescence. Tu n'as pas les oreillons, mélopée en forme de pierre précieuse qui évoque les émotions d'un jeune homme au stade de la puberté est follement belle et drôle avec sa contrebasse exquise. L'aventure continue avec Le lièvre, mélodieux, fantastique de poésie et de lyrisme urbain mêlé au thème champêtre. La beauté musicale de Testament saisit tant le chant de Fersen est sensationnel. Véritable chansonnier, ses intonations sont émouvantes, habillent ses mots de velours et de cristal. Testament fait dresser les oreilles et As tu choisi montre l'immense talent de l'artiste passionnément lettré avec sa douceur poétique. La cabane de mon cochon et sa mandoline continue la découverte du délicieux bestiaire délivrant l'état de l'abandon et d'un nouveau départ, d'une renaissance enjouée. L'humour ne déserte pas avec l'histoire du homard misanthrope Dans les rochers de Beg-an-Fry où brille la guitare sur la volière de cordes. Le musicien poète termine son chef d'oeuvre sur Big-Bang, magique et adorable qui dévoile l'histoire de la soeur ainée de la fillette décrite dans Les Petits Sabots qui va à la ville travailler dans un cabaret.

Thomas Fersen " je suis arrivé à un âge et à une étape de ma carrière où je veux éviter toute forme de contrainte. Je fais les choses qui ont un sens pour moi, que j’ai envie de porter en tournée, que j’ai envie de vivre."..."Je fais comme le lièvre de mes histoires, je vais où je veux."

Un coup de queue de vache de Thomas Fersen est un véritable coup de coeur que je classe dans le top 10 des albums 2017 sur Piggledy Pop. Il contient tout ce que la musique peut offrir, du lyrisme, de l'évasion et de l'émotion. ThomasFersen



dimanche 23 juillet 2017

Marco Rea

Marco Rea est, au même titre que Stuart Kidd, un des auteurs-compositeurs interprète d'indie-pop écossais des plus talentueux. Il transporte avec lui un univers artistique plein de style, de classe et de lyrisme. Marco est presque anachronique. Il aurait été dans son élément de 1950 à 70. Le musicien de Glasgow dépose dans ses chansons autant de musicalité que de littérature, de peinture et partage son émotion très naturellement. Son élégance et sa préciosité transposées dans ses compositions offrent un résultat efficace, parfaitement intelligent et perfectionniste. Pour mes oreilles, c'est de l'or.



Marco épouse toutes sortes de claviers. Peau à peau, il excelle au clavecin, piano, synthétiseur, moog, joue de la basse, de la guitare classique et électronique. Il n'est pas seulement technicien, il invente et crée des mélodies sublimes qu'il chante avec tout autant de créativité. C'est au sein des BMX Bandits qu'il met le pied à l'étrier, plus exactement, le pied sur scène et dans les studios d'enregistrement, notamment pour l'album de 2009 Rise and Fall of BMX Bandits et pour celui de 2012 BMX Bandits in Space où il joue de l'orgue, de la flûte, de la guitare, du piano, chante et acte en guise de producteur. 2011, il prend part au groupe chorale The Store Keys comprenant Stuart Kidd, Roy Moller et Stevie Jackson des Belle and Sebastian, qui signe son album solo I can’t get no la même année. En 2014, Marco joue de la guitare sur la bande son du film musical God Help the Girl de Stuart Murdoch et en 2017, participe au magnifique album de Linden son ami de Barne Society, label collectif de musiciens écossais.

Si beaucoup d'artistes et groupes écossais font appel à lui, c'est en 2010 avec le projet The Wellgreen partagé avec Stuart Kidd, que Marco Rea déploie ses ailes et sous sa crinière brune, son sourire.
TheWellgreenPiggledyPop2012
StevieJacksonPiggledyPop2011
KiddPiggledyPop2014
GodHelpTheGirlPiggledyPop2009
LindenPiggledyPop2017



Marco Rea propose en solo l'année 2015 son premier album varié et coloré, comme le souligne son nom, Wallpaper Music. Il est toujours possible d'acheter la version numérique alors que la version cassette audio a vite été vendue. Ce petit bijou pop, chef d'oeuvre sunshine, m'accompagne depuis deux ans. Je m'y replonge souvent et me dandine à chaque fois comme si c'était la première. A commencer par le dandiesque et galbé instrumental Wallpaper Music qui oblige à se trémousser et à danser. La rythmique revitalisante est souriante. Caisse, basse et orgue se dandinent sans scrupule. Cette ambiance poursuit sa course guillerette avec la haute en notes et en couleurs Someone's Picture. Les harmonies glorieuses et immédiates invitent à chanter. Les fans des Euro Childs avec qui Marco travaille et de Doctor Cosmos y trouveront au détour des arrangements psychédéliques et très pop leur bonheur absolu.

Time arrive et subitement son charme d'antan, son romantisme évoquant le passé et des châteaux de sable, tournent et virevoltent aériens pour toucher les âmes sensibles. L'humour de Marco resplendit dans le tempo galopant de Sunday où son esprit rieur brille dans les flûtes, le piano et la batterie à la façon des Kinks et des Beatles. Puis Seen Her In The Sky vient surprendre avec sa mélodie jouée au piano délicate et mélancolique. Toute la personnalité de l'artiste transperce l'album.



On sautille sur des harmonies pop pour en quelques secondes s'émouvoir tendrement sur des notes captivantes de douceur comme sur All One. Les voix en chorale habillent celle de Marco, cristalline, qui sillonne les partitions avec un charme fou. Le mélange des notes de la basse, du piano et des cymbales vont se confondre au texte plein de poésie, d'images de voyage imaginaire, de bord de mer et ses bateaux, ses badauds, qu'observe un coeur brisé et isolé. Le titre To poursuit dans le même style, mêlant présent et passé, la solitude aussi avec le traitement élégant rempli d'espoir et d'optimisme de son auteur qui scintille à la guitare électrique. Le paysage et l'atmosphère des highlands subjuguent sur When You Fall Down où le soleil se pose sur la neige et les collines que survolent les oiseaux avec le piano majestueux. A l'écoute du chant somptueux de Marco qui zigzague et nous emmène le long des chemins dans les landes, la mélodie de Try qui suit marque autant la ballade de son rythme ondulant et balançant. Yesterday's Sun, magnifique et alternatif, déroule ses notes aussi envoûtantes et langoureuses qu'un What a wonderful World quand les touches de piano se mettent à gondoler, belles et nostalgiques, sur Il Strada Per il Villagio. La pop délicieuse de Family Plan crée de nouveau une ambiance inattendue, consolidant l'effet palette de peintre, d'harmonies et de notes prestigieuses que Marco Rea sort de ses instruments tel un magicien. Wallpaper Music est un tourbillon de chansons, un bouquet d'instrumentaux, composés avec inspiration et émotion, un cocktail d'airs très réussis à se procurer vivement.
MarcoRea



dimanche 16 juillet 2017

Seth Swirsky

Seth Swirsky est un auteur-compositeur américain réputé depuis les années 80. Seth est autrement artiste, multi-facettes, multi-casquettes. De façon passionnée, il crée et offre. Il aime aussi se perfectionner et s'instruire, toujours et encore. Il est écrivain, cinéaste, musicien, journaliste politique etc. Pour ses succès d'antan qui lui ont permis de se faire un nom dans le milieu et gagner un peu d'argent pour en vivre, on ne compte plus les récompenses ni le temps de ses titres chantés par d'autres passé au top des charts. Parmi eux, Love is a Beautiful Thing écrit pour Al Green. Il écrit pour Rufus Wainwright, The Go-Go's, Peter Allen,The Four Tops, The Spinners, The Delfonics, etc... pour plus d'une trentaine d'interprètes.

Ce qui l'anime c'est le baseball, les grands joueurs de ce sport avec qui il correspond depuis des années. Il partage cette passion en publiant ses lettres et échanges avec ces sportifs. Seth Swirsky signe Baseball Letters en 1996, Every Pitcher Tells A Story en 1999 et Something to Write Home About en 2003. Il fait paraitre son succulent dernier ouvrage d'un profil totalement différent et fort instructif en avril 2017, 21 Ways To A Happier Depression.



Seth Swirsky concocte aussi des chansons pour son projet solo en signant en 2005 le formidable Instant Pleasure puis en 2010, le somptueux Watercolor Day. Il y a un an, Seth nous offre son tout dernier album à tomber, Circles and Squares dont le titre Far Away est nominé chanson de l'année au Hollywood Music and Movie Awards. Parallèlement, l'américain s'allie à Mike Ruekberg pour former le groupe The Red Button qui sort l'album She's About to Cross My Mind en 2007 suivi en 2011 de As Far As Yesterday Goes.

En plus de composer, écrire, ses passions épousent la pop lorsqu'il tourne le documentaire Beatles Stories. Ami de Davy Jones des Monkees, Seth est fan des Beach Boys, Beatles, Donovan, Graham Nash qu'il interviewe pour son documentaire où l'on apprend que John Lennon sur ses derniers jours comptait voter Ronald Reagan et avouait être embarrassé par la naiveté des paroles de sa chanson Imagine. PS : Autre trait de la personnalité de Seth Swirsky que j'apprécie c'est qu'il ne vote pas à gauche. Démocrate dans sa jeunesse, il fait un virage assumé à 180 degrés avec les années ; Chose rare, appréciable, dans le milieu de la musique et de l'art, en général, qui ne respire pas la tolérance. Ses convictions ne le complexent pas. Cela fait du bien.



Après ce génial Beatles Stories, Seth retourne étudier et obtient ces deux dernières années à 55 ans un Masters Degree in Clinical Psychology avec lequel il soigne ses patients atteints d'anxiété et de dépression à coups de pop musique en les initiant à la création et l'inventivité.

Seth Swirsky fait résonner ses influences dans ses compositions indie pop. Je conseille chaleureusement les albums de ce maestro de la pop, cathédrales d'orchestrations et d'harmonies pop flamboyantes. Seth a le talent de Burt Bacharach, Harry Nilsson, McCartney dont il est savoureux de se nourrir dès à présent, sans tarder. Les constructions sont alternatives, fines et intelligentes comparables aux morceaux de Brian Wislon. La voix de Seth, ses mots poétiques et positifs, créent un ensemble brillant. Il écrit des titres vibrants et romantiques qui mêlent les instruments, les ambiances, les messages, les lieux pour enivrer et faire voyager. De l'Espagne à l'Ecosse en passant par Liverpool et la côte ouest américaine, on fait autant de sauts dans l'espace, dans le temps que de pas de danse. Les mélodies sont marquantes, légères et solides, intimes et douces, variées, colorées de piano, de guitares, de violons et trompettes. Impossible de se détacher des atmosphères que dessinent Seth Swirsky qui reste en boucle dans mes écouteurs et dans ma liste des artistes pop phares de Piggledy Pop.
SethSwirsky




dimanche 9 juillet 2017

Sophie Scholl - La Rose Blanche - Die Weisse Rose

Sophie und Hanz
Sophie Scholl Die letzten Tage est un film allemand sorti en 2005, réalisé par Marc Rothemund récompensé de l'ours d'argent au Festival de Berlin et nommé pour l'oscar du meilleur film en langue étrangère. Julia Jentsch dans le rôle de Sophie Scholl et Alexander Held dans le rôle de Hans Scholl sont tous les deux remarquables. Auparavant, il y a eu La Rose Blanche, film de 1982, réalisé par Michael Verhoeven. Il y a une bibliographie sur Sophie et le mouvement de la Rose Blanche très fournie, un mémorial à Munich, des noms de rues, un prix de littérature, le nom du pont de Strasbourg qui relie le Conseil de l'Europe et la Cour européenne des droits de l'homme...Le pont de la Rose Blanche... Un symbole qui j'espère ne reste pas qu'au niveau des pieds mais monte aussi jusqu'au cerveau.

Hanz Scholl 1942


Sophie Scholl est la Rose Blanche. Avec son frère Hans Scholl qui choisit le nom, ils montent un réseau de résistance au régime nazi en 1942. Tous les deux sont pacifistes. Leur démarche se veut sans violence et ne réside que dans les mots, les tracts distribués ou envoyés par la poste . Ce cercle clandestin était constitué en majorité d'universitaires attachés aux valeurs de la Liberté : Sophie, étudiante en biologie et philosophie, son frère Hans et ses amis de la faculté de Médecine, Christoph Probst, Willi Graf, Alexander Schmorell, né en Russie. Orthodoxe très pieux, il sera canonisé en 2012 par l'Eglise Orthodoxe Russe. Tous sont arrêtés et condamnés à mort, décapités, pour haute trahison en 1943.



Sophie a alors 21 ans. Elle est garde d'enfants. Elle étudie la journée à la faculté des sciences de Munich et la nuit venue, avec Hans et les amis, dès le printemps 1942, ils rédigent des tracts, les tapent, les mettent sous plis, les timbrent et les envoient. Pour disperser au maximum les tracts envoyés à des intellectuels, médecins, journalistes, écrivains, professeurs, libraires, Sophie se dévoue pour prendre des trains de nuit, avec sa valise pleine des tracts, qui partent de Munich et sillonnent l'Allemagne. A son arrivée dans ces villes, seule, elle tracte et glisse des paquets d'enveloppes dans les boites postales. Elle se désigne volontaire pour le faire parce que selon elle une fille prend moins de risques au contrôle des SS dans le train. Des milliers de tracts signés la Rose Blanche seront éparpillés et lus dans tout le pays.
Alexander Schmorell

Christoph Probst et Alexander Schmorell2


Les cinq amis ne sont pas seuls. Nombre d'autres résistants les rejoindront et connaitront le même sort l'année qui suit. Il y aura six essentiels tractages. Sophie et Hans sont des protestants très croyants, Willi est fervent catholique, en 1933, il devient chef de la Neudeutschland, une organisation catholique pour la jeunesse qui sera interdite par Hitler comme toute autre organisation pour la jeunesse autre qu'hitlérienne. Christoph, lui, demande le baptême en prison après son arrestation et se convertit à la foi catholique. Quant à Alexander, sa foi est vivace. Il y a le professeur Kurt Huber qui entrera en contact avec les deux membres fondateurs de la Rose Blanche, Hans et Alexander, très influencés par leur professeur, qui rejoindra le mouvement et sera aussi arrêté puis exécuté.

From Leaflet 3, extrait du Tract 3.
"We will not be silent. We are your bad conscience. The White Rose will not leave you in peace!"




Sophie Scholl

Le premier tract fait essentiellement référence à la bible et cite Saint-Augustin, le second dénonce la Shoah et l'Holocauste, le troisième appelle à faire tomber le national-socialisme, le quatrième dénonce la politique militariste du Führer. Pendant l'hiver 42/43, la Rose Blanche se développe, est au sommet de son activité. Le cinquième tract "Appel à tous les Allemands" est celui que Sophie distribue dans tout le pays à des milliers d'exemplaires. C'est l'escalade des actions du mouvement qui en quelques jours marquent de leur signature tous les murs de Munich, sabotent la centrale électrique plongeant la ville dans le noir pendant une semaine. A l'université de la ville où se trouve le noyau dur de la résistance, les enseignants ne contrôlent plus la situation. Le 16 février 1943, les événements font paniquer les autorités et des chefs SS arrivent de Berlin pour faire la morale aux étudiants de la faculté qui crient, huent et se ruent sur la sortie en les bousculant. C'est dans les mêmes jours que Kurt Huber rédige le sixième et dernier tract de la Rose Blanche. Il sera tiré à 2000 exemplaires dénonçant les atteintes à la liberté du Parti national-socialiste, appelant à se soulever contre cette oppression.
Christoph Probst

Le 18 février Hans et Sophie Sholl prennent l'énorme risque d'aller déposer des piles de ce tract en plein jour dans les couloirs de l'université, en faire voltiger une liasse du balcon principal. Ils seront surpris par le concierge qui les dénonce. Sophie et Hans sont emmenés par la Gestapo, interrogés et torturés à la prison de Stadelheim pendant deux jours et deux nuits. Cela n'apparait pas dans le film, qui reste pourtant très fidèle aux procès-verbaux mais l'interrogatoire a été violent. Sophie arrive avec une jambe cassée sous ses béquilles le 22 février devant le tribunal du peuple présidé par le féroce SS Roland Freisler, ancien communiste. Le procès est expédié, en moins de trois heures c'est la sentence, peine capitale. Ce tribunal ne respectera même pas la loi autorisant 99 jours avant l'exécution. Sophie (21 ans), Hanz (25 ans) et Christoph (23 ans) seront tués le jour même à 17h juste après avoir eu le droit de dire adieu à leurs parents. Les témoignages relatent le grand et terrible courage de Sophie pendant les interrogatoires, le procès et quelques minutes avant d'être décapitée. 
Willi Graf


Dans les jours suivants, Alexander (25 ans), Willi (24 ans), Kurt Huber (50 ans) sont exécutés, les autres membres seront arrêtés, torturés, décapités ou déportés dans les camps. Certains survivront, d'autres pas.



Sophie Scholl

Ce qui a réuni au départ les vaillants camarades de la Rose Blanche c'est une vraie et pure amitié. En 1942 quand Hanz enrôlé est envoyé sur le front de l'Est à Gagarine, Hanz tombe amoureux de la Russie. Il fait la connaissance des paysans russes et son ami Alexander qui est aussi au front fait la traduction. En rentrant, quand les deux amis se retrouvent le soir avec les autres, c'est souvent qu'ils entonnent des chansons russes. Hans joue de la guitare depuis ses 16 ans et avec Sophie ils lisent beaucoup, vont au cinéma et fréquentent les musées régulièrement. Les frères et soeurs s'écrivent et leurs lettres de 1937 à 1943 seront publiées. Ils y échangent leurs avis sur leurs lectures. Ce sont tous les deux de grands lecteurs, dans leur correspondance ils parlent de Goethe, Rilke, Hölderlin, Schiller, Lessing, Bloy, Gide que Hanz traduit, Maritain, Bernanos, Cocteau, Claudel, Dostoïevski, Aristote, Pascal, Kant, Jünger et Thomas Mann qui touché par la mort des jeunes Scholl leur rendra un vibrant hommage de Londres en juillet 1943 où l'écrivain en exil s'écrie sur les ondes de la BBC "Courageux, magnifiques jeunes gens ! Vous ne serez pas morts en vain, vous ne serez pas oubliés".

"Il faut avoir un esprit dur et un coeur tendre" - Sophie Scholl
"La vie, c'est une grande aventure vers la lumière" - Hanz Scholl



Sophie Scholl

Kommode


Kommode est le nouveau projet de Eirik Glambek Bøe des Kings of Convenience accompagné de son ami d'enfance Øystein Gjærder Bruvik à la guitare, au chant et de Anders Waage Nilsen à la batterie, ces deux musiciens étant les membres du groupe Skog. Mais je suis en train de me demander s'il est possible que vous, mes chers lecteurs, ne connaissiez pas encore les Kings of Convenience...! Si c'est le cas, c'est très mal.
Vous êtes obligés d'aller là : KingsOfConveniencePiggledyPop2009
Pour être absolument absous, encore par là : WhitestBoyAlivePiggledyPop2008



Kommode déboule comme une météorite 'dance-music' en 2017 avec le premier titre Fight Or Flight Or Dance All Night. Tout est dit, c'est plutôt clair quand on se penche sur les paroles. En ce début de mois de Juillet, la gourmandise reste affûtée avec la présentation du deuxième titre qui paraitra sur l'album Analog Dance Music, le fabuleux Captain of your Sinking Ship. Dans les deux morceaux, la brise pop norvégienne est porteuse de bossa, de jazz, d'un tempo dance-pop orné de sunshine pop, mêlant des mélodies joyeuses pour des thèmes moins drôles, ce qui facilite le message. La définition du label Brilliance Records s'accorde parfaitement au sentiment qui saisit à l'écoute des titres : "Kommode succeeds in creating music that would be the ideal soundtrack to a midsummer’s party, surrounded by friends, kissed by the sun, wine in hand, overlooking the ocean in the south of France."
Kommode c'est très beau, un patchwork galopant d'influences musicales très contemporain avec des arrangements fins, une orchestration parfois funky, parfois disco, assurés par les trois amis qui opèrent avec talent et amusement certain. Leurs voix sublimes se glissent subtiles sur les harmonies. Le jeu de basse d'Eirik va comme un gant au rythmiques d'Anders qui font rimer samba et funk sur les accords grandioses d'Øystein. Pour ceux qui sont prêts à avoir sacrément chaud en se trémoussant cet été, le vinyle blanc Analog Dance Music est en vente ici : Kommode





Paddy Hanna

J'aime Paddy Hanna depuis les sublimes disques Join the Army de 2013, Leafy Stiletto de 2014, les singles Austria et Underprotected de mars et décembre 2015. "Paddy Hanna fait partie de ces artistes prolifiques et complets, auteur-compositeur et interprète au coeur de quatre projets, il joue de la guitare, du clavier, de la batterie et aime la scène où il est comme un poisson dans l'eau. Basé à Dublin, l'irlandais est actif au sein des groupes Grand Pocket Orchestra, Skelocrats, Ginnels et No Monster Club. Il n'arrête jamais (...) Pour fêter la Saint-Patrick en communion avec les amis irlandais, Leafy Stiletto est l'album parfait à savourer. Pop, dansant, harmonieux, le disque est croustillant de mélodies, techniquement sublime et Paddy y chante comme un rossignol punk sensible au retour du printemps. Sa voix, puissante et solide, s'amuse à faire des loopings (...) Paddy Hanna est un personnage, un musicien inventif et généreux qui délivre sur disques et sur scène son monde musical fleuri et varié fort stimulant. "
Pour la suite, c'est par là : PaddyHannaPiggledyPop2015



Cette année passée, Paddy a participé au magnifique projet associatif My Lovely Horse Rescue aux côtés de Duke Special, Neil Hannon, We Cut Corners, The Late David Turpin, No Monster Club, Sissy et Gar Cox, toute la joyeuse équipe du collectif de musiciens dublinois, le label Popical Island. Pour apporter leur aide, les artistes signent l'EP de sept chansons, My Lovely, dont le fruit de la vente est totalement reversé à l'association irlandaise qui protège et soigne les chevaux, poneys, ânes, abandonnés ou négligés.
MyLovelyHorseEP





Avec la sortie en mars 2017 du single Bad Boys et Sunday Milkshake d'une cambrure pop fracassante, les fans se délectent du deux titres . Composés avec soin et inspiration, arrangés avec une orchestration délicate de cordes et de cuivres, ils sont habillés de textes toujours éloquents, amusants et colorés. Paddy a un don de compositeur ensorcelant, griffe des thèmes qui nous emmènent dans des sphères littéraires, cinématographiques, dans des histoires qu'il interprète d'une façon singulière. Il utilise ses cordes vocales comme un arc. Son chant peu être aussi tendu que relâché, ses émotions telles des flèches parsèment les mots où les notes de son harmonica. Sa voix typée et originale resplendit sans cesse. Les mélodies de Bad Boys et de Sunday Milkshake sont riches de rythmes, de style, et délivrent de la matière dans les instruments comme dans les thèmes. Le conteur prophète au charisme infini aime broder sur des sujets réalistes qui même clamés de manière directe et franche deviennent magnifiquement poétiques. Nous sommes de nombreux fans mordus par l'univers indiepop de Paddy Hanna. Le personnage fait partie du panthéon Piggledy Pop et j'espère un nouvel album bientôt. PaddyHanna





samedi 1 juillet 2017

The Green Fields

The Green Fields est un projet conduit par Chris Mondia depuis 2003 lorsque qu'il signe l'album Melodies For Afternoon. L'artiste de Philadelphie est un musicien multi-instrumentiste en plus de composer des mélodies et d'écrire des textes incroyablement beaux. Chris joue de la guitare, de la basse, mandoline, harpe, piano, percussions et batterie, glockenspiel et des amis viennent parsemer ses chansons de trombone, banjo, trompette, wurlitzer etc. L'âme des mélopées est pop, arrangée tantôt folk, country, sunshine et tantôt britpop dans la veine des Kinks et des Beatles dont son père, musicien également qui lui a appris à jouer du piano et de la guitare, est un grand fan.

Ses premières armes, Chris les aiguise au sein de Ella Megalast, formation indiepop profilée shoegaze, puis tourne et joue avec son second groupe The Aerial Tour Instrumental en signant l'album Introducing The Way Out…!!. Suite à la séparation, c'est l'occasion de se lancer en solo. Nourri d'influences colorées et parfumées depuis sont adolescence quand Chris pioche dans les disques de ses parents, il est mordu par le son des sixties et des seventies. Il aime retranscrire ce profond intérêt dans ses partitions. Les fantômes de Jimmy Webb, Burt Bacharach, Roger Nichols, Beach Boys, Glen Campbell, Byrds, Love, Small Faces et d'autres artistes de country, folk traditionnel, pop seventies allant de Charlie Rich, Tammy Wynette à Gene Clark et Gram Parsons réapparaissent dans son travail d'arrangeur.



Le 30 juin 2017 sort un nouvel album après 14 ans d'attente. I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming que j'ai reçu il y a une semaine ne me quitte plus. Tous les titres sont somptueux et dignes d'un travail de très grand compositeur et arrangeur que la presse qualifie de profilé façon Brian Wilson. Chris Mondia a pris le temps de peaufiner et sculpter un véritable bijou alternatif et brillant de pop. Les textes y sont poétiques, à l'image de son auteur qui sensible à ce qu'il voit, à son environnement, dépose délicatement ses contemplations dans ses mots. L'ambiance est tendre, joyeuse, mélancolique, picturale et printanière. Comme un impressionniste, il agrémente ses chansons de couleurs, de saisons, de traits, d'ombres, de lumière et de sentiments. L'album I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming est imprégné de la nature et de sonorités proches des univers de Gorky’s Zygotic Mynci, Belle & Sebastian, Ladybug Transistor, du label américain Elephant Six de Robert Schneider. Pour planter le décor, The Green Fields commence avec la pastorale et instrumentale The Young and Often Spring.



L'introduction jouée à la guitare acoustique nous plonge dans les effluves subtiles et euphorisantes du printemps naissant. Les notes sixties dansantes des guitares, des violons et des trompettes sur When The Blowing Wind Comes portent une énergie qui gonfle les voiles harmoniques. La performance vocale de Chris apporte un bonus à la structure mélodique en mutation permanente. Le chant, les arrangements sont souriants, dansants, solidement groovants. Les claviers motivés se marient joyeusement à la guitare sur Shadow On The Ocean qui sautille dans tous les éléments brillants de l'instrumentation. Les harmonies mutent, évoluent, s'entremêlent à la perfection comme une broderie de dentelle pop. L'orgue sixties sur les guitares garage de Words That Stay sont impeccables d'originalité et de grâce beach boysienne dans les choeurs. Le titre progresse et tel une chrysalide s'ouvre sur des arrangements alternatifs resplendissants. Quand arrive Now I'm Not Sure dans les oreilles, mon cerveau s'arrête net sur la qualité du jeu de guitare, la voix de Chris et ce texte amoureux nostalgique qui mêle les sentiments à la perception de la musique. La rythmique s'emballe comme un coeur tambourinant pour ralentir le temps de l'instrumental Still I See Your Face suivi du délicieux Fair and Tender Ladies.



La basse sur le glockenspiel et la batterie guillerette de A Lovely Sleep relance la cadence, assurée par le chant et les guitares qui donnent des frissons et de l'émotion dans les dernières secondes. Les accords de guitare sur My Dreams of Old Age, le cuivre de la trompette, caresses qui enveloppent l'audition, accompagnent un texte magnifique, blindé de respect et de sentiments amoureux qui transforme la chanson en merveille absolue et patine d'éternité. La chaleur ensoleillée de Glen Canyon, superbement produit, accroche l'attention et l'ambiance champêtre fait démarrer un déhanché incontrôlé. Will You Let Me Bend To Say enchaine ses notes cohérentes et fluides sur un début d'une douceur infinie qui se transforme en mélopée dansante et virevoltante. Puis Alania ornemente magnifiquement une fin d'album qui arrive trop vite avec ses envolées de violons sensuels et une construction alternative magique. Les sons mélangés aux silences donnent un ensemble passionnant, construisent une énergie musicale explosive pendant 4.50 minutes.
The Green Fields offre son jardin secret avec I Dreamed Today Was A Day For Daydreaming. Je m'y glisse depuis une semaine et savoure tout son lyrisme, sa chaleur et sa lumière, une nouvelle fois touchée par la grâce qui renforce ma foi en la pop.
TheGreenFields



samedi 24 juin 2017

Ricky Hollywood

Le nom d'album Le Modeste Album paru en mai 2017 m'a fait sourire et cela suffit à m'intriguer. Ricky Hollywood, comme les chewing-gums, est bien français, un parisien. Il l'est d'autant plus qu'il a la délicatesse d'écrire ses chansons en français, ce qui les met en valeur sur une orchestration typée french touch, dont les amateurs de pop sont frugaux. Je le dis souvent et le répète, des auteurs-compositeurs qui se lancent courageusement dans l'écriture proche de leur culture, de leurs émotions, sont des ambassadeurs de pop qui font notre fierté tant leurs chansons sont plus émouvantes. Esthète, artiste inspiré, Stéphane Bellity alias Ricky Hollywood est batteur depuis des années sur les scènes et compose au sein d'autres groupes comme Melody’s Echo Chamber ou la Féline dont la marque japonaise Shiseido a utilisé la chanson Cent mètres de haut pour leur plateforme web. Ce nouveau projet pop Ricky Hollywood commence son chemin en 2013 avec l'EP grandiose Renaturation suivi en décembre 2016 du truculent EP Ricky & les Dix​-​iples, pour lequel Ricky s'enferme à l'Orangerie du château de Boussay avec 10 musiciens non professionnels, sous la houlette de l'ami Benjamin Gilbert d'Aquaserge et de François-Xavier Richard de Le Bon Coin Forever .



Ricky qui compose les neuf chansons, chante, joue également de la guitare, de la basse et bien sûr de la batterie. Avec lui il a ses amis Vincent Mougel, guitare, basse et clavier, Mathilde Vrech au violon, Hugo Chaumet au saxophone. Pour l'album des invités sont venus y accrocher leurs talents, Arne Vinzon, Bertrand Burgalat au chant et moog, Sonia Zannad au violon, Thomas Pearce au violon alto, Bernadette Vincent à la flûte et aux choeurs Yohanna Nguyen.

Le magnifique album commence par un rayonnant morceau La vie te sourit où Ricky assure tous les instruments et nous comble d'une mélopée pop par excellence. Son texte rayonne à la Benigni et son parfum électronique léger qui flotte poursuit sur Prie pour moi, chanson où l'esprit taquin de Ricky fait solidement cavalcade. C'est un mélange d'ambiance bossa au groove sixties, sur des notes ensoleillées, voluptueuses jouées par Hugo au saxophone. On est dans le bain quand attaque le refrain de Salut, je ne te reconnais pas dont les mots sont censés montrer que la sympathie a toujours des barrières, notamment celle qui ouvre sur l'antipathie. Certains ne le savent pas, Ricky sait le rappeler en musique avec grande classe. Le gigotement idiot ne nous quitte plus quand Tu adores cette chanson entre en scène avec les effets de voix qui font des loopings et des vagues disco-pop délicieuses sur le tempo virevoltant et les violons dynamiques.



L'amour peut être, co-écrit avec le génial Arne Vinzon, offre la présence de Bertrand Burgalat égal à lui-même, majestueux, notre wonderman national au clavier et chant. Le groove très moderne accompagne un texte drôle et sensuel. La sobriété dans la voix se fait intime et caressante, sans dogme, sur Le bain de Minuit aussi séduisant dans l'instrumentation que dans les choeurs qui voguent sur le bruit des vagues. Le casque audio déambulant sur Le Modeste Album on découvre un Ricky aussi riche d'humilité que de personnalité riante. Il y a dans son univers musical du Katerine, du Gainsbourg et de la sunshine et baroque pop typée High Llamas ou la french pop de Tahiti 80, Robin Leduc, Pokett, Olivier Marguerit, Julien Gasc, Jérome Pichon, Flop (tous présents sur Piggledy Pop). Peu étonnant de découvrir que Xavier Boyer et Mehdi Zannad apparaissent de ci, de là dans le travail de Ricky Hollywood. Le musicien enchaine la rythmique bondissante avec basse, batterie et claviers vitaminés jusqu'au down tempo de l'ego surdimensionné de Tu te regardes qui compte la participation de La Féline pour un texte mordant 'je me regarde et je m'enlise lorsque je suis en analyse, je me regarde dans ton regard et ça me fout trop le cafard'. Le disque se conclut sur Trop de bruit à la construction alternative, dansante, qui évoque le sentiment du musicien qui tente de se concentrer sur son album dans les agressions sonores environnantes dont on ne manque pas à Paris. Une série de concerts et de festivals accueilleront Ricky Hollywood cet été. A vos tablettes!
RickyHollywood