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dimanche 17 décembre 2017

Peppermint B

Peppermint B est le projet de l'auteur-compositeur danois Steffen Westmark qui crée le renommé The Blue Van en 2003 pour signer avec ce groupe huit albums jusqu'en 2015. Ses chansons connaissent un grand succès et apparaissent dans des films, séries, publicités, quand les musiciens sont invités sur les festivals et des tournées aux quatre coins du monde. Le voici en cavalier, pas si solitaire, entouré d'excellents musiciens pour ce nouveau très pop et mélodieux projet. Peppermint B signe cette année le fabuleux Head Perfume de dix titres. Les influences vont des sixties aux années 90 accueillant Søren Stensby au violon de l'ensemble de cordes Mother Lewinsky, des cuivres assurés par Johan Bylling et Bjarke Nikolaisen, Christian Rindorf à la batterie, Søren Michael Koch à la basse et guitare acoustique, Christian Ki aux claviers et guitare, mixés par Steffen et Christian Ki Dall, masteurisés par Brian Lucey qui travaille avec The Kills et The Artic Monkeys.





Head Perfume est solide en mélodies, en rythmiques variées. Dansant, il offre des titres au comble de la pop et des thèmes qui réchauffent les coeurs. A son écoute, il délivre du sourire, de la musicalité efficace pour opiner du chef fébrilement et de manière addictive. La voix de Steffen, puissante, nous emmène dès l'introduction de New to Me au tempo virevoltant, évoquant des souvenirs frais et vifs. Les choeurs énergiques développent une atmosphère positive qui enveloppe illico les oreilles. La batterie galope combattante poursuivant de façon alternative sur It is Time où la mémoire revient élégante et harmonieuse, pour une ballade romantique proche de l'univers de Ben & Jason et de Wilco. Puis Amber Sun et son saxophone embarque vivement pour une promenade romantique gaillarde ornée du chant de Steffen ensoleillé et consistant. Quand la guitare brillante de Venus de Milo fait des étincelles c'est pour jouer un air soul, funk, qui accompagne des mots langoureux et amoureux. Le tempo taquin musclé, vitaminé, montre sur les mots chantés en français faisant écho au refrain que la sensualité est de mise. L'ambiance Saint-Valentin continue avec la magnifique mélopée pop Because We're Together où le tempo ondule, les guitares tourbillonnent sur des voix fondantes et entrainantes.



Les violons forment un ensemble émouvant sur la rythmique fantastique de Thinking 'Bout the Kid' pour parler de la peur d'un adulte qui devient parent dans le monde actuel. Le titre démontre tout le talent de composition de Steffen Westmark qui habille ses sentiments de sa voix tendue, touchante et rock'n roll. Cette impression se prolonge sur Clear your Mind au tempo endiablé, fort fringant avec son clavier psychédélique résolument impeccable. Quand arrive The Importance of a Kiss, c'est pour délivrer un moment de douceur et de délicatesse sur des harmonies sunshine-pop et un jeu de basse  chatoyant et des accords à la suprématie brit-pop. Cette bonne et belle sensation se retrouve sur le magnifique Friends, sur la batterie et les guitares qui font des pirouettes en balançant une mélodie scintillante qui cache une histoire amoureuse. Perfume Head, à mon avis un des meilleurs albums 2017, rend hommage à Lou Reed. Steffen assigne à l'artiste new-yorkais un caractère d'exception pour boucler son écoute admirablement.
PeppermintB





samedi 16 décembre 2017

Jeanes

A la manière de Donovan, Gruff Rhys, Nick Drake, des poètes John Keats, William Butler Yeats, Robert Burns, l'univers poétique, pastoral et musical de Russell Jeanes est fort émouvant. Jeanes est un artiste, qui transforme en beau tout ce qu'il touche: la poésie, la musique, le dessin, le graphisme et la réalisation de films décrit dans sa biographie comme un : "pastoralfolk songwriter, naturelover, poet...Over many years Russ squirrelled away a collection of poems, melodies, bird song and drawings. Morning's first breath in the trees, swans & geese in morning mists, chance meetings with fox, deer and weasel, 'the secret life of nature'."



En juin 2017, Jeanes fait appel à trois voix duveteuses et cristallines pour enregistrer l'EP Sleeping Leaves. Le disque commence donc avec le majestueux et amoureux Simple Jayne (With Morning Blackbirds) porté avec le grain de voix plein de charme et de délicatesse de Catherine Hershey, musicienne franco-américaine qui l'enregistre dans son appartement parisien. Le texte est inspiré par un article de Ian Macdonald sur Nick Drake disant 'sensitive young people often have a horror of being understood for fear of losing their uniqueness, and in the process finding that they are not as unique as they like to think.' La guitare est assurée par Scott Fraser et les arrangements par Tom Sidebottom présents sur les quatre titres. La chanson est un véritable nectar sonore, dont la poésie irisée est aussi attendrissante que sa vidéo signée de Russell Jeanes. Toujours avec le même enchantement, comme un moment qui nous fait voyager dans le temps passé enveloppé d'une innocence pure, la voix de Catherine continue de scintiller sur Barley hops and yeast et son atmosphère lyrique faite de champs, de domaines, de remparts fruités et sirupeux.


Puis c'est une autre artiste qui vient honorer de sa voix Smiles with Her Eyes. L'américaine Emily Grace Zornado offre son chant harmonieux, son talent au ukulele. Elle apporte de la mélodie aux mots de Jeanes qui entend un jour cette voix pour la première fois sur sa bicyclette, arpentant l'île de Ré, restant subjugué. Les chants d'oiseaux et le buzzing des abeilles apportent une note printanière à la chanson d'une beauté infinie " when the forming fruit rise, see the morning sun and tomorrow arrive, honey bees in fields of blossoming lakes, her skin awakes and she smiles with her eyes, then she arrives, says she is mine, when spring is high, lay down beside and see her smile with her eyes." Le dernier titre, le grandiose Trees Hug Bees, fait entrer une troisième artiste, Léa Decan qui enregistre sa voix elle aussi à Paris. Léa griffe le texte de son chant fleuri et parfumé qui parle d'une promenade matinale, quand les premiers rayons du soleil se lèvent dans le bruissement des feuilles et le balancement des arbres qui respirent et appellent les abeilles à venir les polliniser.

Dougie Harley
With Leaving Birds de novembre 2017 est une histoire écrite dans son cottage dans les bois du Yorkshire, qui parle d'un adieu sur les rives d'un loch écossais. Posée dans un décor automnal, avec la métaphore des oiseaux migrateurs qui partent vers d'autres horizons, elle évoque le départ d'un être aimé pour d'autres contrées. Elle est inspirée par Charles Morton, scientifique anglais du XIIème siècle qui fonde sa théorie sur les oiseaux qui migrent vers la lune et reviennent chaque année et par les légendes d'anciens marins qui croyaient que les oiseaux revenaient de l'espace pour atterrir sur leurs navires. Que ce soit dans les encyclopédies médiévales, chez Homère, ou chez Shakespeare, la migration des oiseaux, l'eau et la mer, inspire et inonde le monde littéraire. Jeanes a sa place évidente dans cette digne lignée.



Ce single, enregistré en Ecosse, ces mots magnifiques, touchants, sont interprétés par Dougie Harley. Autre artiste complet, l'écossais est également musicien, chanteur, designer et illustrateur. Sa voix chaleureuse et son jeu de guitare apporte beaucoup d'émotions et d'âme au texte splendide de Jeanes, le tout orné du talent de Tom Sidebottom aux arrangements de cordes. Les deux livres favoris de Russell Jeanes sont The Secret Life of Plants de Peter Tompkins et The Secret Life of Trees de Peter Wohlleben qui expliquent la communication et le mystérieux phénomène nourricier entre les arbres et les plantes. Avec le projet Jeanes, le poète auteur-compositeur anglais égrène la nature sur ses partitions avec une imagination et une inspiration envoûtantes à savourer au coin du feu pendant les fêtes de fin d'année ou au jardin bientôt quand le printemps s'engagera.
Jeanes
DougieHarley



Dougie Harley

dimanche 10 décembre 2017

Choir of Young Believers

Choir of Young Believers est le nom du projet musical mené d'une main de maître par l'auteur-compositeur  de Copenhague Jannis Noya Makrigiannis. Ses compositions sont dotées de partitions folk, agrémentées parfois d'arrangements pop symphoniques sur des textes diablement poétiques. Jannis se sépare de son premier groupe en 2006 et pour se consacrer entièrement à son inspiration et se recentrer sur sa création. Il s'exile un temps loin des amis et de son téléphone sur l'île de Samos en Grèce. Là, isolé quelques mois, il écrit l'EP Burn the Flag et de retour au Danemark en 2007, s'entoure de musiciens pour fonder Choir of Young Believers et enregistrer le disque, qui est suivi du majestueux album This Is for the White in Your Eyes en 2008.

L'artiste écrit et gère les arrangements de cordes, joue de la basse, de la guitare, du piano, du clavier, des percussions et chante. Pour fleurir l'instrumentation, dix musiciens l'accompagnent assurant la rythmique, flûte, trompette, batterie, violoncelle, violon, choeurs et piano. Le premier titre Hollow Talk est perçu comme un véritable trésor par la critique internationale mais aussi par ses pairs. Le morceau apparait dans la série Reign et comme générique de la série scandinave Bron/Broen (The Bridge) que je conseille chaleureusement. Son intrigue captivante est brodée autour du pont de 16 kilomètres, majestueux avec ses haubans les plus longs du monde, et sa symbolique historique, technologique, qui relie la Suède-Malmö au Danemark-Copenhague.




La musique de Choir of Young Believers est tendue, puissante et ambassadrice du style nordique. Le chant de Makrigiannis est aussi grandiose et envoûtant sur le second album de 2012 Rhine GoldSedated, Paralyse et Have I Ever Truly Been Here apparaissent à mes oreilles comme des pièces pop orchestrale fondatrices.


Puis Grasque (Græske, Grec en danois) parait en 2016, dévoilant les origines grecques de son auteur comme sur Face Melting, titre incroyablement beau et touchant qui foudroie d'émotions. Jannis est un sculpteur de mélodies et un auteur de grand talent qui sait dessiner ses montagnes enneigées, décrire l'atmosphère scandinave avec brio sur Under the Moon, Wintertime Love, The Wind Is Blowing Needles et Vaserne.
Grasque commence avec un hommage live aux russes de Moscou et leur accueil au stade Olimpiyskiy où Jannis offre un concert à l'affiche avec Depeche Mode en 2014. Puis Serious Lover est galbé cold-pop. Ecrit en 2009, son auteur le revisite façon synth-pop et l'enregistre live également. Vaserne est orné d'une instrumentation évoquant la Grèce mais parle pourtant de la petite ville au nord de Copenhague où Jannis grandit. Puis Face Melting et son piano magique déroule un tempo sensuel appuyé par le grain de voix caressant, hypnotisant, arrangé et écrit par les deux musiciens Jannis et son fidèle ami et producteur Aske Zidore qui s'enferment dans une ferme suédoise au fond des bois avec du vin et des synthés pendant une semaine. Il résulte de cette complicité Graeske, première chanson electro-pop créée par les deux acolytes.



Puis Jeg Ser Dig suit, avec son texte en danois, réussi et parfait pour la mélodie pop. Toujours sur l'inspiration métallique qui suit la rencontre avec Depeche Mode, Cloud Nine est aussi cristalline qu'électrique, mixée par le fameux producteur de Copenhague Flemming Rasmussen, parlant d'une 'just another World War'. The Whirlpool Enigma poursuit d'une manière logique dans le même esprit avec un saxophone, une basse et une guitare splendides. La guitare espagnole, les castagnettes deviennent effrayantes sur Perfect Estocada pour sabrer un Georges Michael détestable à une table de restaurant bousculant la serveuse parce qu'il avait ses humeurs. Le titre Salvatore rend hommage à Terence Trent D'arby que Jannis admire en continuant sans transition sur le très dansant et intime Gamma Moth et l'atmosphérique Does It Look As If I Care de 9 minutes. Ce dernier titre avec la voix féerique de Jannis, du funk avec Aske, magnifique à la basse, la pop ambiante et d'avant-garde, contient tout le style de Choir of Young Believers, indubitablement varié et exponentiel.
ChoirOfYoungBelievers



Joyeux Noël 2017


Hallé Orchestra 'Christmas Concerts 2017



Jose Gonzales-Gonzales 'Pancho Claus' (1964)




Dirk Darmstaedter 'Have Yourself A Merry Little Christmas'

Stag 'Another Christmas'




Belle and Sebastian 'Santa bring my baby back to me'

Train 'Mele Kalikimaka'



Ela orleans & idiot glee 'baby it's cold outside'

Les Bicyclettes de Belsize 'Christmas Card 1983'

Skinny Lister 'This Christmas'

ACDC 'jingle hells bells'

The Eastern Sea - walking in the air

Joan of Arc 'King Song'

The Grapes & Friends 'Christmas crush'

Girl Ray 'I Wish I Were Giving You a Gift This Christmas'

Stay In (A Holiday Song) by Army Navy



Students at the Norwegian University of Science and Technology Norway 'Little drummer boy'

John Lewis 'The Fox and the Mouse'


dimanche 3 décembre 2017

Skinny Lister

Ils me rappellent savoureusement les Pogues. Lorna Thomas, Daniel Heptinstall, Maxwell Thomas, Scott Milsom, Thom Mills et Sam Brace sont les Skinny Lister qui réveillent mon petit travers skinhead et me réchauffent les oreilles. Le groupe vient de sortir son troisième album, The Devil, The Heart & The Fight, toujours dans la veine vrombissante pop-punk. Les anglais viennent de finir une tournée européenne pour le présenter, remplissant les salles de Norvège, Suède, Finlande, Allemagne, Autriche, Suisse, Ecosse, Angleterre etc et partent en décembre aux Etats-Unis avec des concerts tous les soirs, sillonnant les routes de New-York à San-Francisco. Comme dit dans leur biographie "Leaping drunk in Hamburg, locked in a bunker in Berlin, tearing up the road from New York to Tokyo via everywhere in between, the non stop world of folk punk heroes Skinny Lister is broadening by the record. If their folk debut celebrated the sticks and their punkier second blinked in the bright lights of London, rocked-up third album, The Devil, The Heart & The Fight, has seen them go global."



Dan Heptinstall, auteur-compositeur et chanteur, explique que leur premier album Forge & Flagon de 2012 avait une atmosphère plus rurale quand le second Down On Deptford Broadway de 2014 sonnait plus urbain et typé 'centre de Londres'. Les six lascars du sud de Londres utilisent des instruments traditionnels comme l'accordéon, le tambour, la contrebasse, créent une ambiance vaudeville pop-punk et celtic-folk. Leurs chansons peuvent être autant rebelles, rock et punk qu'émouvantes et poétiques. Depuis la sortie cette année de The Devil, The Heart & The Fight, leurs concerts sont complets et ils déchainent les foules. Les Skinny Lister voulaient un album punchy, brutalement honnête et c'est réussi, son succès n'est pas volé ni commercialement construit. Usant leur roues sur les routes, le groupe va à la rencontre de son public, conquis et converti.

Le génial album attaque donc avec la rythmique franche et vaillante de Wanted qui d'emblée fait pogoter. Puis Geordie Lad est une vivifiante lettre ouverte de réconciliation adressée à Dan l'ex-bassiste du groupe qui regrette son amitié. Engageante, diablement rythmée et arrangée, la qualité transite sans cesse dans l'instrumentation. L'histoire de Thom, le batteur, qui devait se marier et dont la fiancée a annulé la cérémonie est racontée dans Tragedy in A minor au tempo grandiose, batterie et accordéon incisifs à souhait "The day she left me, she never looked so lovely, And as she walked away, the thunder gathered above me, The day she left me, I swear she never looked finer, The day she left me, a tragedy in A Minor".



Puis Devil in Me, assurée par Lorna au chant lacté, offre une mélodie pop accrocheuse semble bucolique au prime abord mais son texte offensif dit qu'il est préférable et conseillé de faire partie de ses amis que de ses ennemis "The devil in me will come for you and you’ll realise that to cross me was unwise". Sur le même schéma, Injuries est virevoltant de rythmes, d'arrangements charismatiques pour mettre le thème de la musique, de la danse, de ce qui fait vibrer la corde sensible de Daniel en avant, tout comme Reunion, magnifique chanson amoureuse. Quand Beat it from the chest revient avec un profil traditionnel, on tape fébrilement du pied gagnés par l'envie de chanter en choeur avec les compagnons Skinny Lister. La même sensation nous tient sur Hamburg Drunk avec sa vertu festive nourrie de sa potion magique pour l'envie de reconquérir nos contrées. Tandis qu'on fredonne à cloche-pied sur nos fortifications, les Skinny continuent à enchanter avec Grace en évoquant l'inspiration et la créativité sur des guitares et un accordéon débridés et joyeux. Le titre Charlie parle d'un ami de Daniel originaire comme lui de l'East Yorkshire, avec seulement une vingtaine d'années, qui vient de décrocher un rôle dans une série à Hollywood et sera bientôt sur nos écrans "Just take a look at Charlie, Like Steve McQueen he took the jump, Look at him go that could be us, Have to admit the boy done good". Puis Fair Winds & Following Seas, phrase traditionnelle lancée aux marins en guise d'adieu pour porter chance, peut être chantée façon régiment vigoureux et de bonne humeur. Dans le sillons des Dexys Midnight Runners, les instruments libérés reviennent en force sur la fin de disque avec Carry et sa sensibilité mélodique. Skinny Lister délivre un formidable The Devil, The Heart & The Fight viscéral, inspiré et communicatif.
SkinnyLister





samedi 2 décembre 2017

Kommode

Kommode est le projet du norvégien Eirik Glambek Bøe des Kings of Convenience et son excellent compère Øystein Gjærder Bruvik. Je les évoque en juillet dernier par ici : KommodePiggledyPop2017
"Kommode déboule comme une météorite 'dance-music' en 2017 avec le premier titre Fight Or Flight Or Dance All Night. Tout est dit, c'est plutôt clair quand on se penche sur les paroles. En ce début de mois de Juillet, la gourmandise reste affûtée avec la présentation du deuxième titre qui paraitra sur l'album Analog Dance Music, le fabuleux Captain of your Sinking Ship. Dans les deux morceaux, la brise pop norvégienne est porteuse de bossa, de jazz, d'un tempo dance-pop orné de sunshine pop, mêlant des mélodies joyeuses pour des thèmes moins drôles, ce qui facilite le message. La définition du label Brilliance Records s'accorde parfaitement au sentiment qui saisit à l'écoute des titres : "Kommode succeeds in creating music that would be the ideal soundtrack to a midsummer’s party, surrounded by friends, kissed by the sun, wine in hand, overlooking the ocean in the south of France."



Avec Øystein à la guitare, au chant et Anders Waage Nilsen à la batterie, Eirik propose un fort harmonieux Analog Dance Music de dix titres paru le 18 août 2017. Les thèmes des chansons sont abordés avec un optimisme funky qui fait simplement du bien. Le plaisir à son écoute est amplifié par la propreté de la production et l'homogénéité des ambiances, des rythmes. Cousues d'or disco-pop, non seulement ce formidable album fait danser mais fait aussi réfléchir et fléchir avec ses textes finement écrits.
L'émotion se déclenche dès les premières notes de Shoes. Les guitares sensuelles déroulent une mélodie délicate accompagnée de la basse en guidant l'instrumentation. Toutes les pistes sont ornées du tempo varié et enrichi avec talent par Anders. Sorti en single Captain of Your Sinking Ship fait scintiller la trompette au son boogie sur les images des 'feet' et des 'shoes' pour évoquer une relation sans lendemain. Lady-logic est aussi une déclaration intime sur les faiblesses et les secrets qui mènent au conflit, sur une rythmique galopante portée par un piano frétillant. Le cuivre de la trompette revient élégant et offensif sur le monumental Fight or Flight or Dance All Night qui fait swinguer les armes, le feu, le métal en contraste avec la danse et la musique. Suit dans le même esprit le virevoltant et langoureux The Ink in the Great Book of Music, un morceau instrumental qui s'exprime par son tempo, ses notes, sa mélodie panachée et galbée. Puis Not The Bigger Picture poursuit sur un groove subtile, irrésistible. Une dizaine de musiciens de Bergen, certains du groupe Kakkmaddafakka, sont invités pour les cordes, les cuivres et les claviers à participer à l'élaboration de l'album. Leur présence, comme celle du saxophoniste Michael Barnes, ajoute un plus aux thèmes d'actualité mondiale imagés par le biais de la musique et de la danse, en écho au titre de l'album.



Agent aime la marche mais pas les questions, use ses chaussures sur le bithume, offrant ainsi une jolie métaphore à l'optimisme. Les riffs, les beats, subjuguent comme la basse hypnotique de Houses of Birds où les mots cinglants de réalisme définissent les esprits étriqués. Après l'énonciation vient la confidence de I feel free. Les cuivres valsent avec la basse de manière époustouflante sur la voix d'Eirik, somptueusement chaleureuse et entrainante qui exprime sa liberté dans la danse, dans les mouvements du corps et de la musique "Despite the efforts no one's nonsense can be heard, But some will say it's time to turn the music up... no one cares what I do, They are all like me, they sing". La vision lumineuse et positive qu'a Eirik du monde qui l'entoure sur Come on, Sense! n'est pas floue, au contraire. Il la cible si bien qu'il peut la contourner avec lucidité et avec son don pour la composition, l'interprétation, son lyrisme et sa poésie groovy "Hey listen, when I'm talking of the world I've seen outside, Hey listen, I keep talking, I will try to make you feel alright". Eirik ce sacré auteur-compositeur, diplômé en psychologie, délivre avec Kommode un premier album fantastique qui marque au fer son parcours d'artiste.
Kommode
kakkmaddafakkaPiggledyPop2010
KingsOfConveniencePiggledyPop2009



dimanche 26 novembre 2017

Brighton

Brighton nait suite à l'invasion des saxons en 450 après Jésus Christ. Pendant le Vème siècle, ce peuple germanique fonde sur l'île trois royaumes, l'Essex, le Sussex et le Wessex. Pour le reste de l'île, habitée par les bretons dirigés par le roi Vortigern et des peuplades indigènes, ce sont les Angles, autre peuple germanique formé de mercenaires sanguinaires, qui arrivent au Vème siècle. Les anglo-saxons posent alors leurs valises, l'Angleterre prend forme... jusqu'à l'invasion normande (vikings ) au Xème siècle. Etant normande, notre Histoire est intimement mêlée, grâce à Guillaume-le-Conquérant et Richard 1er dit Sans-Peur.
Pour situer l'époque par rapport à notre Astérix, c'est un peu après les gaulois, dixit la page de garde de la BD : "Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non. Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours et à l’envahisseur…".




Donc Brighton, connait quelques invasions, quelques dommages, d'abord naturels, avec l'érosion de ses falaises, puis collatéraux, avec les français qui brulent la ville au XVIème siècle. La magnifique bourgade se remet debout et des maisons à pans de bois fleurissent. La pêche ravive les âmes et le quartier des pêcheurs avec le Regency Terraces connait une belle notoriété. Le XVIIIème siècle sera donc pour la jolie Brighton une période de prospérité. Les bains s'y développent, le bâtiment le plus fameux, le Pavillon, est érigé par le prince Régent en 1783 (toujours selon le calendrier grégorien) et petit à petit, son profil se dessine. Brighton devenue station balnéaire prend le nom de la 'Fulgurante'.




Bien que certains la surnomment 'la Londres du bord de mer', au fil du temps, les artistes quittent la capitale et s'installent à Brighton. Pour bien connaitre les deux villes, j'avoue ne pas comprendre cette appellation. Les deux villes n'ont absolument rien à voir. L'une est clairement orientée sur le profit de manière sombre aux dépens du passé, l'autre fait rayonner ses valeurs, son histoire, son air iodé et ses blanches falaises. Le chemin de fer installé en 1841 aide beaucoup. Le siècle qui suit voit sa population passer de 7000 habitants en 1800 à 120 000 en 1900. En 1850, la ville comptabilise 250 000 touristes par an et la Sunshine Line prend son envol. La très connue West Pier est construite en 1866 et la Palace Pier en 1899. La première a été éprouvée pendant la tempête de 2002, puis incendiée (décidément!) en 2003 pour finir en morceaux dans la mer sous l'épreuve du climat, de l'apathie, voire du mépris. Il subsiste des ruines aujourd'hui et sa grande soeur, la Palace Pier, est la jetée la plus renommée d'Angleterre.



Le parc national des South Downs constitue un des charmes de la région avec ses falaises dont les plus attrayantes sont les Seven Sisters avec ses villages, ses cottages, ses boutiques vintage, ses antiquaires et son petit secret bien gardé et privilégié : sa dégustation de vin blanc pétillant au coeur des vignes qui jalonnent les falaises de Ridgeview. Ses collines recèlent d'autres secrets comme ses caves à fromage où les babines explosent de plaisir avec le Blue Brighton qui va comme un gant au blanc de blanc Ridgeview. Le Brighton & Hove Food & Drink Festival a lieu tous les ans début novembre. Un des villages pittoresques à visiter est celui de Rottingdean avec ses maisons à colombages du XVI et XVIIème siècle où Rudyard Kipling trouve du calme pour sa famille et l'écriture de 1897 à 1936 (Le livre de la jungle).



La Brighton de Lord Alfred Douglas est romantique, électrique, bourrée de charme et ses maisons offrent un cadre de vie de qualité. Le climat est aussi doux que passionnant. Les écrivains, peintres et musiciens aiment y vivre. La ville les inspire. On y trouve des galeries d'art, des lieus pour résidences, des ateliers de céramiques, de bijouterie, de peinture, de sculpture, de couture. La création y bat son plein. En ce qui concerne la pop musique, des figures du style y ont leurs dépendances comme Nick Cave, Paul McCartney, British Sea Power, Primal Scream, David Gilmour des Pink Floyd, The Go! Team, The Maccabees, My Federation, The Electric Soft Parade, Emiliana Torrini, Noel Gallagher, l'excellent Gaz Coombes de Supergrass. En 2001 le festival Big Beach Boutique point et on invite l'enfant du pays Fatboy Slim pour inaugurer cette fête sur la plage. La nuit tombée sur la station balnéaire, Fatboy en 2002 réunit sur la plage de galets 250 000 personnes. Comme pour Copenhague, je trouve un air pop à Brighton et les villes qui m'inspirent d'aussi bonnes sensations seront sur Piggledy Pop. Copenhague



samedi 25 novembre 2017

Talma

Talma est un jeune groupe qui vient d'éclore avec un premier EP en 2016 All Roads Lead Home et depuis hier, le nouveau single Lifeline. Originaire de Londres, les cinq garçons, James Creed à la guitare, chant et clavier, Henry Adams au chant, Jack Louis Rennie à la guitare et chant, Pete Warren à la basse et Jonny Harrison à la batterie font revivre et vibrer ce rock anglais qui avait rangé les guitares au placard. Ils sillonnent les scènes et subjuguent en live. Amateurs des Smiths et de Bowie, il y a dans leur style des réminiscences de ces artistes, comme un témoin lyrique et rebelle passé de main en main. Surtout, ils remettent au goût du jour le genre britpop chargé de guitares, gavé d'énergie, du pur rock'n roll. Depuis une semaine, Talma est de retour en studio pour offrir de nouvelles mélopées décapantes dans les jours prochains.



Les thèmes évoqués oscillent entre la mémoire, les temps passés et l'actualité parfois agressive comme souligné sur Lifeline ; Adam: "Lifeline explores the juxtaposition of being surrounded by millions of people – for us, in London – but still feeling a sense of loneliness every day. There are moments where it seems no-one can see you, yet everyone is watching you. This paranoia can drive people away from the city, and so we look for lifelines to tether us to the places we try to call home". En juin 2017 sort Heads Down, court, incisif, efficace sur à peine deux minutes. Les anglais dégagent une énergie fracassante sur un temps restreint. Un coup de 'masters' qui suit Semaphore, Figures, Standing Around, Cave, All Roads qui constituent All Roads Lead Home et préfigure, augure une suite bien brillante que je suivrai, évidemment.
Talma





dimanche 19 novembre 2017

Le parapluie

Le parapluie n'est pas un groupe de pop mais un objet portable qui comporte une canne et un dispositif à baleines. Son existence remonte à la Grèce antique. 
Les ombrelles fleurissent plus tard à Rome pour se protéger du soleil. Objet précieux, n'a pas une ombrelle (ombrello en italien est une petite ombre) qui veut. Le mot grec "para" signifie "se protéger contre" et le nom "pluie" vient du mot latin "pluvia".



Le parapluie est surtout utilisé en France dès le début des années 1620. Contrairement à la légende, nos cousins gentlemen anglo-saxons, l'adoptent un siècle plus tard. Jusqu'à la fin du 18ème siècle, c'est en France que l'ombrelle qui sert autant pour le soleil que pour la pluie, connait un grand essor. C'est encore un français, Jean Marius, qui invente le parapluie pliable en 1705. Toujours côté français, la fabrication des parapluies est à son apogée en 1850 en Auvergne, à Aurillac et outre-Manche, c'est à Sheffield que Samuel Fox confectionne le premier l'instrument, vers la fin du 19ème avec peine car le dédain des anglais pour le parapluie est tenace très longtemps.



Des ébauches de parapluie existent en Auvergne dès le moyen-âge où les dinandiers travaillent des morceaux de cuir pour les poser sur du bois des forêts cantaliennes. Au fil du temps, des passages des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, qui rapportent ce cuir aux auvergnats, ceux-ci iront même jusqu'en Espagne vendre des chevaux pour rapporter des toiles de coton. L'ombrelle se transforme en parapluie. Anne de Bavière le démocratise en 1712 et lance la mode dite des «parisiennes». Le parapluie est chéri en France, à Paris, où éclosent les premiers ateliers. On lui porte une bien belle attention quant à sa manipulation et à son entretien. Différents matériaux l'habillent au travers du temps, taffetas huilé, alpaga, dentelle, coton, soie et pour les cannes, du hêtre, du chêne, du charme, châtaignier et acier trempé pour le U de Paragon en guise de fanon de baleine.

Dans la capitale les parapluitiers s'activent dans leur travail artisanal, du fait main appuyé par celui des raccommodeurs. Légers ou résistants, les ombrelles, les parapluies, les parasols sont en demande pour plus d'élégance, de luxe, de fantaisie et bénéficient d'une grande popularité au sein de notre pays du 18ème à la fin de la seconde guerre mondiale. La parasolerie depuis perd de son panache en adoptant le polyester et des matières plastiques. Les pépins perdent de leur peps.



Il reste en France cinq ateliers de confection de parapluies. Ces métiers font partie intégrante de l'identité, de la culture française et ne doivent pas disparaitre. Du parapluie 'Paris sous la pluie' de Gustave Caillebotte, du 'Femme à l'ombrelle' de Claude Monet à celle qui flotte dans votre verre à cocktail, tout bon foyer français qui se respecte a son parapluie. ParapluieParis est une marque française qui résiste faisant encore à la main des objets magnifiques, la parasolerie Heurtault dans le XIIème, les deux fabricants aurillacois Maison Piganiol et Sauvagnat, Guy de Jean à Versailles, sans oublier feu Le Verel de Lyon, la marque 'parapluie de berger en France' de Pau et bien sûr, les ateliers de Cherbourg qui brillent d'excellence. Avant le film de Jacques Demy de 1963, Les Parapluies de Cherbourg, il n'y avait aucun parapluie à Cherbourg. Le succès du film a fait naître l'idée à Jean-Pierre Yvon d'installer des ateliers de fabrication en 1983 pour in fine déposer en 1986 la marque 'Le Véritable Cherbourg'. Y naissent des parapluies 'made in Cotentin' de matières nobles, de tissus luxueux, de manches en bois portant les armoiries de la marque.







samedi 18 novembre 2017

Morrissey

Morrissey grandit de jour en jour et devient un des seigneurs d'Angleterre en musique pop. Son nouvel album Low In High School sort hier le 17 novembre 2017. En citant une des répliques du film 500-Days-In-Summer, je dirais 'I love The Smiths'.
Morrissey dit 'Moz' nait en 1959 à Manchester et fonde le groupe The Smiths en 1982. Du haut de ses 23 ans, l'auteur-compositeur impose sa griffe. Avec Johnny Marr, immense autre seigneur de la pop avec qui il mène The Smiths jusqu'en 1988, ils ne cessent depuis presque 40 ans de chatouiller l'excellence. Amoureux de Jack Kerouac, Byron, Oscar Wilde, Moz est un des derniers artistes à écrire des chansons intelligentes, brillantes et touchantes. Rebelle élégant et sensuel, le romantique rock'n roll, le hooligan de la pop, écrit sa biographie en 2013 pour laquelle les fans feront la queue pendant 30 heures le jour de sa parution . Le film biopic England is Mine vient de sortir avec un prix au Edinburgh International Film Festival.



Avec sa renommée internationale, sa carrière magnifique, Morrissey ne désarme pas et poursuit parce qu'il aime la scène, ils aiment ses fans, il ne peut pas vivre sans écrire des chansons. Peu me chaut si certains clament que Morrissey sans Johnny Marr n'atteind pas le niveau exemplaire de la discographie des Smiths, je deviens de plus en plus fan de Morrissey. Je le découvre tardivement, le vois toucher les cimes en matière de composition et de chant. Enigme, légende, guide, référence, leader, tous les adjectifs sont dégainés et quand j'écoute Low In High School, onzième album en solo, j'entends une analyse philosophico-politique, un point de vue sur l'actualité auquel j'adhère. Moz déroule sa clair-voyance et son caractère avant-gardiste sur 12 titres. Ils commencent par le grandiose My Love, I'd Do Anything For You qui pose le décor 'Teach your kids to recognize and to despise all the propaganda, Filtered down by the dead echelons mainstream media'. Les guitares électriques, les trompettes et trombone sonnent pour alerter sur ce qui nous pend au nez. L'album est enregistré à cheval entre Paris et Rome avec à la production, le remarquable Joe Chiccarelli. I Wish You Lonely est aussi combattante et rythmée. Les synthétiseurs sont éclatants sur Jacky's Only Happy When She's Up On The Stage. La mélodie y est révoltée, alimentée par des samples et une batterie haletante. Trompette et guitares sont de la partie pour accompagner le chant plein et solide. La fermeté et la fragilité se rencontrent sur Home Is A Question Mark, où Moz cherche toujours son endroit, son 'home' après des années passées loin de Manchester vivant entre Los Angeles et Rome.



Les claviers rivalisent sur Spent The Day In Bed où l'anglais préconise d'arrêter de regarder les news à la télé. Morrissey ne lâche donc rien. Il n'aime pas la bêtise, les idiots, qui nourrissent les médias et les gouvernants, une entité qui cherche le chaos. Son bel entêtement glissé dans des métaphores resplendit aussi dans le tempo. Les arrangements ficelés rock continuent sur le sarcastique I Bury The Living où les cordent électrisent la basse sur le grain de voix puissant et offensif. Ce titre est magnifiquement soutenu, alternatif, interprété avec un talent inoui. Ca balance et donne du mordant sur le piano et les échos inquiétants de In Your Lap où le sens critique de Moz apparait fort lucide, courageux. "The Arab Spring called us all, The people win when the dictators fall, I heard a bang and an almighty crack, And I just want my face in your lap, The people sing when the warlords all burn, Do not feel sad, it's simply their turn, They tried to wipe us clean off the map, And I just want my face in your lap". De manière logique, le titre The Girl From Tel-Aviv Who Wouldn't Kneel suit, typé tango où la danse évoque l'étrange insouciance et légèreté d'un pays qui vit entouré de pays amis qui distribuent du pétrole. Puis la pop fleurit sur la rythmique virevoltante, les guitares monumentales de All The Young People Must Fall In Love, splendide titre incisif et musclé d'ironie 'à la Moz'.



Quand When You Open Your Legs joue son air oriental c'est pour repartir à Tel-Aviv avec des violons qui ornent une instrumentation formidable. Le titre fulgurant Who Will Protect Us From The Police? poursuit dans l'orchestration animée de synthétiseurs, de cuivres, de guitares pour former une chanson incroyablement énergique grâce à un Morrissey plus passionné que jamais. Israel termine l'album d'une façon troublante et belle. Le texte beau, blindé de symboliques, est à comprendre absolument. Une fois le sens saisi, on ne peut que dire merci à Monsieur Morrissey pour sa finesse d'esprit, sa mélodie jouée au piano pour plus de solennité, de responsabilité et pour sa voix. Les dernières notes offrent en arrière plan, très lointain, un chant liturgique chrétien pour conclure Low in High School ; Un retour aux racines. Le grand Morrissey émeut, par sa force, son charisme, sa musicalité et sa résistance flamboyantes.
Morrissey



dimanche 12 novembre 2017

Satellite Jockey

Satellite Jockey est un groupe français basé à Lyon né sous l'impulsion et l'écriture de Rémi Richarme en 2010 (chant, basse, guitares, sitar, banjo) . Il crée le groupe à Brest où il fait ses études d'ingénieur du son et c'est là qu'il rencontre les musiciens Thibaut Le Hénaff (guitare, trompette), Clément Sbaffe (guitare, violon) et Antoine Nouel (guitare). En ajoutant le batteur et la chanteuse, le groupe signe l'opus Trembling in the night en 2011. Les influences, multiples et belles, sautent aux oreilles. Le rock et la pop des années 60 et 70 se glissent joyeusement dans les chansons qui sont malgré tout singulières et véhiculent un style propre alternatif et peu commun. La particularité première de Rémi est de créer la surprise dans ses compositions faisant montre d'une richesse de références musicales, garage, baroque, new wave, psyché. Le nom du groupe vient du groupe anglais des années 60 Nirvana et de leur chanson Satellite Jockey.
Suit l'EP Looking for a shelter en 2012 avec le somptueux Sometimes qui ouvre le disque et Stars qui parait en 2013. Le troisième album Falling parait en 2015 avec la nouvelle chanteuse Pauline Le Caignec (piano, clavecin, orgue) et le nouveau batteur Florian Adrien, le groupe ayant quitté Brest pour revenir s'établir à Lyon.



Au printemps 2017, Satellite Jockey offre l'album Modern Life vol​.​1 avec comme pochette une très belle estampe colorée. Le décalage avec la vie moderne démarre sur les chapeaux de roue dans le premier titre ingénieux Copernicus. Dès l'attaque des accords de guitares, c'est un plongeon pop sur des harmonies de voix sixties avec des loopings délicieux dans les gammes de la basse grandiose. On songe aux Beatles, Kinks, The Incredible String Band, Syd Barrett ou Small Faces, Animals et Yardbirds quand Misery arrive sur la platine. Tambourin et orgue psychédéliques s'allient aux guitares pour envahir les oreilles d'un tempo vitaminé. La rythmique virevolte légère et ornée des cordes sautillantes sur She Came Out of Nowhere où la voix de Rémi croone savamment, portant le titre. La minute suivante est un titre ensoleillé de bossa pour un break saupoudré d'orgue et de 'lalala' avant un très beau Long is the Road aux arrangements seventies. Opacity et sa mélodie planante, sur basse et clavecin hypnotiques, fait une escapade moderne et cosmique rappelant le titre d'album. Quand Inside à la silhouette Pink Floydienne de nouveau envoûtante par le grain de voix et les accords ascensionnels et alternatifs, offre du psyché, du groove, du rock dans le jeu des guitares.



Les titres chantés en anglais sont honorés par un accent irréprochable. Le fabuleux Hide from Love avec sa mélodie pop, sa batterie scintillante et son texte en mouvement s'allient pour donner du relief et de l'allure au titre dansant. Satellite Jockey enchaine sur un somptueux The One Who Dares, chaleureux et sensuel avec la présence du sitar, le swing élégant de la flûte, agrémenté du mariage des voix au psychédélisme panaché efficace. Pour conclure le formidable album les titres United Nations, qui offre une orchestration fournie de violons, guitare acoustique, comme un plaisir millésimé qui ferme l'écoute est suivi du sémillant Modern Life. Tel un carton d'invitation à la nostalgie, les arrangements pop sixties de clavecin, violons, trompette et basse reprennent La Marche des Turcs de Lully sont un régal sur cette fin de disque rappelant le décalage du début. Rémi Richarme aime autant le classique que le rock et son bon goût, ses gages d'auteur-compositeur de qualité s'imposent, explosent sur Modern Life Vol.1. si bien que dans mes oreilles, Satellite Jockey devient sacrément addictif.
SatelliteJockey





samedi 11 novembre 2017

Sans Chateaux

Je gardais secrètement Aspendale sous mon parapet depuis deux ans mais Sans Chateaux n'est pas destiné à rester cloîtrer à l'abri de toutes les oreilles. Au contraire, l'artiste irlandais au talent exponentiel mérite toutes les attentions et est d'un naturel très sociable. Austin Moore vient du comté de Cork, de Midleton, il reste pour ses études en Australie en 2013 où il écrit ses chansons et rentre en 2015 pour les enregistrer en Irlande avant de repartir finir son doctorat en France.
J'ai chroniqué Sans Châteaux sur Piggledy Pop il y a 3 ans, enthousiasmée par le projet nourri de clarinette, violon, de trompette, guitare et instruments celtes comme le banjo et le fiddle. Je le rencontre le 14 novembre 2015, veille d'une journée noire. On prend une terrasse parisienne et nous discutons de son parcours, romanesque, jonché d'expériences culturelles hors-normes pour son jeune âge qui lui donne un profil fort noble. Il me confie alors Aspendale, fabuleux album qui paraitra un an plus tard, le 11 novembre 2016.
SansChâteauxPiggledyPop2015



Ses titres sont enregistrés avec guitare, piano, rythmiques qu'il assure lui-même avec son ami Patch qui vient orner le tout de violoncelle. La personnalité d'Austin habille les morceaux arrangés avec délicatesse et brio comme le montre Aspendale. Les harmonies riches se mélangent subtilement au chant qui s'extrait sur A Science / Metaphor, épais en musicalité. Les arrangement d'une douceur exaltante apportent des sensations souriantes et les mélodies bouillonnent d'excellence. A l'écoute de Fiction Can Be Heavy, Austin dévoile un don évident pour la composition et sait en bonus, orchestrer avec intelligence ses partitions de voix qui fleurent bon l'Irlande avec ses mots qui font des roulades sur les pentes moutonneuses de bruyères pour se languir enlisé de mousse verte, brin d'herbe coincé entre les dents. Puis la guitare folklorique embellit A Wilting Lilt, A Comma Hangs, sur le grain de voix cristallin doublé d'une orchestration proche de la veine Nick Drake. L'élégance est de mise, la spontanéité resplendit autant que le travail et la réflexion sur l'avancée des notes dreamy et sunshine pop de l'amoureuse What Are We But Compounds ? Puis Søren nous emmène dans la poésie du piano qui accompagne voix et guitare classique.



On pense au folklore nordique, au tempo ensoleillé des Beach Boys, au sentimental de Scott Matthews, à la jovialité des Belle and Sebastian en sautillant sur Stuff Unknown. La balade Post-Columbus rythmée par le génial violoncelle et le chant aiguisé d'Austin délivre un message sensuel limpide avant de semer des particules de regret sur Peak, Descent. Le piano revient mélodique sur The Happiest Age, The Most Disengaged et la rythmique émanant du bois, des cymbales et des cordes tendues nous accroche, nous envoûte. Le mixage des instruments est impressionnant, la production un travail de joaillerie. Sans Chateaux continue de m'époustoufler avec On Distance, alternatif, simplement beau et brillant avec un texte somptueux qui si on se penche dessus peut faire perdre pied. L'alternance construite n'est pas seulement dans l'instrumentation mais aussi dans les oscillations de voix. Le mouvement créé du remous et des sensations fortes dans le titre qui suit, Where These Feelings Missing, qui happe et impose des émotions. Aspendale se termine sur un morceau que j'ai aimé il y a des années déjà, Peregrination, dont le mélange de mots, les sonorités magnifiques et intemporelles révèlent un Sans Chateaux intense et un musicien au domaine étendu. SansChâteaux



dimanche 5 novembre 2017

Peter Perrett

J'écoute Peter Perrett & The Only Ones en permanence, parce que chaque mot chanté m'électrise, chaque note jouée me trouve. Le poète signe l'album How the West Was Won l'été dernier, produit par Chris Kimsey (Rolling Stones) entouré de ses deux fils Jamie à la guitare et Peter Jr à la basse, tous les deux ex-membres des Babyshambles et leaders de Love Minus Zero. Essentiel et époustouflant, ils comptent sur Jake Woodward à la batterie.
L'élégance débonnaire, la poésie rock'n roll, sa voix qui claque, son esprit sarcastique, tout me séduit dans l'univers artistique de l'anglais. Il apparait avec The Only Ones en 1976, ses chansons power-pop punk connaissent un succès fulgurant puis suit un hiatus de plusieurs années. Il crée The One dans les années 90, fait des apparitions sur scène avec les Libertines en 2004 et relance The Only Ones en 2007.



Finalement, c'est sous son nom qu'on retrouve le grand auteur-compositeur à son meilleur avec le fantastique 10 titres How The West Was Won paru en juin 2017. Alors que certains médias le surnomme l'Homme Fatal, il y a effectivement, sur ce point je suis d'accord, l'âme du Velvet Underground qui vient visiter vibrante chacun des morceaux. Cela ne peut que me réjouir. Cette évidence apparait dès les premières notes de How The West Was Won. Mélodiquement, c'est sublime et fort. Sur le plan de l'écriture, c'est grandiose. On retrouve les métaphores du génial Perrett, chantées avec panache et classe. Son sentiment balaie l'Ouest jusqu'à l'Est, culture et politique sont chiffonnées, en casant l'amour et l'humour au beau milieu. An Epic Story entre en scène pour un régal pop alternatif de trois minutes où Peter subjugue sur les guitares, basse et batterie somptueuses. Le bijou pop est une déclaration d'amour touchante qui donne envie de danser frénétiquement. Ses mots impétueux, au toupet rieur portés par sa voix rock'n roll et sensuelle à la fois, toujours vive, apportent une allure puissante supplémentaire. La littérature, les livres sont présents, alliés à la musique comme sur Hard To Say No, belle balade temporisée par les guitares et les choeurs pour dénoncer les indécis, les petits courageux planqués. Puis la magnifique Troika évoque un amour unique et ultime manqué, sur des accords en guise de boulet de canon indie-pop. La mélodie endiablée par la guitare électrique impressionnante devient sérieuse sur Living In My Head pour évoquer les délires et leur dangerosité frontale, idée poursuivie sur Man Of Extremes. Ce titre fabuleux fait bouger la tête, les bras et les jambes, si vous êtes assez sensibles, avec sa basse fulgurante et un texte tranché, beau, plein de vérité et de réalisme "If we could be reborn, And start it all again in unrelated times, Far from the raging storm, With no need to depend on a life of crime, Though it's justified, it's a sick society, There's no place left to hide, There's no place left to be free. "



Les notes majestueusement velvetiennes de Sweet Endeavour arrivent aux oreilles et cela devient difficile de maitriser ses mouvements. La mélodie galope et bondit sur les neurones en faisant valser les cordes et les caisses de batterie sur le chant absorbant, lucide, brillamment ajusté. Le romantisme vient habiller un texte fort émouvant, sur C Voyeurger qui emmène en voyage dans son intimité. Son auteur avoue ses sentiments les plus sincères et qu'il n'aurait jamais dû monter dans ce train...
La rythmique remet le pied à l'étrier sur Something In My Brain, à l'instrumentation rock psychédélique fière, solide de métaphores pour évoquer drogues & co comme Lou Reed employait le même talent pour parler du sujet. Take me Home ferme le rideau rock et pop underground avec ses arrangements de claviers sublimes, ses échos dans les guitares et les mots de Peter qui offrent des frissons garantis saignant d'encre pour écrire sur la guerre. Peter Perrett ne change pas, il rajeunit parfois, à croire que son don pour composer est une cure de jouvence. L'artiste nous lance un How The West Was Won énorme de qualité et frappe fort. Même si je le vénère déjà, Peter Perrett gagne définitivement mon admiration.
PeterPerrett



The Only Ones 1979 - Another Girl Another Planet


samedi 4 novembre 2017

The Blow Monkeys

Sorti le 6 octobre 2017, l'album The Wild River est le dixième des anglais The Blow Monkeys qui signent des mélopées pop groovy et engageantes depuis 1984. C'est Animal Magic de 1986 qui après Limping For A Generation offre une renommée au Blow Monkeys grâce au pouvoirs surnaturels d'auteur-compositeur du leader Bruce Robert Howard alias Dr Robert, accompagné de Tony Kiley à la batterie, Mick Anker à la basse et Neville Henry au saxophone. Que serait la pop des années 80 sans le fameux saxophone et les vestes flashy avec des escalopes de veaux en guise d'épaulettes? Je ferme la parenthèse carnivore pour revenir aux albums signés comme She Was Only A Grocer's Daughter en 1987 suivi en 1989 de Whoops! There Goes The neighbourhood et en 1990 Springtime For The World. The Blow Monkeys font une pause de presque vingt ans avant de revenir rutilants comme des sous neufs en 2008 avec Devil's Tavern, suivi de Staring At The Sea en 2011, Feels Like A New Morning en 2013 et If Not Now, When? de 2015 que j'adore. Bizarrement, ce dernier album est quasiment passé inaperçu alors qu'il est génial. Les arrangements ciselés de cuivres et d'ensemble de cordes sont tantôt rock, ou pop avec des shalala et des papapa très galbés. De plus les textes sont touchants, londoniens jusqu'aux bouts des doigts, déclinant les sentiments et les sensations de musiciens qui ont touché les étoiles.



Avec The Wild River dans les écouteurs, The Blow Monkeys réussissent à faire voltiger des particules stellaires et les maintiennent en suspension tout le long des titres savamment pop, soul et funky qui commencent par le magnifique Crying for the Moon. What in the World distribue entre les violons sensuels et le saxophone suave une mélodie chaude et rythmée. L'orchestration soul rayonne sur la voix splendide et cotonneuse de Robert Howard, majestueux. Les cordes pincées sillonnent le titre pour donner du mouvement et de l'allant. La flûte savoureuse bossa et boogie de On the Wings of the Morning habille les mots amoureux et le tempo caressant en crescendo. L'intensité de l'ambiance pop soul orchestrale persiste avec le somptueux Wild River et son orgue hammond qui rend ses titres de noblesses au style. Sur Landslide Comin' la rythmique vigoureuse de Crispin Taylor alias The Pump est magique. Il remplace Tony Kiley derrière la batterie qui n'a pas pu venir se joindre à la troupe en Espagne où elle enregistre l'album.




Quand Fortune's Wheel propose le doux son de la guitare acoustique, le chant de Robert nous cueille par ses ondulations chaleureuses. Les instrumentations absolument délicates, finement dosées, sont époustouflantes. Gods Gift et sa flûte incroyable propulse dans un moment de foi, joyeusement spirituel, continué par An Act of Faith qui confirme la luminosité et force de l'esprit insufflé dans le titre 'when she plants, she says: i don't do this for myself, i plant for future generations...". Le tempo langoureux blindé de cuivres voluptueux sur I Keep Getting In The Way est plantureux de notes évidentes et parfaites jusqu'au Nothing To Write Home About, dernier titre à la texture persévérante qui montre un Dr Robert au don de la composition inné. Tous les titres de The Wild River sont si généreux que je ne peux que partager mon avis sur ces sacrés bons Blow Monkeys. TheBlowMonkeys



Stag

Les Stag ou Mighty Stag sont cinq musiciens de Seattle qui se réunissent après plusieurs années d'amitié pour offrir de la powerpop décoiffante, enrubannée de rock et de groove. Fans de T-Rex, des Who, Guided by Voices et Big Star, les américains font swinguer et scintiller les guitares sur un tempo seventies fort dansant. Seattle devient depuis la veille du XXIème siècle un temple du rock'n roll, nous amenant depuis un lustre des signatures comme Kurt Cobain, Fleet Foxes, Pearl Jam, Walkabouts, Postal Service, Pedro the Lion, Death Cab For Cutie, Modest Mouse etc. Outre le petit lait qui les a nourri, les disques et références qu'ont en commun les cinq amis de Stag, ils savent tenir une guitare, une baguette de batterie et s'en servir de bon aloi.

Sunny, by Stag

Les camarades de Stag, actifs depuis 2010, Ben London auteur-compositeur (Alcohol Funnycar, Sanford Arms) à la guitare, Steve Mack (That Petrol Emotion) au chant, John Randolph (The Cops) à la guitare, Rob Dent (Jackie On Acid, Sanford Arms) à la batterie et Pete Everett (Tuffy, The Mellors) à la basse, se retrouvent en studio pour signer Midtown Sizzler en août 2017. Enregistré à New-york avec John Agnello (Dinosaur Jr., Hold Steady, Kurt Vile) aux manettes, l'album est une bombe pop-boogie aux format glam 70's tendu et efficace. Dès les premières secondes, les fières guitares de Pharaoh font mettre genoux à terre de cabrioles déjantées. La batterie offensive et intuitive transmet illico une dose d'énergie. Les lignes de guitares électriques dégainent une mélodie de caractère sur Come On où la vitalité dans le chant de Steve, à la force joviale, est très belle. Après des notes de claviers ensoleillées arrivent les cuivres du solide The Bedazzler. L'enthousiasme dans la mélodie, le jeu, les voix entrent de plein fouet dans les oreilles.



Stag joue ses tripes et sa passion dans ce titre débridé et fougueux, avant d'enchainer avec Rosemarie aux arrangements aussi musclés et fibrés que fleur bleue. Les pirates de Seattle évoquent souvent le thème de l'amour et des filles. La flatterie courtoise rock'n roll fait plaisir comme sur Sunny le titre phare du EP Saturday Morning de 2015 que je chéris. Runner qui suit est un titre sportif et amoureux, croustillant et mélodieux, galopant comme l'excellent Figure You Out, morceau dynamite. La nostalgie soulignée sur Pictures est tonique, à l'image des albums et EP précédents, These Times Are for All of Us de 2010, Paper Crown, Stag de 2012 avec son fabuleux I Love Her Records et le grandiose Temporary Machines de 2014. Already Know revêt sa cape de rock mods alternatif pour boucler la pépite. Les 'papapa' psychédéliques et joyeux enveloppent l'album Midtown Sizzler d'un papier cadeau pop ; Une des plus sûres sorties de 2017, à déposer au pied du pinède le mois prochain. Stag





vendredi 3 novembre 2017

Lomond Campbell

Lomond Campbell est par résonance un nom qui me plait beaucoup. L'artiste, auteur-compositeur est écossais. Son identité resplendit dans ses chansons, éclatante dans les mélodies, dans les thèmes et dans l'interprétation. Comme il est dit dans sa biographie, il vit près d'un loch dans les highlands, dans une école désaffectée qu'il retape en studio. Il y travaille, s'inspirant du ciel indigo limpide qui plonge dans le lac où saumons et truites s'amusent et tournoient : the sound of deepest, darkest Scotland . Son premier disque Only A City Apart parait en 2013 uniquement sur vinyle et en 250 copies. Voilà un profil aussi humble qu'exigent qui me séduit. Les six titres variés en sonorités surprennent et montrent sa capacité étendue dans le domaine de la composition ainsi que la palette de références qui nourrissent son inspiration.

Aujourd'hui, 3 Novembre 2017, sort son deuxième formidable album Black River Promise. Le musicien une nouvelle fois surprendra ses auditeurs. Pour ce petit chef d'oeuvre plein d'oxygène écossais, Lomond Campbell écrit des partitions pop pour orchestre symphonique. C'est Pete Harvey qui est aux commandes des arrangements de cordes. "We then recorded the 10 piece string ensemble (called the Pumpkinseeds) in a 500 year old castle in rural Perthshire. It was a totally new recording experience for me and was very challenging but I learned loads from working with Pete."



L'exercice est splendide, le résultat époustouflant. Au même titre que Beta Band, Lloyd Cole, Belle and Sebastian, Franz Ferdinand, Pastels, The Jesus And Mary Chain, King Creosote, son camarade, qui baptise Ziggy Campbell, Lomond Campbell, il entre avec cet album dans la cour des grands. Black River Promise commence avec le gracieux Fallen Stag dont je me régale sans relâche. La poésie y gambade légère et aérienne, l'orchestration et la guitare acoustique se suivent, sautillantes et magistrales. Digne d'une escapade dans les highlands, le titre Black River Promise qui suit est jonché de notes élégantes, brutes et lumineuses. Les mots serpentent, lyriques, ondulant entre les notions de temps et les paysages, sur une mélodie qui glisse entre les phalanges comme l'eau argentée de la rivière.



Le génial Every Florist In Ever Town nous prend par la main pour une promenade romantique évoquant une relation calamiteuse, rosie de violoncelles, de cordes de guitare et du chant de Ziggy, mélodique et cristallin. Misery Bell continue dans le voyage au parfum chlorophylle, au son des cloches avant la pop décapante de Brutes in Life. Suit le somptueux The Lenghts avec son harmonica dansant, qu'on déguste le casque sur les oreilles en dévalant les collines des 'hautes terres'. La magie tourbillonne dans l'ambiance médiévale de Archaracle quand Coal Daughter, reprise de la chanteuse Nuala Kennedy dessine un paysage émouvant. Le touchant et tragique Hurl Them Further ferme l'album. Black River Promise, comme une peinture impressionniste, titille par ses images, ses sonorités grandioses les âmes sensibles aux beautés naturelles. LomondCampbell



samedi 28 octobre 2017

Rinaldi Sings

Il jouait du trombone dans un groupe Mods appelé The Moment aux côtés de Paul Bevoir et les critiques rock l'appellent le Scott Walker du 21ème siècle. Rinaldi Sings est le phénomène Mod, le dandy de la pop anglaise. De son vrai nom Steve Rinaldi, ce british du Suffolk revisite les orchestrations des années 60 sans complexe, comme un poisson dans l'eau . Il crée des mélodies power pop aux tendances pop bubblegum. Pourtant il ne bulle pas. Après The Moment, il continue d'user ses semelles sur les scènes internationales dans les groupes The Jetset, Squire, Long Tall Shorty, Secret Affair etc et depuis 2008, joue fréquemment dans le West End de Londres et au Japon avec le Glenn Miller Orchestra.



Investi et inspiré, il entonne pour la première fois en 2004 une reprise de Tony Christie Avenues and Alleyways. Evidemment ce single charismatique ne passera pas inaperçu. Le crooner continue de se balader comme sur un vespa, peaufine en studio quelques singles et finalement concocte son premier album qui fleure bon le Carnaby Street d'antan. Multi-instrumentiste, Rinaldi sort l'artillerie lourde, trompettes, tambourin, cor, trombone, tuba, violoncelle. Porteur de l'esprit mod's qui lui va si bien, le gentleman offre enfin son premier album en solo What's it All About en 2006.

Steve Rinaldi fait fi de la vague rock qui déferle sur l'Angleterre. Il bénéficie de la complicité de Paul Bevoir, bien connu des amateurs de pop. Il a donc décidé de résister avec finesse et humour au mouvement dominant et c'est concentré, déterminé qu'il compose une ribambelle de titres pour repartir en studio. En janvier 2008, le dandy Rinaldi présente son deuxième album Bingo qui comporte 11 morceaux mythiques dont Goodbye Steve McQueen et Come as you are, you're a Star. Son producteur et ami Chris Hunt, journaliste de musique et musicien l'accompagne dans l'aventure ainsi que Paul Bultitude, autre producteur de pop bubblegum et créateur de label avec Bevoir. Tous les titres nous replongent dans cette belle ambiance cuivrée et dansante des Sergio Mendes & Brasil 66, 5th Dimension et des Foundations. Steve qui est au chant, clavier et trombone est entouré d'une équipe musclée de talents, avec Bob Kelly à la guitare, Tim Charlton à la basse et Trevor Smith à la batterie. En bonus, la star Mod reprend Do you Wanna Be in the Show pour le Jetset Tribute Album.
RinaldiSings