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samedi 27 décembre 2008

Harry Connick Jr


Il est le king du swing, humble, honnête (même quand il se fait coffrer une nuit pour port d'arme dans un aeroport), marié à sa femme depuis des années, couple sans histoires, loin de la jet-set, père de famille et agacé par l'image de crooner, Harry Connick Jr est un musicien et un compositeur qui a le blues dans les veines, le jazz dans l'âme. Harry aime le parfum des années American Way of Life, quand Sinatra remplissait Madison Square Garden, quand Hemingway recevait le prix Nobel de littérature. Arthur Miller épousait Marylin. Il y avait Hollywood et Lauren Bacall, James Dean, Brando, Bogart et puis Broadway avec Gene Kelly, Fred Astaire, les limousines, Manhattan, les smokings...le Blue Note et Duke Ellington, Count Basie, Dizzy Gillepsie, un univers de style, d'élégance que le jeune Harry Connick, né à la Nouvelle Orléans en 1967 décide de remettre au goût du jour.

Devant son piano à 5 ans, Harry compose, enregistre son premier album à 11 ans dans sa ville natale, animée par les sons et les couleurs. C'est dans le quartier français, dans un bar de Bourbon Street que le jeune homme met en pratique douze ans d'études classiques de piano en délivrant du Amstrong, Ellington, Nat king Cole, où il assure ses jam-sessions accompagné des plus grands jazz men de la ville. Dès ses 16 ans, Harry rêve de New-York en jouant dans les bars du matin au soir, du soir au matin...à 18 ans, il arpente le Bronx cherchant à jouer à tout prix, apprend, affronte le monde de la nuit de la Big Apple pendant deux ans, erre de bar en bar jusqu'à Greenwich village où il se fait accepter, finalement, blanc-bec, dans la communauté du jazz.

A 18 ans, Harry se fait remarquer par le manager Ann-Marie Wilkins qui lui décroche des contrats; son album Twenty chez Columbia, puis la BO de Quand Harry rencontre Sally où Harry explose en tant que chef d'orchestre. Il n'a pas encore 20 ans et déjà se profile une tournée mondiale. Drôle, sympa, doué pour tous les instruments et la direction d'orchestre, sur scène, il vole, s'amuse, joue des claquettes, plaisante. Le public reconnait le show-man d'exception immédiatement.
Dans la foulée, il sort deux disques, Lofty's Roach et Were are in Love. La critique s'incline devant les performances de l'auteur, compositeur, pianiste, chef d'orchestre, arrangeur. A broadway c'est l'émeute. En 1990, il est déjà, à 23 ans, à la tête d'un répertoire stupéfiant. Il joue un rôle de pianiste dans Memphis Belle de Michael Caton, plus tard Jodie Foster convie le comedien pour Little Tate man. En 1991, Blue Light, Red Light sort et Harry file au château de Windsor pour honorer l'invitation royale du prince Philip pour son anniversaire. Cette année, un premier oscar, des Grammy awards tombent et Harry, ce fils de la nouvelle Orleans, garde la tête sur les épaules. Sa mission: ranimer le jazz, le swing, l'élégance auprès du grand public qui plonge dans le rap, le trash, le rock grunge.

1993, Harry sort son septième album qui porte son âge Twenty-five. L'américain débarque à l'opéra Bastille à Paris pour un hommage à Charles Trenet puis compose l'album France I wish you love. Sa carrière le propulse en tête des charts, il écrit et compose pour le cinéma ( Sleepless in Seattle, the Mask), travaille avec le producteur des Simpsons, joue dans Copycat, Independance Day, Basic .. etc, obtient plusieurs oscars dont une nomination pour 2009 au côté de Renée Zellweger. Il sort en 2007 Oh my Nola, avec une orchestration fabuleuse et vient d'offrir en novembre son 25e album What a Night! Christmas album (dont le troublant Ave Maria) et apparait en duo avec sa fille Sarah-Kate agée de 11 ans sur NBC début décembre. La relève Connick est assurée, le swing c'est génétique !
hconnickjr.com



Kingsbury Manx

Le compositeur Ryan Richardson, Clarque Blomquist, Paul Finn et Bill Taylor forment le groupe Kingsbury Manx depuis 1999. C'est de notoriété publique, je ne suis jamais objective pour le choix de mes chroniques. Pourquoi je me suis penchée sur Kingsbury? Parce que j'ai vu sur le site officiel du groupe que leur personnage favori à Mario Kart est Princesse Peach. Pourquoi je ne décolle pas de leurs disques depuis plusieurs jours, parce que leur quatre albums sont de réels bijoux.

Ce quator de Caroline du Nord est phénoménal, magique. Après un premier album éponyme en 2000, d'une beauté rare, habitée par le son enchanteur des Velvet Underground, le psychédélisme des Pink Floyd des années 60, couronnée de mélodies pop rappelant les Byrds ou les Essex Green (oh No, Animations). L'orgue Hammond se balade sur les arrangements alternatifs des guitares. Remarquable. L'album suivant, Let You Down, en 2001, confirme l'excellence de Kingsbury Manx. Les voix sont gigantesques, magnifiques. Le piano, l'orgue, le banjo et la batterie plutôt chipie sur la flûte traversière reviennent dans Aztec Discipline de 2003. Les compositions y sont mirifiques. De Dinner Bells aux percussions de Your Castle ou de Ruins, au banjo de Fixed Bayonets, le don des quatre musiciens éclate au grand jour. En piqure de rappel, le quatrième disque, The Fast Rise And Fall Of The South sort en 2005, produit par le producteur de Wilco, Mikael Jorgensen . Et là, il y a de quoi rester coite et béate. Oubliez les listes récapitulant les albums de 2008. Si vous ne connaissiez pas les Kingsbury Manx, précipitez vous sur ces quatre albums et vous pourrez le menton haut passer en 2009. Le groupe n'est pas assez connu en Europe, encore moi en France, où on écoute Britnez Spears. Donc, Ryan, Clarque, Bill et Paul se produisent en concert sur le territoire américain uniquement. Néanmoins, ils concoctent un 5e album et s'apprêtent à conquérir le monde "using the RISK model; We are sitting back, gathering troops in North America and slowly making fans in other parts of the world so that we can turn in our RISK cards for a ton of fans to help us march across the planet."
myspace.com/thekingsburymanx

vendredi 26 décembre 2008

Inara George


Inara George, originaire de Californie, grandit au milieu d'instruments, entourée de musiciens; son père Lowell George, décedé alors qu'elle a 5 ans, était guitariste et chanteur des Little Feat. Quelques années plus tard, étudiante en art dramatique classique, elle voue une passion pour le theâtre et Shakespeare et se produit sur les planches. Parallèlement, pour s'amuser, elle crée un groupe de rock, Merrick, qui accompagnera Devendra Banhart et Eleni mandel. Merrick s'arrête en 2002. Inara rencontre le multi-instrumentiste et producteur Michael Andrews. Ils co-ecrivent All Rise en 2005. Un des titres de l'album Fools In Love apparait dans la série Grey's Anatomy. L'album qui fourmille de mélodies pop, de guitares folk sur des paroles enthousiastes dévoile ses qualités de musicienne et d'interprète. En plus, cette superbe artiste reprend les Bee-Gees, How Deep is your love, ce qui j'avoue, vaut de l'or et me fait perdre toute objectivité (oui ! monsieur H. je suis fan des BeeGees !) Inara et Piggledy vous souhaitent un joyeux Noel psychédélique !


En 2005, Inara rencontre le guitariste et compositeur Greg Kurstin (pianiste pour Beck, Lily Allen, Ben Harper etc) qui vient jouer de l'orgue et du piano sur All Rise. La même année, ils lancent ensemble le projet pop-psyché The Bird and the Bee. Très vite le premier album éponyme voit le jour, suit un ep Please Clap Your Hands sur lequel figure la reprise des Bee Gees, puis ils partent en tournée avec Rilo Kiley. Le duo d'amoureux Bird and the Bee fonctionne à merveille, composant des airs bossa, folks, jazz, psychédéliques, parsemant leurs morceaux de tambourins et orgues survoltés. Pour leurs clips, le duo fait appel à Autumn de Wilde, réalisatrice et photographe très stylée et renommée. (vidéo : Again & Again)

2008, la voix d'Inara George prend toute sa dimension sur l'album solo qu'elle compose à quatre mains avec Van Dyke Parks, ami de son père, une des premieres personnes à se pencher sur son berceau. Sur An Invitation, on valse avec les violons et les accordéons, on swingue sur les cuivres, on bondit avec les contre-basses et les cors. Les flutes traversières, les clarinettes voltigent avec les fantômes de Bernstein (West Side Story) et de Sherman (Mary Poppins).

Inara et Van Dyke Parks ont fait un album digne des plus grandes comedies musicales ou bandes originales de film. On y décele l'influence de la comédie et un réel amour de la musique symphonique. Pour mémoire, Van dyke Parks, né en 1943 à travaillé en tant qu'acteur avec Grace Kelly, récemment apparait dans Twin Peaks, il a composé des titres pour les Beach Boys (smile), des Byrds, musicien de renom, il joue avec Harry Nilsson, Ringo Starr, Buckley, Sam Philips, Frank Black, Rufus Wainwright et tant d'autres...
Inara George et Van dyke Parks nous livrent un album plein d'orchestrations lumineuses et fantaisistes. Ces deux talents du néoclassique se connaissent bien, leurs liens familiaux et artistiques donnent un résultat grandiose, comme le souligne Michael Andrews : "There was more love going through the glass with Inara and Van Dyke than any other record I've worked on," says producer Mike Andrews. "It was a family love. Very real."
myspace.com/inarageorge


vidéo : Greg Kurstin et Inara George/ Again & Again

samedi 20 décembre 2008

Princeton

Les romanciers Virginia Woolf (To the Lighthouse, the Waves) son mari Leonard Woolf, l'écrivain E. M. Forster (howard's End, A Room with a View, Maurice), le peintre Roger Fry, Lytton Strachey (Eminent Victorians) et sa femme Vanessa Bell, Lytton Strachey, historien biographe (Queen Victoria), son frère James Strachey, psychanalyste, John Maynard Keynes (et sa secrétaire amoureuse Ms Bentwich) économiste et Duncan Grant forment le Bloomsbury Group dans le Londres du début XXème siècle jusqu'à la fin des années 30. Appartenant à la classe sociale et intellectuelle supérieure, les membres de cette société amicale venaient d'universités de renom : Cambridge, King's College et Trinity College. Ecrivains, peintres, ils étaient amis et se réunissaient essentiellement au 46 Gordon Square chez miss Woolf, au coeur du quartier chic de Londres Bloomsbury pour y évoquer la littérature, l'art, la philosophie mais aussi l'athéisme, le libéralisme sexuel et leur idée de la famille à contre-courant de la pensée conventionnelle de l'époque, de l'art abstrait qu'ils réfutaient, d'histoire, de politique, de théâtre, etc.
Bloomsbury c'est aussi le nom d'un ep que le groupe Princeton vient de sortir.



mercredi 17 décembre 2008

Starling Electric

Starling Electric c'est comme un salambo, fourré de sonorités pop et recouvert d'un coté de rock opéra faisant penser aux Who et à Pink Floyd et de l'autre, des orchestrations pop de cuivres, de cordes et d'orgue hammond. L'album Clouded Staircase est enregistré en 2006. Le groupe le présente sur scène, se produit dans le Michigan leur état, puis Detroit, New-York, Boston, Philadelphie. Ils jouent avec The hidden Cameras, Chris Barthgate, Saturday looks good to me et les Guided Voices. Ces derniers convient les Starling Electric à partager leur tournée. Les mélodies catchy, power pop constituées de "bababa" Zombiesques, de sonorités subtiles évoquant Love et de connotations chatoyantes "pop de chambre" des Byrds, tout est harmonieux et goutu.


lundi 15 décembre 2008

Takka Takka


Takka Takka débarque de Brooklyn en 2005 et enregistre en 2006 un album pop, pulsant à souhait, We feel saver at night. On y découvre les compositions de Gabriel Levine, le chanteur guitariste et clavier du groupe. C'est un plongeon, tête première, dans sa voix captivante et le son exquis de ses guitares. Accompagné de Conrad Doucette, Grady Jurrens, Drew Thurlow et Rene Planchon, il entame un tour promotion en Anglettere et des sessions à la SXSW d'Austin, Texas. Le groupe Clap your hands say yeah remarque les Takkas et les invite pour leur tournée de 2006.



jeudi 11 décembre 2008

Otis Redding

"I had a dream" cette nuit, plutôt un cauchemar : la musique afro-américaine n'était plus représentée que par des gros rap'eurs bourrés d'amphétamines, de chaines en or pendouillantes, et de bimbos plein le coupé toyota...Si l'élection d'Obama apporte du positif sur le plan sociologique, qu'apporte t-elle à la musique?
Les artistes blacks vont-ils se pavanaient tels des kings du RnB plus riches que Beckham? Est-ce la fin du blues, des grands musiciens noirs-américains qui se battaient contre l'oppression depuis les années 50 en composant de la soul, luttant pour être libre de se produire en public et érigeant de grands labels comme la Motown ou la Stax?
On tourne une page. Certes. Mais adieu aussi au Blues, à la Soul, au Gospel, bye-bye BB King, Sam Cooke, Aretha Franklin, Ray Charles. Place au Bling-Bling.
Alors ce matin j'écoute le conseil du groupe Okkervil River qui chante Listening To Otis Redding At Home During Christmas....

Mort à 26 ans dans un accident d'avion, Otis Redding laisse derrière lui un sacré patrimoine musical. De son enfance en Georgie à la rencontre déterminante de sa courte carrière avec le guitariste blanc Johny Jenkins (Pinetoppers), sa vie est un roman. Jenkins sera le premier à jouer de la guitare à l'envers étant gaucher et à influencer Jimmy Hendrix. Otis Redding intègre le groupe des Pinetoppers à 19 ans. Il a 22 ans en 1963 quand il se produit sur la scène de l'Apollo à New-York aux côtés de Rufus Thomas et Ben E. King. Rufus Thomas sera le premier artiste signé chez le label Stax pour un duo avec sa fille Carla.

Carla Thomas sera plus tard la complice de Otis Redding et il feront un disque ensemble King & Queen paru en 1967 et réedité en 2001. Superbe vinyle.
Il signera My Girl, Respect, chanté par Aretha Franklin, Tramp, Knock on the wood, Sitting on the Dock of the Bay...etc. Otis Redding fait donc partie des pionniers du blues et de la soul. Le chercheur d'or, ce créateur d'eternelles pépites disparait le 10 décembre 1967. Pour son combat pour le respect et la liberté des gens de couleur dans l'industrie de la musique, beaucoup lui doivent une fière chandelle.
otisredding.com


mardi 9 décembre 2008

Willy Mason


Pete Townshend (the Who) dit du deuxième album de Willy Mason "The Best Thing I've Heard This Year". Oui, c'est vrai, If the Ocean Gets Rough est un des meilleurs albums de l'année. 2009 pointe le bout du nez, il est l'heure de faire des bilans. Willy Mason est un enfant du second millénaire, un adolescent qui s'est lancé corps et âme dans la création de musique, dans laquelle il baigne depuis sa première quenotte. Son père lui écrit d'ailleurs un titre, Save myself ; et fait l'objet du sujet dans The World That I wanted que Willy lui dédie. Originaire de New-York, la famille déménage en 1992 pour aller vivre dans une grande maison du Massachusetts. C'est là qu'il commence à composer et enregistre son premier album Where the Humans Eat en 2004. Willy Mason n'a alors que 18 ans quand il joue sur la scène du Glastonbury Festival. Folk, blues, un peu americana, parfois country, son style est étonnant. D'une grande maturité, presque d'un autre temps, d'une autre époque, sa musique est poignante de nostalgie. L'originalité de Willy Mason est sa voix. En plus d'un don d'écriture, une présence charismatique sur scène, sa voix est unique, son chant est d'une gravité, d'une puissance rare.

Son deuxième disque est époustouflant. On y trouve du violoncelle, du piano "à la Thomas Dybdahl", de la mandoline, de la guitare country à la "Johnny Cash", et surtout on y décèle une véritable âme bluffante. Il compose du gospel, des morceaux de guitares qui semblent droits sortis des partitions des grands bluesmen de Nashville. Le magazine de rock américain NME dit de lui : "a 22-year-old New Yorker who sings like a 97-year-old Alabaman returns with Tennessee whiskey in his throat and radio-friendly country folk in his soul". Cette personnalité ne laisse personne indifférent. KT Tunstall l'accompagne en duo pour We Can Be Strong sur un single. Ben Kweller l'invite à partager des concerts, tout comme Sondre Lerche, Thomas Dybdahl et Radiohead. Il chante sur un titre des Chemical Brothers, Battle Scars, joliment revisité. Ce jeune Willy Mason n'a pas fini d'étonner.
willy-mason.com

lundi 8 décembre 2008

Jeremy Messersmith


Jeremy Messersmith est un auteur-compositeur qui plaira aux orphelins de Elliott Smith, dont je fais partie. Originaire de l'Etat de Washington, Jeremy joue très jeune de la trompette et puis découvre les instruments à cordes. Multi-instrumentiste, ses amis de la faculté de Minneapolis où il vit désormais avec son épouse Vanessa, ébahis par son charisme et son style, lui conseillent d'enregistrer un disque. Ce qu'il fait. Chez lui, il compose, écrit, enregistre dans son home-studio et fait circuler son disque empaqueté dans du papier "paper-bag". L'originalité de sa démarche attire l'attention du label Princess Records qui signera en 2006, le premier album The Alcatraz Kid.
A l'image des pochettes de ses disques, élégantes et naïves, Jeremy Messersmith compose de la pop minimaliste. Il soupoudre ses touchantes paroles de cor, de trompette, mélodica, glockenspiel, de guitare électrique et acoustique. Si The Alcatraz Kid est un bijou symphonique absolu, et The Siver City, sorti en septembre 2008 frappe encore plus fort. Les 11 titres de l'album sont magnifiques. Ceux qui ont la chance d'avoir déjà vu Messersmith sur scène disent qu'il est impressionnant. Enroulé de câbles, immergé dans ses processeurs, il jongle avec les sons, fait des effets acoustiques de haute-voltige; réservé et discret, il attire l'attention et aimante son public. Le titre de l'album The Silver City annonce un ensemble de chansons dédiées à Minneapolis et ses gratte-ciel ( la pochette du disque et son château médiéval sont un clin d'oeil). Il nous y accueille avec Welcome to Suburbia et nous emmène en balade dans sa voiture avec The Commuter, au travers de Franklin Avenue. Si nous sommes accueillis pour une visite guidée de la ville, nous sommes aussi cueillis par le son du violoncelle de Skyway et la voix émouvante de Jeremy dans Virginia "the only state for broken hearts and lovers, the only place for starting over". Le dernier titre Light-rail boucle superbement la boucle.
Jeremy Messersmith signe un second album brillant et mémorable, un cadeau de Noel qui ne restera pas au pied du pinède.
jeremymessersmith.com
myspace.com/jeremymessersmith

samedi 6 décembre 2008

Horse in the Sea


Se réveiller un matin d'hiver, la tête dans le seau, le nez dans son bol de café et ouir un titre comme Mosquito King glissé dans la platine, fait lever la paupière à coup sûr. A l'écoute de ce morceau, d'abord la voix de Joel Janis noble et raisonnante, saisit. Puis le son du violoncelle de Austin Hoke dilate la pupille de l'oeil fraichement ouvert.
Horse in the Sea, c'est du lyrisme, du mélodique, des harmonies majestueuses pour des réveils ensoleillés, des après-midi intimes, des concerts nocturnes intenses. Banjo, guitare folk acoustique, violoncelle, piano, basse, accompagnent des paroles complètement poétiques et féeriques comme dans George Had Wooden Teeth, titre qui évoque l'Illinois. Ce groupe de Chicago, Joel Janis l'auteur-compositeur et chanteur, Ray Klemchuk, Tess Haskins, Joe Darnaby, produit des mélopées pop enrobées de handclaps, d'inspiration folklorique, chaloupées et rythmées par des tambourins et de la batterie.

En plus de la situation géographique, le style musical de Horse in the Sea s'apparente à celui de Sufjan Stevens, mais il y a aussi un travail de sonorités acoustiques effectué en collaboration avec le producteur Kyle Andrews qui fait penser à Andrew Bird ou encore à Adem. I order the sun enregistré en Novembre 2007 est leur tout premier album. Pourtant débutant, Horse in the Sea a galopé (jeu de mot du weekend) sur tout le continent américain et est encore en selle pour une série de concerts avec Josh Rouse et l'ami Kyle Andrews. Le quarté a aussi participé cette année à une compilation, Thy Old Murkville Forest, aux côtés de multiples groupes dont Page France ou les 1990's. L'album est scintillant, sans nul doute une des meilleures productions de 2008. Si, à ce jour, on ne trouve aucun article en français sur Horse in the Sea, Piggledy est ravi d'ouvrir le champ.
myspace.com/horseinthesea

jeudi 4 décembre 2008

Beep Seals


Habillés de marinières ou de polos anglais, jouant du mélodica dans le bus, copains des Olivia Tremor Control,  sont pour Piggledy Pop, dans le top 10 des groupes de l'année 2008. Ils ont joué sur scène toute l'année 2007 et ont signé Things That Roar sur le fabuleux label Kings & Creatures. Leur style est juché entre celui des Of Montreal, des Beach Boys et a la fibre des groupes du label collectif américain Elephant Six. Autant dire que Beep Seals jouent du rock psychédélique pur.
Ces cinq jeunes anglais sont convaincus, surprenants, enthousiastes et ils ont fait un disque de douze titres remarquables; Things That Roar, dont la couverture est de Matt Sewell, est plein d'espoir et glorieux !

Jack cooper et Ian smith se partagent l'écriture des textes kaleïdoscopiques et fleuris d'humour. La rythmique et les mélodies plongent immédiatement dans la shiny-pop de la côte ouest américaine des années 60. Le quintet entier entonne des woohoo woohoo dans On Opening The Curtains… en agrippant sauvagement les guitares et leurs pedales Fuzz pour offrir un nettoyage de printemps et une cure de jouvence à vos enceintes qui peinent à se remettre du passage de I Used To Work At The Zoo, marqué "mods psyché" à souhait.
Dans ce genre musical les anglo-saxons battent le pavé. Ce sont les rois du psychédélisme et du rock. Ils savent les éxecuter avec un perfectionnisme et un professionnalisme exemplaire. Phil Anderson à l'orgue et claviers, Sam Morris à la basse, Jay Sikora à la batterie, Jack Cooper et Ian Smith aux guitares sont produits par Norman Blake (Teenage Fanclub) et assurent des concerts avec Dead Meadow, Stephen Fretwell, Olivia Tremor Control, the Ting Tings.. Ils ont comme dieu Todd Rundgren, écoutent les Zombies et viennent d'enregistrer un titre avec Jim Noir, Tell Your Friends and Stars (cf Piggledy 28/03/08). Manchester est bel et bien là ! (vidéo : Beep Seals + Jim Noir, Eanie meany + interview + My Patch)
myspace.com/beepseals


mardi 2 décembre 2008

Eugene McGuinness


Comme son nom l'indique, Eugene est irlandais. Il vit désormais à Liverpool et s'y construit une jolie carrière qui démarre en grande pompe. Cet artiste de 23 ans est un assaillant mêlé d'un poète, un guerrier aux allures de troubadour, un astéroïde musical. Impressionnant de par son talent, il compose seul des mélodies furieusement impéccables et écrit des paroles sous forme de scénario mirifique. Ca sonne spontané, drôle dans les textes, original dans les compositions, un vrai régal mélodique. Eugene McGuinness sort en Octobre 2008 son premier album éponyme.
Les douze titres sont riches d'instruments, riches de sonorités fracassantes où la voix d'Eugène fait raisonner une maturité et une énergie sans faille. C'est d'un pas assuré et de sa lame de fleuret acérée que l'escrimeur McGuinness surgit dans le monde de la pop.

Sur son pied d'appui, l'auteur-compositeur présente l'arme dès les premières notes, angulations de poignets sur la guitare endiablée. Il donne du coffre sur le rythme offensif de la batterie de Rings Around Rosa et de Fonz, puis entonne un chant en chorale angélique. Avant de lancer l'assaut, Eugène nous câline l'oreille sans compter avec des arpèges de guitares, de violons magiques dans Wendy Wonders et dans Those Old Black And White Movies Were True. Quand arrive Moscow State Circus, cela fait belle lurette que l'on fait office de brochette. Après Crown the clown, puis Not So Academic, la cible est ébranlée. Le piano, l'ambiance saloon, les balades cadencées, que l'on retrouve dans God In Space qui conclut l'écoute sur les archets des violons, la guitare, les claviers psychédéliques, les handclaps, produisent un effet progressif et alternatif. L'album est une réelle et belle réussite; Eugene McGuinness est déjà un des glorieux disques pop de notre génération. Magistral ! (vidéo: Moscow State Circus)
myspace.com/eugenemcguinness85

samedi 29 novembre 2008

Joey Goebel


Joey Goebel est un jeune écrivain américain (Indiana). L’auteur signe Torturez l’artiste en 2005 et la France peut enfin découvrir ce bijou de la littérature pop en 2006 grâce aux Editions Héloise d’Ormesson.

Joey Goebel a un parcours hors du commun, à peine la trentaine, il a signé The Anomalies en 2003, Torture the artist, et sort bientôt son 3ème livre. Avant cela, il faisait partie d’un groupe de punk, The Mullets dont on peut découvrir deux cassettes et 3 disques. Autre projet notable qui a suivi The Novembrists qui ont sorti un cd, dont les titres évoquent le domaine de la littérature avec F.Scott Fitzgerald et Vladimir Nabokov. Joey Goebel est aussi un grand critique-rock. Ses articles sont aussi cinglants et mordants que ses œuvres littéraires.
Dans Torturez l’artiste, Joey Goebel dénonce la culture “idiote” et semble en être écœuré. Son écrit est flanqué de clins d’œil à la débauche, la bêtise, la déshumanisation que produit l’industrie mafieuse hollywoodienne du cinéma et de la musique sur les consommateurs. Voilà la loi de la manipulation morale et mentale, la loi du fric versus la création artistique.

L’histoire. Vincent est un enfant de 9 ans brillant mais vivant dans un milieu social et intellectuel désastreux. Vincent est à part. Il a une maturité, une intelligence, un don pour l’écriture. C’est un enfant précoce mais malheureux. Il y a aussi une grande firme, une école appelée Nouvelle Renaissance, aux desseins arrivistes. Nouvelle Renaissance encadre de jeunes talents, les manage de sorte à ce qu’ils produisent, paroles de chansons, scripts, œuvres littéraires à la chaine. Cette production artistique des jeunes prodiges se déroule dans l’anonymat pour servir à des stars déjà connues du public, qui n’ont plus qu’à utiliser le travail des enfants. Pour se faire, la doctrine de l’école est de torturer moralement les jeunes prodiges pour les rendre malheureux, les isoler socialement, de manière à ce que leur mal les plonge dans un état mental productif. Le titre est souligné par la phrase “d’un mal sort toujours un bien”. Pour mener cette mission, Nouvelle Renaissance embauche un manager. Harlan Eiffler est un ancien critic-rock, très blasé, et doit veiller à ce que le malheur soit omniprésent dans la vie du jeune garçon. Ainsi s’exprime le directeur de Nouvelle Renaissance dans la lettre adressée à Harlan au début du récit: “Le divertissement a besoin d’un artiste typique à l’ancienne: une jeune femme ou un jeune homme torturé, solitaire, sans amour et désespéré, avec seule la capacité artistique pour justifier sa triste existence (…) Cette âme connaitra l’amour non partagé, la dépression nerveuse, le surmenage, l’isolement, l’exil, la misère noire, la maladie, et les troubles mentaux (…) je vous demande seulement de fournir à notre Homme Renaissance une douleur constructive de la façon la plus humaine et la plus bénéfique.”

A lire absolument, ce livre est un chef d’œuvre, une clé et une fresque de la débauche culturelle contemporaine, un regard cynique et si réaliste. L’histoire est belle, touchante, mais pas larmoyante. Ce livre est attachant, je le conseille fortement.

La lecture plaira aussi aux amoureux du rock. Goebel présente ses protagonistes systématiquement en donnant les groupes qu’ils écoutent, les films et émissions qu’ils aiment. On y parle de Cure, Twin Peaks, Rolling Stones, Phish, Ramones, Bob Dylan, etc. Torturez l’artiste est une ode à la New Blue Generation.
editions-heloisedormesson.com

Matt Pond Pa


Matt Pond Pa est un artiste complet et complètement artiste. Cet américain dans le circuit du rock indépendant depuis 1998, ne cesse d'écrire et composer. Originaire de Philadelphie, il s'est définitivement installé à New-york. Son opus Deer Apartments met d'emblée son anonymat au placard.
Measure sort en 2000 suivi de deux autres fabuleux albums, The Green Fury et The Nature of Maps. Issu de l'école classique, Matt Pond aime réellement la musique classique qu'il intègre de-ci de-là dans ses compositions. A l'université il joue du violoncelle, puis de la trompette et du cor. L'aprentissage de la guitare a suivi et depuis le rock ne le lâche plus. Il aime les riffs, les percussions et les puissantes productions de batterie autant que des morceaux acoustiques accompagnés d'un violon. Ses chansons sont variées, il est doué et peut exploiter tout genre musical. Matt Pond est à la tête du groupe; et c'est sans prendre la grosse tête qu'il se hisse au rang des grands songwriters et interprètes de notre époque. En 2004 c'est l'année de Emblems sur lequel figure Last song... (ne pas se fier au titre!)

Fan de Andrew Bird, ami des Magic Numbers, Matt Pond compose des balades aux influences country, rock et pop où les guitares, claviers, et violoncelle dominent.
Plus rock que les premiers, les deux albums Several Arrows Later de 2005 et Last Light de 2007 comprennent un peu moins de violons ou de trompettes. Avec Dan Crowell à la batterie, Matthew Daniel Siskin à la basse, Steve Jewett à la guitare, Chris Hansen à la guitare et clavier, Matt Pond Pa offre un Ep de 9 titres le 25 Novembre 2008. The Freeep est, selon le choix du groupe, entièrement en téléchargement libre sur leur site. Comme Matt Pond le précise avec humour, ils sont devenus leur propre producteurs, label, maison de disque et distributeur "It was a deferential revolt against inertia, a clearing of the throat to answer the quiet. Or maybe it was an inevitable reaction to seeing Pat Garrett and Billy the Kid." Dans Halloween, la voix eraillée de Matt, mi-ange, mi-cowboy déroule le tapis rouge à la qualité de son écriture et à sa hardiesse quant à faire glisser les violons et les tambourins sur du rock brut.
myspace.com/mattpondpa

jeudi 27 novembre 2008

Young Rival


Ces quatre rockers originaires de Hamilton, Canada, habités par l'esprit "mods", héritiers des Kinks, ont de quoi rivaliser avec les groupes brit-rock.
Ils portent le nom de Young Rival depuis un an. Auparavant le guitariste Aron D'Alesio, le batteur Noah Fralick, l'autre guitariste Kyle Kuchmey et le bassiste John Smith avaient à leur actif deux albums, un éponyme et The City, sous le nom de groupe The Ride Theory.

Les voici en selle, en vogue même. Ces quatre musiciens, déchainés et endiablés sur scène ont déjà assuré presque 300 concerts. En février dernier, ils partent avec leur matériel dans un van pour New-York. Leur approche de la musique, garage, leur manière d'accrocher les audiences intéresse Emery Dobyns, producteur de Patti Smith, Travis, Antony and the Johnsons, Battles et récemment récompensé par un Grammy pour le dernier album de Suzanne Vega.
Les Young Rival, bien entourés, peuvent enfin s'en donner à coeur joie en enregistrant un Ep dans les studios de Manhattan.
Conscients que les disques ne se vendent plus, ils savent qu'ils ne pourront gagner le fruit de leur travail, de leur passion, qu'en faisant des concerts ou en vendant leur musique aux médias pour de la publicité. Dans une interview qu'ils accordent au journal étudiant de Los Angeles, Queen's, les Young Rival ajoutent qu'internet et le téléchargement sont une carte de visite et un outil fabuleux. In fine, voilà un groupe qui n'a rien à cacher, donc rien en commun avec les groupes ringards qui sont contre le téléchargement et qui trouvaient pratique de gagner du fric en restant chez eux, sans même se produire sur scène, très souvent sans en être capables, simplement.

C'est vibrants et impressionnants que les Young Rival apparaissent cette année avec les Sadies, Born Ruffians et Tokyo Police Club pour leurs tournées respectives. Un peu psychédélique, très rock garage, ils ont un don pour sortir des sons parfaits et tenir la scène armés de charisme. Les compositions détonantes sont exécutées avec brio. Ils sont trois à chanter, font penser aux Kinks clonés au groupe Televisions, sans nostalgie aucune puisqu'ils produisent un son original et bien contemporain que nous pourrons découvrir bientôt. Young Rival est actuellement en studio pour un imminent album.
myspace.com/youngrival

samedi 22 novembre 2008

The Sound of Arrows

Agés d'une vingtaine d'années, ces deux amis suédois se rencontrent en 2006 pour travailler sur un sample d'une chanson de noel. Depuis, ils n'arrêtent plus de travailler, de se produire en concert, créent le groupe The sound of Arrows et se lient à l'amical label de Stockhölm Labrador. Stefan Storm est passionné de musique electro et de house (moué..) et Oskar Gullstrand, après avoir joué dans un orchestre, est designer-illustrateur de profession. Leur rencontre aboutit sur la composition de musique pop-electro avec des instruments à cordes, guitares et harpe, du clavier, et du sampler.

Ils sortent en mai 2008 Danger ! un Ep avec des titres sublimes comme Winding Roads, Ice-cream shout version, titre habillé de ukulélé, flûte soprano, glockenspiel, soupoudré de voix féminine, ainsi que des remix plutôt house Cotton crew ou Panache. Leurs influences sont larges et belles, vont de Harry Nilsson à Jens Lekman. Club 8 (cf 18/06/08) leur demandent même de remixé le titre Jesus, walk with me. Stephan et Oskar font désormais partie de la grande famille Labrador, label qui signe les Acid House Kings, mais aussi Pelle Carlberg, les Sambassadeur, Loveninjas etc.
The Sound of Arrows sortiront un album dans les mois qui viennent et apporteront à coup sûr un renouveau du dance-beat en 2009.
myspace.com/thesoundofarrows

vendredi 21 novembre 2008

Sandrine Kiberlain


Sandrine Kiberlain vient mettre son grain de sel dans le monde de la musique en 2005, quittant pour un instant les plateaux de tournage et les scènes de théâtre, pour sortir l'album Manquait plus qu'ça. La jeune actrice, pas des moindres, a une carrière cinématographique déjà très fleurie. Elle tourne avec Laetitia Masson, Claude Miller, Bernard Rapp, Valerie Lemercier, César du meilleur Espoir féminin en 1995 dans les Patriotes d'Eric Rochant, elle remporte la même année le prix Romy Schneider. Depuis elle collectionne les césars et les nominations avec En avoir (ou pas) en 1996, A vendre en 1999, Le septième ciel en 1998, Un héro très discret de Jacques Audiard. Elle remporte en 1997 le prix Molière pour une pièce de théâtre écrite par son père qu'elle montera elle-même.

Sandrine aime la musique et décide, au culot, d'écrire les textes de ses chansons, puis demande à Alain Souchon de lui prêter main forte pour la musique. L'album Manquait plus qu'ça, fin et drôle dans l'écriture, réussi le pari de réunir le son "Souchon", père et fils et lui colle à la peau avec les influences pop mêlées aux instrument de l'Europe de l'Est, du sur mesure. C'est avec humour que mademoiselle Kiberlain souligne de sa voix frivole et magnifique, "Elle fait sa Carla, elle fait sa Vanessa…elle va donner de la voix, des paroles à tout va, elle se prend pas pour une poire...elle fait une fixette, pousser une chansonnette, manquait plus qu'ça, elle s'y croit vaut la voir, elle se sent pas, laissez la faire sa crise, peut-être que ça lui passera... tralalala...si ça s'eternise elle chantera à sa guise, c'est pas plus grave que ça.."

Le deuxième album de Sandrine Kiberlain, sorti en Octobre 2007, Coupés bien net et bien carré est un vrai bijou pop de chansons françaises. Pierre Souchon compose quatre titres, apportant avec sa veine familiale, une ambiance savoureuse qui replonge dans le Karine Redinger de Voulzy et dans Le Baiser de papa. Autre compositeur important du disque : Bazbaz. Auteur compositeur, Bazbaz est un artiste rafraichissant et pétillant qui, comme Pierre Souchon, correspond à l'espiègle Sandrine.

Les cerises sur le gâteau sont les titres Il ose composé par Etienne Daho et chanté avec lui en duo en opus de l'album, puis La chanteuse composé par Mickael Furnon alias Mickey 3D, dans laquelle les paroles sont un clin d'oeil au Manquait plus qu'ça du premier disque : "ça y est c'est fait j'ai un micro, sur scène je bois de l'eau c'est pour la voix,...je suis chanteuse et je m'y crois, faut que je déjeune avec Carla, et Vanessa..pour parler de ça."
Coupés bien net et bien carré est un superbe album, où les claviers, le piano, les guitares, les trompettes, l'harmonica accompagnent avec grâce la voix de Sandrine Kiberlain, plus voluptueuse que jamais. Les textes sont de véritables scenari, des histoires avec camera embarquée, drôles, humbles, très inspirées! Le tout est ultra homogène. Le mélange des talents de Daho, Bazbaz, Pierre Souchon et Mickey 3D fait un disque qui respire une complicité musicale évidente. De la drôlerie dans Je m'appelle Edouard, à la bossa de Dahoesque dans Perfect Day, à la belle sensibilité de Pluvieux, au tempo ennivrant de Bazbaz dans Y'en a pas un pour rattrapper l'autre, avec son grain de voix, ses tâches de rousseur, Sandrine Kiberlain est un auteur brillant et une chanteuse qui ne joue décidément pas dans la même cour que Carla et Vanessa.
sandrinekiberlain.com

jeudi 20 novembre 2008

April March & Steve Hanft


Depuis toujours l'américaine Elinor Blake alias April March, ses parents étant passionnés par la culture française, est attirée par notre pays. Membre du trio féminin Pussywillows au début des années 90, elle ne s'y attarde pas et entreprend un album dédié à une de ses idoles, Serge Gainsbourg en reprenant ses chansons en 1994 sur l'album Gainsbourgsion!.
En 2008, Quentin Tarantino appose un de ces titres, Chick Habit (Laisse tomber les filles) sur la BO de "Boulevard de la Mort". Suivront Paris in April en 1995, Superbanyair et April March Sings Along With The Makers en 1997, puis April March and Los Cincos en 1998.

Commence ensuite pour April March une longue collaboration avec Bertrand Burgalat, qui lui offre des pépites de chansons, interprétées en français. Les compositions rétro-futuristes, psychédéliques, que Burgalat offre à April March lui vont comme un gant et marqueront le succès du label Tricatel d'une pierre blanche. La voix enfantine de April sur les accords de basse langoureux de Bertrand forment une unité sensuelle et sublime dans Chrominance Decoder de 1999 et en 2000 dans Triggers.

Le Coeur Hypothéqué April? pas tant que ça... La demoiselle nous revient avec à son bras Steve Hanft et un nouvel album sorti en 2007, Magic Monsters, réédité en vinyle cette année 2008 par l'excellent label Martyrs of Pop. Les pensées d'April ne sont pas formatées. Steve Hanft lui offre un album rock-psychédélique, où elle chante, là aussi, dans la langue de Molière, avec une interprétation libérée, chaloupée et drôlement bien roulée. Flashback Part II donne illico le ton pop-rock. Dès l'écoute du deuxième titre Attention chérie, c'est confirmé. Les deux artistes partagent des origines communes et cet accord s'entend. Auteur-compositeur, Steve Hanft dévoile des talents d'interprète griffés d'un son à la Grandaddy et à la Blur. Décalé, mélodieux, énergique, le son est savoureusement balancé. April et Steve se partagent les titres, s'y retrouvent parfois, s'y croisent et se répondent. Alors que le couple paraissait improbable, un peu comme celui d'Isobel Campbell au côté de Mark Lanegan, le mariage des deux personnalités s'avère légitime, équilibré et il rayonne.

C'est une question d'habitude, on s'adapte finalement au nouveau couple. Après avoir véhiculé pendant des années une image femme-enfant, icône de la pop sixties frenchy, April March apparait nouvelle et libre. Steve Hanft et elle ont lancé un très beau projet avec Magic Monsters et ensemble, ont conçu un disque qui a la frite, sans le gras autour; un disque spontané et sacrément bon.
La voix d'April et les arpèges des guitares de Steve, dignes des Shadows dans Lunar lake, le chant délicieusement provocateur de Hanft dans Summer's day raviront les fans des Eggstone.
Si Steve Hanft a un minois de cupidon, joue comme un diablotin ses compos rock du feu de dieu, April March garde son grain de voix angélique et conserve de jolies perspectives en partageant l'affiche avec Bertrand Burgalat pour une série de concerts en France dès Janvier.
myspace.com/aprilmarch
myspace.com/martyrsofpop

samedi 15 novembre 2008

Tracy Chapman

Parce que je l'aime et qu'elle sort son album Our Bright Future le 11 Novembre 2008, je prends mon clavier à témoin.
Parce que c'est pour moi la seule artiste féminine américaine de valeur depuis des années. Plates escuses aux fans de Britney Spears, si en lisant ma note, vous décidaient de vous suicider en avalant les cds de votre idole, sachez néanmoins qu'ils ne sont pas biodégradables; vous deviendriez bel et bien, par conséquent, un réel problème pour le bien-être de la planète.

Parce que c'est l'artiste et ses fossettes que je croquais en cours de maths en 1988 en fredonnant Talkin bout a Revolution, armée de mon fusain et plombée par le blues.
Parce que c'est une musicienne habitée par l'humilité, une gentillesse exemplaire, une sagesse et une force qui en imposent avec une grâce dans sa réserve et sa détermination.
Parce qu'elle est beauté, belle dans l'âme, belle dans sa timidité et son courage en se jetant dans l'arène avec l'envie de partager son art, belle dans sa féminité.
Parce qu'elle est extrêmement talentueuse et que ses compositions marquent au fer rouge le song-writing folk depuis 20 ans, avec une voix fragile et fébrilement posée, réfléchie.
Parce qu'elle reprend divinement le flambeau de l'héritage des bluesmen blacks américains des années soixante, qu'elle dégomme tout, remporte trois grammy awards en 1989 quelques mois après la sortie de son premier album; suivent des concerts avec REM, Sting, Peter Gabriel, des collaborations avec Red Hot Chily Pepper, Stephen Marley, BB King...
Parce qu'elle reste elle-même à travers les titres de son huitième album Our bright Future. Cette ancienne étudiante diplômée en anthropologie y parle de l'homme et de l'humanité, nous offre ce formidable cadeau, pour souffler ses 20 bougies d'anniversaire. Our Bright Future est enregistré dans les studios Henson ayant appartenu à Charlie Chaplin qu'elle affectionne. L'album est concocté avec son producteur depuis plus de 15 ans, Larry Klein, qui a réussi à réunir sur cet album: le pianiste, clavier de Madeleine Peyroux et John Mayer: Larry Goldings, le batteur de Paul Simon: Steve Gadd, un guitariste de BB King: Dean Parks, le batteur de Beck: Joey Waronker, le pianiste de Norah Jones et de Rufus Wainwright : Rob Burger, le guitariste de Eels, PJ Harvey, Tom Waits : Joe Gore. Son producteur et ami Larry Klein est à la basse. Tracy Chapman est en France pour une série de concerts actuellement. (vidéo : Can i hold you tonight)
tracychapman.com

Euros Childs


Euros Childs est le projet solo du leader du groupe Gorky's Zygotic Mynci apparu en 1995 la première fois et dont la performance prolifique a donné une douzaine d'albums en dix ans. Celui qui marque le tournant du groupe jouant à la base du rock psychédélique est Barafundle de 1997, aux influences de pure pop mêlées aux celtiques avec la présence de cithare, guimbarde, de banjo et de violon. Le groupe gallois remporte un franc succés au fil de leurs créations comme avec l'album Spanish Dance Troupe de 1999, sans compter le fabuleux How I Long to Feel That Summer in My Heart sorti le 18 septembre 2001.
Depuis la séparation des Gorky's en 2005, Euros Childs suit sa propre voie en solo et sort ce mois-ci son nouvel album. De style americana, country rock, enregistré à Nashville, le mariage des genres fait naitre un disque aux sonorités exotiques et croustillantes. Imaginez Perceval le Gallois fumer le calumet de la paix avec le chef indien Cochise, vous êtes en train d'écouter Cheer Gone. En glissant la galette dans la chaine stéréo, Autumn Leaves et son rythme en deux temps enveloppe immédiatement; c'est chaud et langoureux. Ce tempo Euros Childs marqué par le chant aux accents gallois est magique, très velvetien. Doté d'un grain de voix si particulier qui parcoure des gammes de manière étonnante, Euros Childs apporte à ses titres une ambiance somptueuse, une puissante torpeur. Les compositions sont toutes réussies, les instrumentations offrent un ensemble supérieurement intimiste. Cheer Gone colonise les neurones, y amène une atmosphère "folk médiévale pop country psychédélique". Tous les instruments se distinguent, s'enchevêtrent, nous content des mystères, des secrets, comme si les musiciens étaient gantés, prenaient soin de chaque note amoureusement, comme des cowboys gentlemen qui composent un bouquet pour leur belle. Her ways est une chanson chaloupée, bien roulée, qui donne envie de chevaucher un taureau sur les plaines brulées du far West en couinant des Heee Haaa! O ein Dear est le titre chanté dans la langue maternelle d'Euros Childs, une ballade digne d'une épopée à travers des fjords, un air de repos pour le guerrier fourbu du temps des croisades, ou encore une chanson entonnée par un viking après la bataille, qui se détend au pied d'un arbre dans son slip kangourou en peau d'ours. L'harmonica de Medecine Head convié à accompagner l'harmonium forment un cocktail de cultures unique et rare, bercé par la voix splendide d'Euros Childs.
Euros Childs est un auteur-compositeur-interprète de talent, la figure emblématique de la pop galloise. Après avoir participé à l'album Barnes & Noble de Syd Matters, son album Chops en 2006, Bore Da en 2007, une collaboration au dernier disque de Kevin Ayers, Unfairground, aux côtés de Jeff Baron des Essex Green et Gary Olson des Ladybug Transistor, Euros Childs enregistre aussi un single avec Norman Blake des Teenage Fanclub.
myspace.com/euroschilds

jeudi 13 novembre 2008

Duke Special

Duke Special alias Peter Wilson est un personnage de roman, doté d'un talent de musicien hors norme, il bouillonne d'idées et d'énergie. Charismatique, il nous emporte dès que ses doigts touchent les touches d'un piano, instrument enseigné dans son enfance par sa grand-mère. Irlandais, il grandit à Belfast au sein d'une famille d'artistes. Aujourd'hui marié et père de trois enfants, il concilie formidablement ses différentes casquettes, coiffé de ses dreadlocks et vêtu de son costume d'époque. L'artiste est coloré, excentrique, électrique. De plus il est adorable et toujours disponible pour les médias, en bonus. Depuis 2005, il se crée aussi une famille dans le monde de la musique. Les compères qui l'accompagnent sont tous des multi-instrumentistes, Rea Currant au piano, accordéon, trompette et chant, Ben Hales, guitariste, son ami Ben Castle à la clarinette, saxo et chant, et Chip Bailey aux percussions et batterie.

Duke Special aime la scène et transporte son audience. Timide et réservé, les planches sont son domaine. Il développe des dons de comédie, s'intéresse passionnément au théâtre, particulièrement au vaudeville et travaille sur une comédie musicale qui parle de Huckleberry Finn. Son style artiste de rue, un peu vagabond, cache en réalité un perfectionniste, un grand compositeur ayant un goût pointu pour la beauté et la grandeur dans la musique. Il dit lui-même avoir été bercé par la musique traditionnelle et folklorique irlandaise, ce qui lui donne le sens des mélodies. On retrouve complètement ses références dans son album de 2005, Adventures in Gramophone. La veine de ses compositions est pop-rock, avec des orchestrations guillerettes, des envolées d'instruments de fanfares et d'orchestres, dans une ambiance circus et cabaret. Chez lui le romantisme, le style rétro et old school sont viscéraux. Les titres de son album de 2006, Songs From The Deep Forest, sont féériques et nostalgiques. On devine l'auteur-compositeur passionné d'histoires, de légendes et on entend une noble voix qui honore la musique, sa voix.
"Save me from the movies and someone else's dreams, While angels make their music and give my spirit wings, I just concertina and wrap around the world, Staying out 'til 6 o'clock and singing like a fool, I've only got this morning to live, Look at all the colours at my fingertips"

Duke Special se produit en 2007 avec le Ulster Orchestra au Waterfront Hall de Belfast pour un concert unique enregistré par la BBC pour offrir cet événement sur l'album Orchestral Manouevres in Belfast. Après avoir partagé la scène lors de tournées avec Von Morrisson, Rufus Wainwright et Divine Comedy, il nait une collaboration musicale et amicale avec ce dernier, un single nommé Our Love Goes Deeper Than This, titre sur lequel figure Roméo des Magic Numbers (vidéo). C'est avec le RTE Orchestra et ses 60 musiciens, présent sur Songs from the deep Forest, que Duke enregistre son quatrième disque, I Never Thought This Day Would Come sorti le 17 octobre 2008. Là encore, le rideau s'ouvre sur des titres fabuleux ornés de clarinette, mandoline, banjo, flûte traversière, trompettes etc. Les critiques s'accordent à dire que c'est un chef d'oeuvres. Mockingbird Wish Me Luck au milieu de l'album est une piece maitresse, une mélodie poignante, piano, accordéon, basse, le genre de morceau qui retourne les tripes jusqu'au cerveau. Cette année, l'artiste était invité pour jouer sur la scène du festival de Cannes, Crowded House l'a invité à jouer avec eux pour leur ultime tournée en 2007, Ray Davis l'a convié à un concert à Londres. En ce moment, il travaille à l'épée en prenant des cours d'escrime avec Neil Hannon de Divine Comedy. Mon petit doigt me dit que ces deux-là nous préparent un coup. (vidéo: No Cover Up)
dukespecial.com
myspace.com/dukespecial

samedi 8 novembre 2008

YuLeS

La jolie surprise du jour est la découverte de ce duo français, frères dans la vie mais aussi dans leur art. Yules: Bertrand et Guillaume Charret qui composent à quatre mains, de manière bien belle et naturelle, étant entourés depuis leur plus tendre âge de musiciens. Leur page myspacienne nous livre que papa et maman Charret aimaient jouer et écouter de la musique. Leur deux fils ont grandi au milieu d'instruments, nourris de Leonard Cohen et Beatles. Outre l'environnement familial qui les initie très tôt aux partitions de musique, ils vivent désormais de cet art et le font vivre à leur façon, tels des maestros.
Quand j'écoute The Release, album sorti chez Pias le 15 septembre dernier, il semble évident que Yules a écouté beaucoup de disques; ils les ont compris, absorbé, habité. Quelques soient leurs influences, les deux frères écrivent et produisent une musique riche de références, de sonorités, de styles.

Release est une pépite pop-rock. J'y entends du Lennon, du Velvet, du Kinks, du Beach Boys, du Love avec l'orgue hammond (This is my xmas song), plus près de nous, du Syd Matters, du Ben & Jason (Sarah, Refugee). Les morceaux sont habillés des voix celestes des deux frères. La guitares et le piano priment, assurés par Guillaume et Bertrand, Julien est à la batterie et Sébastien à l'orgue et piano. The Release est riche d'instruments comme les flutes, tambourins, glockenspiel. L'album entier est une jolie surprise, entre balades entrainantes (The unconscious master, My 70's girl, Carry On, Desperation land), des beautés de cordes entremêlées aux deux voix qui se répondent (One sleepless night), la mélancolie ravissante des notes de piano, le son marqué du cuivre des cordes pincées (The previous time, The Release, Over in america), l'énergie et le boogie westernien des instruments à vent (Warning to the powerful orators).
Yules nous a concocté un album d'élégance et de grâce. La qualité des mélodies et des instrumentations accompagne les paroles chantées en anglais, poetiques, excellemment lyriques.
Le groupe était présent au festival des Eurockéennes cet été, a fait la première partie d'Arab Strap à Belfort, le Nouveau Casino au printemps à Paris, et offre une série de concerts en France à venir. (vidéos : Desperation land, The Release)
myspace.com/yulesband

jeudi 6 novembre 2008

Her Space Holiday


Il était une fois Her Space Holiday, je trouvais les mélodies accrocheuses, recherchées, mais subsistait un réel regret : le genre electronique, indietronic. On a parfois l'impression que les artistes pop suivent une vague electronique "analog machines", alors qu'ils n'en ont pas besoin. Pourquoi aller chercher un son en cliquant sur une souris? Effet de mode? Ce californien est la main du groupe, un compositeur prolifique qui a de l'or au bout des doigts. Apparu en 1996, son premier long album est composé de deux volumes, regroupant une ribambelle de ses créations entre 1996 et 1999, un bel objet nommé The Astronauts Are Sleeping.

Suit en 2000, l'album Home Is Where You Hang Yourself. Là encore on distingue le vrai musicien qui se cache et se gache derrière un clavier et un écran pour gaver ses compositions de sons virtuels. D'ailleurs le disque comporte 10 titres et 8 titres supplémentaires de remix, qui produisent un effet de "digestion saint-sylvestre". 2001, Manic Expressive arrive avec des airs superbes, chantés avec sa petite amie Keely. L'album est dans la veine electro-organique (appellation guère plus élégante que la première je vous le concède). Pas grave, je reste quand même scotchée en distinguant nettement le don, le talent de compositeur chez monsieur Bianchi qui remporte déjà un beau succès en partageant les tournées de Bright Eyes, Pinback, the Faint.
2003, l'artiste sort The Young Machines, puis en 2005 The Past Presents the Future. Là nous sommes clairement dans l'évocation des nouvelles technologies, dans les textes comme dans la construction harmonique. Ceux qui aiment l'electro ont pu se lécher les babines. C'est un créateur et un artiste complet, il brille d'idées et les met en oeuvres.


Enfin, la surprise. Un album qui parait en Novembre pour l'Europe, XOXO, Panda And The New Kid Revival, une beauté absolue de 14 titres, concoctés par les petites menottes de Bianchi. Musical, brut, vrai, écorché, l'artiste revient aux sources et travaille son disque en studio entouré d'instruments. Bon sang que ça fait du bien de ne plus avoir l'impression d'être agressée par un micro-ondes.
Les mélodies sont executées à la guitare acoustique, nourries de banjo, harmonica, batterie, glockenspiel, tambourins, avec la même originalité dans les constructions. On pense d'ailleurs que Her Space Holiday aurait pu jouer avec les Of Montreal, ou avec les Brian Jonestown Massacre. Tout le fruit de son inspiration se révèle enfin, s'immisce dans les oreilles et y prend une place légitime. Les histoires y sont touchantes, comme celle des deux adolescents qui se découvrent à un point presque dangereux dans The World Will Deem Us Dangerous. Quel délicieux plaisir de se laisser émouvoir par la voix de Marco, dans My Crooked Crown, par exemple. Jusqu'ici trafiquée electroniquement sur les autres albums, on distinguait la justesse de son chant mais sans en avoir la pureté comme dans Xoxo, Panda and the New Kid Revival. Allez, mettons l'electro au placard, rayons Berlin de la carte et revenons à nos moutons.
herspaceholiday.com

mercredi 5 novembre 2008

Hooded Fang

Hooded Fang est un jeune groupe de Toronto, des musiciens pop qui font des mélodies plutôt ultra-chaloupées, ultra "va-va-voom".
Ils sont six, chacun d'eux tient son rôle au sein du collectif et cela s'entend puisque chacun pousse la chansonnette sur les différents titres. Land of Giants est assuré au chant par Daniel et Lianne, un rythme endiablé pop rock où la voix de Daniel Lee a des airs de celle de Jarvis Cocker ou Neil Hannon. Ses intonations de crooner se mélangent à la voix aérienne de Lianne. Suit le magistral Pageant entonné par Daniel, puis l'original et surprenant Train Station chanté par Nick, twee-pop orchestrée avec des cuivres et de l'accordéon. Suit Circles and Blocks, sensationnel de sons enjoués, agrémenté de glockenspiel et de mélodica.
  Quant à Fall leaves, là aussi roucoulé par Daniel sur une basse chahutée et des trompettes titillées, dévoile la bande de drilles s'adonnant joyeusement au clap-hands. Daniel Lee est le producteur de ce groupe vecteur de punch et d'entrain dont le genre est marqué de jangle-pop et de rock à la Strokes.
Si vous aimez les harmonies gaillardes et les mélopées enjouées, tendez l'oreille vers les Hooded Fang!
hoodedfang

samedi 1 novembre 2008

Persephone's Bees

Persephone's Bees n'ont pas d'actualité mais il est bon de les ressortir de sa pile de disques quand il fait un temps de moscovite dehors. La chanteuse et clavier, Angelina Moysov, est une russe exilée à Oakland où elle croise Tom Ayres, guitariste, Paul Bertolino le batteur et Mike Farrell, bassiste et fonde le groupe en 1993. Angelina est une icône en Russie où elle passe son enfance à écouter les disques de folk russe de sa mère. Elle est souriante, pulpeuse, une vraie persephone, ce qui change des chanteuses anorexiques souffreteuses. Elle a de la classe et préfère s'occuper du travail d'écriture du groupe plutôt que de faire comme une certaine chanteuse d'un groupe parisien, interprète d'origine russe, qui beugle sur pattes faisant du topless sur scène pensant que cela l'aidera à sortir un son de la bouche.



Angelina, est chic et a la pêche. Le groupe entier inspire la sympathie et la bonne humeur. En 2001, ils sortent de l'ombre grâce à un tube pop, catchy et efficace, City of Love. Les Persephone's bees jouent un rock psychédélique influencé par la scène américaine des années 60, avec un souffle de groove et des lignes de basse à se taper le derriere sur la Place Rouge.
City of Love, réarrangée sur l'album Notes from the Underworld de 2006, connait un succès phénoménal auprès des publicitaires et tourne sur toutes les radios, télévisions, est nominée dans la catégorie meilleurs albums de l'année 2002 aux Music Awards, permet aux Persephone's de jouer avec des artistes comme Jonathan Richman et Cake.

Notes from the Underworld, signé chez Columbia Records, arrive avec des titres accrocheurs, encore des tubes comme Nice Day utilisé là encore à gogo par les publicitaires pour la télévision. Les Persephone's nous offrent des titres fabuleux comme le traditionnel Little Boxes, remixé en 2007 par Angelina et son frère Oleg, chanté en anglais et en russe. Le style a un petit quelque chose des B52's mais en moins cliché, moins folklorique, plus ancré dans le réel et le contemporain. Pour l'hiver, une dose de Persephone's Bees réchauffe diablement les esgourdes sous le bonnet. (vidéo : Climbing)
myspace.com/persephonesbees

vendredi 31 octobre 2008

Mark Kozelek


Mark Kozelek est un des meilleurs songwriters depuis 15 ans. De l'Ohio, sa renommée est internationale, le musicien est extremement respecté et vénéré par l'ensemble de la profession.
Il apparait en 1992 avec son premier groupe Red House Painters, accompagné de son ami, le batteur Anthony Koutsos, le bassiste Jerry Vessel et le guitariste Gorden Mack. Ces quatre musiciens depuis n'ont cessé de travailler ensemble, fait rarissime qui dénote une sincerité et intégrité, également présentes à l'écoute de leurs disques, Down Colorful Hill (1992), Red House Painters (1993), Ocean Beach (1995), Songs for a blue Guitar (1996), Old Ramon (2001).

En 2001, Mark Kozelek continue la seule chose qu'il aime et sait faire, comme il le reconnait lui-même, de la musique. Il sort en solo un EP de reprises de AC/DC Rock 'n' Roll Singer, réarrangeant complétement les riffs de guitares grinçantes en mélodies folk et ballades acoustiques. Se consacrant exclusivement aux concerts, il part en tournée au quatre coins de la planète. Plusieurs albums Live découleront de ce gigantesque tour : White Christmas Live (2001), Duk Koo Kim (2003), Little Drummer Boy Live (2006), un coffret de 4 LP en édition limitée (2007), 7 Songs Belfast (2008).
Kozelek a une âme. Sa création est touchante. Il écrit sur ses expériences personnelles avec poésie et tendresse. De Mickael, un de ses amis disparu à l'âge de 24 ans, à Up to my Neck in You, la brillante cover à la sauce autobiographique Carry me Ohio, au royal Ruth Marie où il fait parler une vieille femme qui quitte sa maison, sa vie, en parlant à sa fille. Kozelek a une voix, pénétrante, profonde, marquée au fer. D'une douceur infinie, elle est puissante de sonorités et de variations. Un chant gutural, qui semble venir des tréfonds de sa poitrine, un livre narré par un ventriloque qui fait écho et caisse de résonnance, offert et ouvert. Ses arpèges, sont aussi signés et reconnaissables parmi mille.

Depuis 2005, l'auteur-compositeur a produit deux magnifiques objets avec Anthony, Gordon et Jerry, sous le nom de Sun Kil Moon, l'album Tiny Cities, qui est entièrement fait de reprises du groupe Modest Mouse. Mark Kozelek aime reprendre Leonard Cohen, Bernstein et son magique Somewhere de West Side Story, et s'approprie joliment aussi des titres de son ami Will Oldham (Bonnie Prince Billy) qui chante et joue sur le dernier disque de Sun Kil Moon, April, sorti il y a 7 mois. Ce bijou ultra-mélodieux, toute en folk délicate, est l'album de l'amitié. Mark y a invité Will Oldham mais aussi Eric Pollard et Ben Gibbard de Death Cab for Cutie et Postal Service, Geoff Stanfield de Black Lab et d'autres encore comme Low. Monsieur Kozelek démontre toute l'étendue de son don et se place au sommet de la pyramide des songwriters à côté de Nick Drake et de Cat Stevens.
myspace.com/markkozelek